09 avril 2016

Regarder en arrière, prendre le temps et puis avancer...

s'écouter, méditation pleine conscience, exister

"Listen" - Photo de Simon Zalto, trouvé sur Flickr.

 

Après quatre mois et demi de convalescence, je retrouve enfin une vie « normale » ! Je n’imaginais pas que cela me manquerait autant ! L’on pense toujours que le fait de rester chez soi est une aubaine face à notre monde stressé par les objectifs et le rendement. Si c’est vrai pour les vacances, ce n’est pas la même perception quand notre santé nous demande ardemment de stopper net toutes nos activités. Un moment donné, alors que le processus de guérison est largement entamé, l’envie de sortir du cocon se ressent viscéralement.

 

Même si je m’autorise comme tout être humain à m’apitoyer un court instant sur mon sort, je remonte vite la pente : je découvre rapidement (ou je m’efforce à dépister) le côté positif de l’évènement qui a priori « perturbe » le quotidien. Comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, je ne risque pas de m’ennuyer ! Je pense aussi que goûter l’obscurité permet de mieux déguster la lumière… si l’on est prêt à la savourer !

 

J’imaginais, en toute sincérité, exploiter mes quatre mois et demi de congé forcé pour terminer mon roman en cours d’écriture et mettre le temps « libre » à « profit ». Cette notion de profit nous colle à la peau ! À croire que nous nous conditionnons, malgré nous, en filigrane de cette société mercantile qu’est devenue la nôtre ! Malheureusement, c’est souvent aux dépens de nos valeurs essentielles ! Et si pourtant c’était ce qui nous fait avancer ? Est-ce la bonne manière pour vivre épanoui ? À vrai dire, je ne le pense pas…

 

Je suis restée sereine et extraordinairement optimiste pour la première opération maxillo-faciale, et si j’en avais intégré de toutes les fibres de mon corps, la nécessité et les bienfaits que cela m’apporterait, je n’en avais portant pas mesuré l’impact physique et émotionnel... Quand le corps souffre ou se répare, il doit être au calme et dans le lâcher-prise. Fidèle à moi-même, je me suis donc fixée des échéances du style « dans deux semaines, je pourrai écrire » sans me rendre compte que je marchandais avec moi-même alors que physiquement j’en étais bien incapable en raison des suites évidentes de l’opération et d’une tension bien trop basse.

 

Jusqu’au jour où j’ai compris : je devais accepter que ce roman reste en plan, et surtout de m’accorder le droit de laisser mon corps se reposer à son rythme, sans aucune obligation : ni d’un délai ni d’une quelconque performance ! Lorsque j’ai intégré la nécessité d’accueillir cette faiblesse, ce besoin somme toute primaire, je n’ai plus ressenti cette « injonction » que je cultivais malgré moi, ce « devoir », cet ordre que je m’infligeais en dépit du bon sens. Quelle délivrance ! Et… comme nous sommes (parfois) durs envers nous-mêmes !

 

J’ai donc appris en tâtonnant, à trouver mon rythme, à m’accorder du temps, à prendre conscience de mes limites physiques, mais aussi intellectuelles. Le repos complet : impossible de lire ou de focaliser mon attention à longue durée sur quelque chose d’intéressant ou de nourrissant. À peine un film « à l’eau de rose » l’après-midi, du genre que si vous vous endormez une demi-heure, vous comprenez sans peine la suite de l’histoire et je pense avoir vu tous les contes de Noël ! Vous savez de ceux que l’on connaît dès les premières minutes, « qui épousera qui » avec une fin obligatoirement idyllique ! Même mon imagination était condamnée au repos forcé ! Une période où les images ont défilé comme la brise effleure la surface d’un lac. Fausse impression du temps perdu…

 

Au fil des semaines de cette pause inévitable se profilait la seconde opération, l’hystérectomie, qui risquait de bouleverser ma vie avec le changement obligé causé par les hormones. L’inconnu effraie, et en réalité, je suis persuadée que la peur en elle-même est pire que les moments tant redoutés. Le jour de l’intervention, je suis restée calme, mais certainement pas aussi sereine que pour la première alors que j’en avais également assimilé la nécessité. J’ai eu la bonne surprise de ne pas souffrir exagérément, quasiment rien comparé avec la première ! Cependant, je devais vivre au ralenti six semaines obligatoirement avec la recommandation du spécialiste : « écoutez votre corps ». Bizarrement, le même message revenait. Je ne crois pas au hasard, si bien que cette recommandation a raisonné étrangement en moi, reprenant en cœur l’écho de ma petite voix…

 

Du haut de mes quarante-huit ans, c’est bien la première fois que je dois réellement être à l’écoute de ce corps qui m’abrite. D’habitude, c’est mon intellect qui carbure au point de me donner le tournis, toujours dans l’imaginaire, le besoin de créer, d’inventer, de me poser des questions sur le monde, la vie, etc. Écouter son corps paraît facile, et pourtant cela ne l’est pas. Du tout. Mon corps se remettait de la première opération, la seconde m’apportait une fatigue supplémentaire et une mise en garde sévère de ma gynécologue : le piège de l’hystérectomie réside dans le fait que les femmes se sentent vite, trop vite « bien » et qu’elles reprennent exagérément une vie « normale ». Je m’étais promis de veiller sur moi, sur ce corps qui m’hébergeait et qui avait besoin d’être cajolé. J’ai la chance d’être très bien entourée par mes proches, en particulier de mon mari, ce qui m’a facilité grandement la tâche.

 

C’est à ce moment-là, ce moment où l’esprit rend les armes, où la quiétude accepte d’écouter ce que le corps réclame à grands cris, qu’arrive l’inattendu sous forme de différentes réponses, ou plutôt des pistes de réflexion. Le corps savait, l’esprit ignorait ! J’ai éprouvé viscéralement la nécessité de vivre l’instant présent pleinement. Il n’est pas facile d’accueillir sans jugement ses pensées, en comprendre le cheminement et revenir sans cesse à l’instant présent : l’ici et maintenant. Un concept qui semble simple et qui, pourtant, ne l’est pas. J’ai découvert ce « pouvoir ». Aujourd’hui, je décide de cultiver ces instants et ce n’est pas facile du tout. Cela demande une rigueur qu’à l’heure actuelle, je n’ai pas encore acquise. J’y travaille et je m’accorde le temps nécessaire. Hors question de « bien faire » ni de « réussir ». Juste le vivre. Le monde ne s’est pas construit en un jour… D’autres choses ont modelé de manière imperceptible mon quotidien. Des changements d’habitude qui façonnent la vie subtilement : elle se décline dans des teintes que je trouve plus authentiques.

 

À m’écouter plus, j’ai entendu plus. Nous recevons tous que j’appelle des « signes » qui nous confortent dans la bonne voie ou qui au contraire nous mettent en garde. C’est la « petite voix », l’intuition, le ressenti ou même la synchronicité. Étrangement, de nouvelles occasions se sont présentées comme par magie. L’esprit s’éveille et s’ouvre à l’éclairement. Il demeure aux aguets, docile, sans précipitation, et se laisse conduire par l’intuition en toute confiance. Tout doucement, cette envie d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter est revenue en force dans des domaines qui ne m’intéressaient pas ou peu, ou que tout bonnement j’ignorais, une sorte de prise de conscience qui me fait dire aujourd’hui « comme ai-je pu demeurer si aveugle ? ». Probablement, parce que je n’étais pas prête. Le changement arrive parfois par des détours singuliers…  

 

À l’heure qu’il est, mon roman n’est toujours pas terminé : seule, la deuxième partie est ébauchée et le dernier mot date de novembre. J’ignore quand je reprendrai la plume pour rejoindre mon héros et cela n’a pas d’importance. Je sais juste qu’il profitera de ma nouvelle conscience. En réalité, lui, je le soupçonne de l’avoir perçu avant moi. Est-ce pour cela que j’ai effacé un chapitre entier avant mon opération, en me disant que j’y reviendrai, et en sentant intuitivement que mon personnage méritait mieux ou qu’il avait besoin de quelque chose dont j’ignorais encore l’existence ? Et si c’était tout simplement moi qui éprouvais la nécessité de vivre d’une autre manière et non ce personnage ? Rien n’arrive par hasard…

 

L’on devient ce que l’on pense, dit-on. Ainsi pour changer notre vie, si tel est notre besoin ou notre désir profond, je suis persuadée de l’importance de s’écouter et de trier nos pensées, nos ruminations, nos inquiétudes... Lorsqu’on parvient à les mettre en sourdine, ou les accueillir sans y plonger tête baissée, explosent dans le silence de soi des réponses inattendues. C’est extrêmement impressionnant et… réconfortant !

 

Je retiens que ces quatre longs mois m’ont fait grandir, et me conforte dans l’idée qu’il y toujours quelque chose de positif dans des évènements que nous pensons douloureux, difficiles ou même injustes. Quel cadeau de faire confiance à la vie, de croire en nos capacités d’adaptation, de créativité ! Chacun d’entre nous porte en lui d’immensurables ressources. S’écouter permet en quelque sorte d’appréhender plus objectivement la réalité et de s’y aligner. Malgré tout, je ne détiens pas toutes les réponses, loin de là, et c’est tant mieux ! Je reste ainsi libre d’utiliser ma curiosité à l’envi et de découvrir encore et encore. Me voici prête pour de nouvelles aventures, avec l’objectif de déguster l’Aujourd’hui pour me préparer à Demain avec ce que j’ai appris d’Hier.

 

Portez-vous bien et profitez !

 

 

 

09:39 Écrit par Rachel Colas dans Citations, Pensées, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

22 novembre 2015

Pour un beau sourire

 

 

 

 

Demain, c’est mon anniversaire.

Demain, je me fais opérer.

Je suis confiante.

Je suis sereine.

Je n’ai pas peur.

Je n’aurai pas peur.

Non, je n’aurai pas peur, car j’ai déjà vécu cette journée.

J’ai écrit ce qu’il se passerait demain, il y a six mois environ.

Et puis, je sais aussi que je penserai à mes paroles et à cette jeune fille.

Où qu’elle soit, je lui dédie ce texte.

Ceci est une histoire vraie et c’est la mienne.

 

 

Cela va être mon tour d’entrer dans le bloc opératoire. Je n’ai pas peur. Il faut dire que je n’en ai pas le droit. Tout ira bien. Tout mon parcours est semé de petits clins d’œil parfois assez époustouflants tant ils sont évidents. Malgré tout, je prends le temps d’assimiler. De réfléchir. De prendre position.

 

N’empêche, prendre conscience des signes qui nous sont adressés, renforce le sentiment d’être dans le bon chemin, que les décisions prises sont assurément les bonnes. Faut juste s’écouter, et regarder autour de soi. Et surtout, déchiffrer, comprendre, ces fameux signes. Car ils sont partout. Partout !

 

Souvent, je les déniche dans les désistements : cela m’arrive tout le temps. L’autre fois, il y a peu, lors d’un coup de fil à un spécialiste dont l’agenda est bouclé sur des mois : une place de libre peut-être ? Eh bien oui ! Cela marche dans la majorité des cas. Et si cela ne se réalise pas, c’est qu’il y a une bonne raison ! Simpliste ? Oui. Et alors ?

 

J’attends sagement. J’ai un peu froid sous le trop fin drap. Bientôt, on m’endormira, je voyagerai dans un sommeil artificiel et je me réveillerai quelque peu différente. Je transis et en même temps, je suis impatiente. Ne serais-je pas en meilleure santé ? Et puis, j’ai une autre raison de me réjouir : aujourd’hui, c’est mon anniversaire !

 

Je n’ai pas choisi la date d’opération. Elle m’a été donnée par le secrétariat. Encore une fois, il me semble que cette opération nécessaire m’est offerte comme si c’était un cadeau d’anniversaire ! Superstitieuse, je n’ai pas voulu la changer. Je me suis même amusée à l’humour noir : si je « restais » dans l’opération, cela me ferait une jolie date pour un écrivain… J’ai toujours aimé l’originalité, mais à ce point… Ce n’est pas au goût de mon cher mari qui me tance gentiment. Il a plus peur que moi !

 

Pour mon avenir, je ne peux pas me passer de cette intervention médicale. Il en va de ma santé. J’ai de la chance, oui de la chance de pouvoir en bénéficier. J’ai banni de mon vocabulaire le mot « subir ». Désormais, je bénéficie de cette opération. L’impact positif est décuplé et cela m’aide à balayer l’inquiétude insidieuse, à accepter et à regarder les choses différemment.  

 

Oui, je n’ai pas peur. Je me souviens de mes propres paroles de réconfort. Bientôt, je rentrerai dans la salle, je sais que je tremblerai un peu de froid et malgré tout légèrement, beaucoup peut-être d’appréhension, nerveusement parce que je ne suis pas une « wonder woman », et puis je sais que l’anesthésiste ou l’infirmière bavardera avec moi de mes enfants, de ce que j’aime avant le décompte qui m’enverra dans un sommeil sans rêves. Un patient doit toujours être endormi avec en tête un agréable moment, paraît-il.

 

Il y a quelques années, j’étais au même endroit. Pour une opération tout à fait bénigne. Je me souviens de la requête de l’infirmière :

- « Il y a une jeune fille qui attend comme vous. Seriez-vous d’accord que je la mette à côté de vous. Elle est anxieuse. Être avec quelqu’un la rassurerait avant de rentrer au bloc… »

 

C’est incroyable comme donner du courage nous fait oublier notre propre peur ! Cela fut fait, rapidement. Je me souviens avoir pris sa main. Elle m’a demandé la raison de ma présence. Ce n’était pas important. Elle n’avait que quinze ans. Elle allait être opérée de la mâchoire. Une grosse opération. Très lourde. Je me souviens de mes paroles :

- Mais tu vas avoir un sourire magnifique alors !  Tu vas voir, cela va bien se passer ! J’en suis certaine ! Tu seras encore plus jolie !

 

Nous sommes conduites chacune de notre côté par les blouses vertes vers notre salle d’opération. Demander de ses nouvelles a été ma première question lorsque j’ai repris connaissance en salle de réveil. Tout s’était bien déroulé…

 

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Aujourd’hui, je n’ai pas le droit d’avoir peur parce que demain, je vais avoir un - encore plus - beau sourire !


 

 

20:04 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

25 août 2015

Un jour...

Hermite, solitude, la paix

Temps de lecture : moins d'une minute

 

 

 

Un jour, je serai Ermite

Et faudra pas venir me chercher

Faudra pas me dire de rentrer

Je ne veux pas de visites

 

Oui, un jour je serai Ermite

Parce qu’une chose m’importera : encore et encore penser

Et que j’aurai assez d’aimer. Au monde du silence, je veux me consacrer

Je sais que c’est une vie inédite, presque insolite

 

Un jour, je te dis, je serai Ermite

Car je veux garder en moi mes pensées inédites, même pas interdites

Y réfléchir, encore et encore, sans abandonner, dépasser les limites

Ce n’est pas prendre la fuite du réel, simplement, je médite

 

Oui, un jour je serai Ermite,

Même que j’aurai plein de polyarthrite, mais je m’en fiche

Ce sera un rite, une réussite, une tactique de vie à peine retranscrite

Je veux pas d’une vie écrite, je n’ai pas de mérite, je veux juste, un jour être Ermite…

 

 

PS : Ne le dites à personne car c'est un secret : à  défaut, je veux bien être Hermite*...

 

 

* Hermite : Chazara briseis, papillon

20:27 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

24 août 2015

Plagier par procuration (La sangsue)

Plagier, procuration

 

Temps de lecture : moins d'une minute

 

 

Il est clown, elle s’évertue à faire rire grassement

Et c’est un désastre, pire une pitié

Il est musicien, elle tapote en vain de touches aléatoirement

Et c’est un désastre, pire une pitié

Elle est écrivain, il lance des mots à tout va absurdement

Et c’est un désastre, pire une pitié

       

C’est un copier/collé, le clown, le musicien, l'écrivain n’aiment pas ça !

Faut pas confondre, chacun notre monde, ici-bas

Faut pas copier. Vis ta vie, toi. Et puis, basta !

 

Elle est poète, il inverse les lettres, et le sens même ment

Et c’est un désastre, pire une pitié

Il est humoriste, elle lance des vannes désespérément

Et c’est un désastre, pire une pitié

 

Chacun son truc, un copier/collé, le poète, l'humoriste n’aiment pas ça !

Ça ne les flatte pas, ils trouvent cela indélicat

Tellement indélicat ! Ne les copie pas : vis ta vie, toi ! Et puis, basta !

Qu’est-ce que tu crois ? Tu n’es pas moi. Jamais comme moi. Jamais.

 

Elle est chanteuse, il prend le micro et il s’égosille vainement

Et c’est un désastre, pire une pitié

Il et elle sont passionnés et brillants. Tu ne seras jamais eux. Trouve ton talent, c’est bien mieux comme ça !

 

Bien mieux comme ça ! Vis ta vie, pas comme moi. Surtout, pas comme moi.Qu’est-ce que tu crois ? Tu n’es pas moi. Jamais comme moi. Jamais !

 

 

22:02 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

01 août 2015

Récognition

mémoire, essai clinique, vaccin

 

 

 

 

Je m’appelle Aurore. Aurore Dubois. Je le sais très bien ! Je n’ai aucun doute à ce propos ! Pourtant, ce n’est pas la première chose dont je me suis souvenue. Non. Ma première pensée a été : « mais qu’est-ce que je fous, ici ? ». Moment d’effarement mélangé avec une certaine inquiétude. Je ne savais pas encore qu’elle se changerait en épouvante !

 

Il faut dire que je viens de m’éveiller, seule, couchée sur ce banc vert en métal dur et froid : je suis assurément au jardin des Hortensias bleus. Facile à découvrir et ce n’est pas mon intuition qui y est pour quelque chose ! Tout est bleu ici…

 

Comment suis-je arrivée dans cet endroit ? Je n’ai aucun souvenir précis en ce qui concerne mon arrivée ici ni ce qu’il s’y est passé les heures auparavant…

 

Étrangement, je suis seule. Pas même un sans-abri à l’horizon. Où sont-ils passés ? Faut dire que les lieux, s’ils sont agréables ne sont pas confortables ! Mon dos me le confirme ! Combien de temps ai-je dormi sur ce banc ?

 

À la clarté, il me semble que la matinée est déjà bien entamée. À vue de nez, il doit être aux alentours des onze heures, du moins si je me fie à mon instinct…

 

Pour le confirmer, je cherche mon Smartphone : j’ai dû le perdre car mes poches sont vides… Vide de « chez vide » ! Je n’ai rien ! Rien ! Pas même de portefeuille, de documents d’identité : rien. Que s’est-il donc passé ?

 

Pour certitude et par angoisse naissante, je fouille à nouveau mes poches en m’exhortant au calme. Ce qui en soit n’est pas facile et pour cause, j’ai la tremblote ! Finalement, je retrouve un billet de cent euros chiffonné dans la poche interne de ma veste en jeans. Bien trop grande, cette veste ! Je ne m’en souviens pas… Je sens qu’il y a quelque chose qui ne « colle pas ». Je n’ai jamais possédé un billet de cette valeur : j’en suis certaine… D’où vient-il ? Et surtout, QUI me l’a donné ? Une nouvelle crainte surgit : et si je l’avais volé ? Et si oui, à qui ? Et surtout pourquoi ?

 

Il fait étrangement calme dans ce jardin public. Une petite voix commence à se faire entendre : « fiche le camp TOUT DE SUITE ! »… Elle hurle dans ma tête : « IMMÉDIATEMENT ! ». Toujours écouter sa petite voix ! Je bondis sur mes pieds, je ne dois pas rester ici…

 

L’allée centrale du parc me paraît trop dangereuse : je pourrais être repérée ! Par qui, par quoi ? Je n’en sais rien. Me reste une certitude : je suis en danger !

 

La première urgence est de contacter mes proches et pour ça, je sais parfaitement comment m’y prendre en toute impunité !

 

En quittant à pas feutrés le parc public, je ne prête pas attention à la plaque qui figure sur la grille. J’aurais dû, cela m’aurait évité beaucoup de stress et d’angoisse pour rien… Mais voilà, c’est tout moi, pas patiente pour un sou !

 

Je connais le quartier comme ma poche, du moins, il me semble… En tout cas, je sais où aller et mes pas me conduisent sans réfléchir vers le premier Smart Café du coin !

 

Avec mon billet tout chiffonné, j’achète une heure de connexion, cela doit être suffisant. Le type lève un sourcil. Il vérifie l’authenticité du billet. Faut dire qu’un billet de cent euros ne court pas les rues. C’est un vrai ! Je pousse un soupir de soulagement intérieur. J’ai eu chaud ! Je prends place, me connecte et fouille de fond en comble la toile, mais je ne m’y retrouve pas ! Malgré mes tremblements, j’encode mon login et mot de passe sur Facebook mais sans raison, il me refoule ! Twitter me nie purement et simplement. Linkedln est plus poli : il m’invite à me connecter… Peine perdue ! Pourtant, je suis certaine de mon mot de passe et de mon login ! Le login est mon nom et prénom quant à mon mot de passe, c’est tout simplement « monmotdepasse » en minuscule ! Simple, efficace et complètement stupide ! Mais au moins, n’ai-je aucun doute quant à sa mémorisation !

 

Si je n’existe plus pour les réseaux sociaux, au moins, ai-je en toute logique toujours mes amis ! Je tape le prénom et nom de ma meilleure amie dans la barre de Google. Bingo : son visage souriant éclate sur l’écran 7’ ! Je sais qu’il se trouve une quantité de photos de nous deux sur Google, nos profils Facebook étant publics - encore une stupidité – il est si facile d’usurper une identité !

 

Sur cette réflexion inhabituelle de ma part, je clique sur son nom via la recherche « image » ! Oui, rien de plus simple ! Sauf … que je ne suis pas préparée à …ça ! Oui, je reconnais les photos, oui, c’est bien mon amie, et oui, je reconnais les lieux et les moments où elles ont été prises ! Sauf… oui sauf qu’à côté d’elle… ce n’est pas moi ! Mais alors pas du tout ! Qui est cette fille qui sourit à côté de MON amie ? Qui ?

 

Et puis, le doute…

Et si c’était moi ?

 

Une sueur froide glisse poisseusement sur mon corps. Je décide de couper la connexion, et de me rendre aux toilettes : juste un peu d’eau pour me rafraîchir mais surtout, oui, surtout, prier pour recevoir une réponse : pourvu qu’il s’y trouve un miroir !

 

Il y en a un. Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle ou non. Et puis, je m’approche. Je dois savoir !

 

Oui, je me reconnais ! Non, je ne suis pas la fille à côté de mon amie…

 

C’est à ce moment-là que j’entends un bruit de pas derrière moi. Je n’ai pas le temps de me retourner que je sens une piqure dans le cou. Je sombre.

 

***

 

Article de presse, le monde des scientifiques, 3 septembre 2015

« La clinique du Docteur Camermans vient de mettre au point un vaccin contre l’oubli. Il s’agit d’une avancée scientifique considérable. Des patients dont le cerveau avait des concentrations élevées de dépôts de bêta-amyloïde ont accepté de participer à cette expérience unique et de tester le vaccin. Des images subliminales leur étaient soumises pour créer un univers qu’ils ne pouvaient en aucun cas oublier. Une nouvelle personnalité créée de toutes pièces voyait le jour avec des souvenirs ancrés profondément dans leur subconscient. Ce vaccin pourrait aider les patients souffrant d’Alzheimer. Une commercialisation serait prévue dès 2017.

 

Pour renseignement : Jardin de la Clinique des Oubliés, rue des Hortensias Bleus, Probaria.»

 

Article de presse, Le Journal du peuple, 6 septembre 2015

« Alerte disparition : le vendredi 5 septembre 2015 vers 22h00, Sophia Meulens, une dame âgée de 31 ans, s’est échappée de la Clinique des Oubliés situé à Probaria. Sa disparition  n’a été remarquée que le lendemain pour une raison inconnue ce jour. Depuis, elle n'a plus donné signe de vie. Mme Meulens est originaire de Belgique. Elle mesure 1m65 et a les cheveux bruns et mi-longs. Au moment de sa disparition, elle portait un pantalon gris et un T-shirt blanc. Elle porte vraisemblablement une veste en jeans volée à un infirmier.

 

Madame Meulens nécessite un traitement médical important. Si vous la reconnaissez, veuillez contacter le service de police le plus proche ou contacter le numéro vert. Ne cherchez en aucun cas à prendre contact avec elle : ses réactions sont imprévisibles et peuvent être dangereuses ».

 

 

Clinique des oubliés, 6 septembre 2015, dans l’aile fermée, non accessible au public.

Je m’appelle Aurore. Aurore Dubois. Je le sais très bien ! Je n’ai aucun doute à ce propos ! Pourtant, ce n’est pas la première chose dont je me suis souvenue. Non. Ma première pensée a été : « mais qu’est-ce que je fous, ici ? ». Moment d’effarement mélangé avec une certaine inquiétude.

 

 

***

 

 

Les infirmières sont venues. Elles me disent que tout est normal, que je dois être patiente, je ne dois pas avoir peur. Un médecin est venu près de moi, il dit que bientôt, je m’appellerai Sophia et même que certaines personnes seront heureuses de me retrouver. Moi, je ne sais pas qui c’est cette Sophia. Tout ce que je sais c’est que j’ai peur. Très peur… Aidez-moi !

 

15:00 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

24 juillet 2015

La robe rouge

robe rouge, amour, deuil,

 

 

 

Croquis de Katie Rodger

 

 

 

 

 

 

Je ne sais pas par quoi commencer. Je ne suis pas habituée. À écrire. À dire. À exprimer…

Dois-je débuter par l’essentiel ou le futile ?

Est-ce important ?

Et si je n’étais qu’une étoile filante dans cette vie ? Ce serait déjà bien... Et puis, je me souviens : je suis ton étoile.

 

Je me trouve devant cette page gribouillée de quelques mots jetés en vrac. Pour tromper l’effarement. L’avenir, peut-être. À moins que le présent ? C’est compliqué. J’ai peur.

Par lâcheté, je me perds dans les fils de mon existence. Par amour pour toi, je les dénoue. Je dois tricoter le reste de ma vie et surtout, y ajouter le dernier point.

 

Je découvre que j’ai beaucoup à dire et peu en même temps. C’est l’ambivalence des êtres humains… C’est comique. C’est triste. Je ne peux rien y faire.

 

J’ai une certitude qui me grignote le ventre et une ritournelle qui me hante depuis ton départ :

 

« Je ne mettrai plus jamais ma robe rouge.

Celle que tu aimais. »

 

Et puis les trois mots qui suivent inexorablement : « Tu es parti » et le constat, terrible : je suis seule. Les pensées sont jetées brutalement sur le papier et la douleur me pénètre dans chaque pore de ma peau. J’ai mal.

C’est effrayant aussi : je vis encore !

Et toi, tu n’es pas là !

C’est pénible cette vie qui coule dans mes veines, tranquillement, par habitude. Ce sang qui circule allégrement dans mon corps… Ce sang, couleur robe. Ma préférée, celle que tu m’as offerte…

 

« Je ne mettrai plus jamais ma robe rouge.

Celle que tu aimais. Celle que nous aimions »

 

Cette lettre, je l’écris en un adieu à cette existence. Glisser les mots sur papier, c’est leur donner vie. J’offre la mienne, car désormais, sans toi, elle m’indiffère. Tu n’es plus là, tu m’as laissé ton dernier souffle, cadeau ultime…

 

Il me reste une mission suprême : brûler cette page noircie de ton absence, les mots partiront en cendres.

Comme moi.

Un jour.

Bientôt.

J’espère.

Il me tarde de te rejoindre.

 

« Je ne mettrai plus jamais ma robe rouge.

Je t’en fais la promesse ».

 

 

 

 

 

 

 

16:11 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

19 juillet 2015

J’étais là et tu ne le savais pas

chaise, océan, amour,

 

Écriture à partir d'une carte postale (illustration)

 

 

 

J’étais là et tu ne le savais pas.

Personne ne le savait d’ailleurs.

C’était un jour à rester.

Un jour, peut-être à s’envoler.

Je ne sais.

 

De loin, je t’observais.

Dans le crépuscule naissant, tu jouais avec la spirale du temps.

De loin, je ne savais que penser. Devais-je en être heureux ou m’inquiéter ?

Et cette manie que tu as : ranger les chaises l’une à côté de l’autre !

Des chaises à l’éclat métallique sous la bienveillance de l’astre nocturne.

De loin, cette symétrie m’attirait. À moins que ce ne soit toi ?

De loin, cette symétrie m’épouvantait. À moins que ce ne soit toi ?

 

Pour qui dressais-tu cette rangée parfaite de chaises ?

Pour un tribunal ? Pour un spectacle ?

Qui allait être condamné ? Qui allait être le héros du jour ?

Pour qui ? Pour quoi ?

 

J’étais là et tu ne le savais pas.

Personne ne le savait d’ailleurs.

C’était un jour à rester.

Un jour, peut-être à s’envoler.

Je ne sais.

 

Je t’ai vu t’asseoir sur la quatrième chaise en partant de la gauche.

Ce n’était pas celle du milieu, non.

Tu n’occupais pas une position symétrique.

À croire que tu voulais être différente.

Tu ES différente !

 

Je t’ai regardé longtemps, toi, perdue dans la contemplation de ce vaste océan.

Perdue et retrouvée.

Présente et absente.

 

J’ai attendu. Longtemps.

Tu es restée. Longtemps.

 

Des étoiles sont venues : elles nous regardaient, toi et moi.

Il me semblait même qu’elles souriaient...

 

Et puis, j’ai compris.

Je me suis levé et me suis assis à la cinquième chaise en partant de la gauche.

Sans rien dire, ma main a cherché la tienne.

Elle l’a trouvée.

Elle l’a gardée.

 

J’étais près de toi et jamais tu ne sauras ce moment béni où j’étais avec toi alors que tu ne le savais pas.

 

 

 

 

19:04 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

10 juillet 2015

La mémoire du coeur

coeur, mémoire,

 

 

 

Je me suis éveillée dans le bruit de mon corps : la vie battait à mes oreilles. La chanson était douce. J’hésitais à rompre le charme : je savais que je devais ouvrir les yeux, prendre pied dans la réalité… Cependant, il me semblait que les laisser fermer me protégeait de quelque chose. De moi, peut-être ?

 

Quelques secondes se sont enfuies, peureuses, le temps de m’habituer à la vie. J’ai ouvert les yeux. Je me suis assise dans le lit, le cœur battant à la recherche d'un indice qui le remettrait à sa place et le dompte. Et puis, j’ai vu : ce petit carnet rouge sur la table de nuit et posé dessus, un feuillet de bloc-notes : des mots m’attendaient sagement. Si étrange que ce soit, je savais qu’ils m’étaient destinés :

« Bonjour ma chérie. Prends ton temps. Relis ton carnet si tu en éprouves le besoin. Je t’attends pour le petit déjeuner sur la terrasse. Je t’aime. ».

 

Mon cœur s’est remis en place tout doucement. Je me suis levée et mes pieds ont rencontré de jolies pantoufles. Mon corps savait ce que mon esprit découvrait. J’ai pris par automatisme mon carnet rouge. Je savais qu’il était le mien, d’ailleurs, celui qui avait tracé les mots d’amour me le confirmait…

 

En me levant, je l’ai rencontrée, elle. Cela m’a fait un choc ! Je l’ai vue et je me suis rencontrée, moi. J’avais le teint pâle, les cheveux en bataille et les lèvres trop pâles. Idiotement, je me suis plu. Je dirais même que cela m’a réconforté de me rencontrer : j’étais ce que je voyais ! J’ai poussé un long soupir de soulagement. Il me semblait que je m’aimais. C’était bon signe…

 

Je suis arrivée doucement dans la cuisine. Celle-ci donnait sur la terrasse. Il était là. Il m’attendait. Il me semblait reconnaître cette silhouette. De loin, j’ai vu une rose rouge posée sur une assiette. Elle désignait ma place. J’ai ressenti une bouffée d’amour : elle venait du plus profond de mon être. Une partie de moi se rappelait : j’aimais et j’étais aimée en retour ! C’était une certitude !

 

Avant de le rejoindre, j’ai ouvert le carnet à la première page. Une habitude salutaire devenue inéluctable : « Je dois avoir confiance. J’oublie chaque jour depuis l’accident. Je dois être patiente, la mémoire reviendra. Reste le plus important : je suis aimée. Il m’aime. Je l’aime. Me faire confiance. Profiter de ce jour.».

 

Et dans ce petit matin doux, j’ai su que c’était vrai.

 

Plus tard, en fin d’après-midi, dans le petit carnet, à la dernière page, je lirai : « j’ai de la chance d’oublier car chaque jour, je découvre que j’aime et que cet amour est partagé. Chaque jour, il m’apprivoise. Chaque jour, tout mon être se donne à lui : la mémoire du corps revient et mon esprit s’envole pour être en harmonie avec lui. Nous ne sommes plus qu’un. Chaque jour, je m’endors le cœur gonflé de reconnaissance pour ce cadeau ultime. Chaque jour. Je ne dois pas l’oublier ».

 

17:30 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

07 juillet 2015

Des bulles de bonheur

bonheur, idiot du village

 

 

 

 

De la fenêtre entrouverte de la classe, l’idiot du village a entendu la maîtresse d’école donner un devoir pour le lendemain : « qu’est-ce le bonheur ? ».

 

Il attend que la classe se termine : il aime voir les enfants s’égailler.

Lui, Il est trop grand : on ne veut plus de lui. Cela le rend triste.

Il a beaucoup à dire et peu l’écoute…

 

Nathan sort de l’école avec les pieds qui traînent : il n’aime pas les devoirs. Il préfère jouer.

L’idiot du village est là. Comme tous les jours.

Il a un peu peur de lui : il n’est pas comme les autres.

 

Pourtant, dans son esprit, germe une idée un peu folle :

L’idiot connaît-il le bonheur ?

De ses journées, il ne fait rien pourtant, il a toujours un sourire plaqué sur ses lèvres : est-ce ça le bonheur ?

 

Il s’approche de lui, la peur au ventre,

Et l’envie féroce de trouver réponse à son devoir

Brusquement, un peu gêné, il apostrophe l’autre, tout heureux, lui, d’être l’objet d’attention sans une once de méchanceté :

 

« C’est quoi le bonheur pour toi ? »

L’autre réfléchit quelques instants. Il faut dire qu’il y a déjà pensé…

Il aime bien, lui, faire les devoirs dans sa tête.

 

Il regarde l’écolier rougissant,

Puis les yeux sur un invisible,

Il raconte :

 

« Le bonheur ? Ce sont de petites bulles qui chatouillent le cœur,

l’âme qui vadrouille en toute candeur

Et le rire qui papillonne en couleur. »

 

 

Nathan écoute. Nathan réfléchit. Il trouve que c’est beau : les phrases chantent.

Et puis, lui aussi ressent des chatouillis lorsqu’il voit son amie Lisa…

Alors, cela doit être vrai…

 

Il ouvre le livre qu’il doit lire pour la semaine suivante.

Il jette à la va-vite, les mots sur la première page : il ne doit pas oublier.

Sûr que la maîtresse lui donnera de bons points…

 

 

Un jour, lorsqu'il sera adulte, il retrouvera ce roman et ses mots tracés d’une main enfantine

Il les relira. Il se souviendra de l’idiot du village.

Celui qui jouait avec des bulles de bonheur…

17:25 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

15 juin 2015

Hors connexion

réseau, plante, pensée

Illustration : Pinterest - sml-design.com

 

Texte éphémère

Effacé - Temps de péremption dépassé

 


 

17:33 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

14 juin 2015

Le jour où j’ai décidé d’être sage

enfance, facteur, lettres, vol

Texte éphémère

Effacé - Temps de péremption dépassé

 

 

13:00 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

13 juin 2015

L'amant sanguinaire

sang, amant, rouge,

Texte éphémère

Effacé - Temps de péremption dépassé

 

14:00 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

12 juin 2015

Rencontre matinale

destin, livre, brocante, destin

 

Texte éphémère

Effacé - Temps de péremption dépassé

 

 

18:00 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

08 juin 2015

C'est pas ma faute à moi

tristesse, enfance, maltraitance

Photographie : Benoît Courti

 

Texte éphémère

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09:17 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

07 juin 2015

Amoremardeosubnoctemostellaphobia

phobie, amour, PNL

Texte éphémère

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13:54 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

03 juin 2015

L'attente - (contenu sensible)

homosexualité, amour

 
Défi  littéraire.
Illustration : Homosexuality is Not Immoral by Peter Singer - Project Syndicate (Illustration by Dean Rohrer). Read the full article Here
 

Texte éphémère

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21:37 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

31 mai 2015

Traces

 

 

 

trace, ame, couleur, astral, mission, vieAstral Double" by Eugenia Loli.

 

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29 mai 2015

Toujours faire attention aux yeux. Toujours.

 

yeux, schizophrène

 

Texte éphémère

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26 mai 2015

De la poudre aux yeux

 

publicité, ego, lessive, poésie

 

Texte éphémère

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21 mai 2015

Conflit intérieur

conflit, processus PNL, intégration des parties

Strings by Maria Janosko

 

Texte éphémère

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17 mai 2015

Sila

Loin, défi, PArtir, revenir

 

 

Texte éphémère

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18:05 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

16 mai 2015

Chanson pour une âme en peine

âme, peine,

 

 

 

Moi, j’vous dis, c’est pas d'sa faute à elle,

Cette drôle d’immortelle

Si elle s’est accrochée à moi

Cette âme en peine dans son désarroi

 

Il m’a dit : c’est d’la faute des curés, quel drôle de métier.

Ils disent des bêtises, au nom d’une Église

Ils récitent encore et encore, sans y croire, des métaphores

Comme des automates, de simples bureaucrates

Et les âmes restent en peine...

 

Elle n’était pas vilaine, cette âme en peine

Elle avait juste la nostalgie, d’une vie endormie

À travers moi, elle vivait sa mélancolie

Et nous aurions sombré dans la folie

 

Il m’a dit : elle est partie

Il ne m’a pas dit où ni dans quelle vie

Je ne ressens plus cette nostalgie, d’une vie par analogie

À travers elle, je n’étais plus, sur mon âme, elle avait jeté son dévolu.

 

Oui, elle est partie vers un ailleurs

Là où elle n’aura plus peur

Là où elle aurait dû être

Peut-être avec ses ancêtres ?

 

Il m’a dit : c’est d’la faute des curés, quel drôle de métier.

Ils disent des bêtises, au nom d’une Église

Ils récitent encore et encore, sans y croire, des métaphores

Comme des automates, de simples bureaucrates

Et les âmes restent en peine


 

Je lui dis au revoir, à cette petite âme en peine

Je reprends mon espoir, et ma vie sereine

Elle est au paradis, là-bas et loin d’ici

C’était juste une âme en peine et elle est partie…

 

 

 Pour une petite âme en peine, bon vent.

 

 

17:08 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

08 mai 2015

Existence

jeu, dame, noir, blanc

 

Texte éphémère

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17:40 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

30 avril 2015

Les boîtes de Chloé

 

boîte, émotions, PNL, Christian Schloe

"Portrait of a heart" by Christian Schloe

 

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18:30 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

23 avril 2015

Le grand tourbillon

rire, humour, chaussettes

Photo : Lil Lacey's legwarmers by purllamb : showstopper

 

Elles vivent parmi nous, présentes dans chaque foyer, quasiment dans le monde entier. Elles partagent notre vie à tout moment hormis en été où elles ont tendance à être plus discrètes sauf, peut-être, auprès des sportifs qu’elles adorent particulièrement et quelques autres élus, triés sur le volet. Par contre, la majorité de la population et encore plus les jolies femmes les boudent carrément en période estivale. Ma foi, c’est une occasion pour elles de bénéficier de vacances largement méritées !

 

Aujourd’hui, les êtres humains le reconnaissent : elles vivent un cauchemar ! C’est un fait. Personne ne peut le nier, c’est tellement évident ! Quant à elles, elles ne peuvent, malgré leur envie, accuser les hommes même si ceux-ci ont une lourde part de responsabilité. Il faut savoir qu’elles vivent pour eux ou plutôt grâce à eux. Malheureusement, il est extrêmement difficile de changer les habitudes des humains ! S’ils se rendent compte de l’amplitude de la catastrophe, ils ne trouvent aucune solution. Aucun remède. Ils se contentent de constater. De déplorer. De rager. Des humains dans toute leur splendeur ! Rien ne change dans leur monde, ils mettent trop d’énergie dans la guerre, la haine, l’argent. Mais c’est une autre histoire… Malgré tout, il faut en convenir, cette catastrophe touche à leurs habitudes, mais apparemment pas assez pour qu’ils osent en changer.

 

Elles ont pensé à fuir, mais pour se rendre où ? Chez qui ? Les hommes sont tous les mêmes. On ne peut pas dire qu’ils sont très délicats. Trop souvent, elles sont encore rejetées, usées jusqu’à la corde après de loyaux services et puis définitivement oubliées. Au profit des nouvelles. Belles, fraîches, douces. Naturellement.

 

Leur vie est courte. Elles le savent toutes. En réalité, ce n’est pas ça le problème. Elles sont préparées à leur fin inéluctable. Leur mission de vie est de mourir comme elles sont nées : à deux. C’est comme ça : elles vivent dès leur naissance en couple. Jamais l’une sans l’autre. Toujours au diapason. Vivant à quelques secondes de décalage. Dans les pas l’une de l’autre. Un couple uni. Le bonheur de vivre à deux. D’être deux.

 

Ensuite, leur objectif est de plaire à ces humains ingrats. Elles se plient à leurs volontés, à leurs caprices et… elles en voient de toutes les couleurs ! Elles agissent selon leur mode à eux, obéissantes.

 

Et puis les humains ont inventé la machine. La machine ! Oui, c’est vrai : cela leur procure un plaisir fou ! Mais il faut garder à l’esprit qu’il y a quand même de gros risques... Parfois, le couple est désuni : elles se retrouvent avec une nouvelle compagne. Cela entraîne parfois des grincements de dents et à d’autres moments des éclats de rire. Certaines, paraît-il, sont restées rouges de honte ! La consigne est pourtant claire : elles doivent rester deux par deux. Question de sécurité. Et de bon sens.

 

Au départ, elles se serrent l’une contre l’autre, avec la peur au ventre de se perdre. Parfois, l’excitation les noue, mais souvent l’ivresse les emporte loin l’une de l’autre et c’est le moment le plus dangereux : vont-elles se retrouver ? Ressortir ensemble ? On ne sait toujours pas comment cela se passe. Même les humains ne comprennent pas. C’est assurément un sortilège. C’est inévitable. Cela se passe partout, dans tous les foyers sauf ceux qui les nouent très fort. C’est un risque, car sans liberté, elles s’étiolent, perdent leur couleur, leur souplesse et terminent encore plus tôt leur si courte vie.

 

Cela fait débat : une courte vie à deux ou connaître l’ivresse de la liberté au risque de se perdre ? Ou pour mieux se retrouver ? Personne n’a la réponse et c’est tant mieux. Et puis, il y a les rebelles ! Celles qui veulent vivre leur vie et qui pour une raison ou une autre se séparent dès leur naissance. Elles ne voient pas souvent la couleur du ciel, souvent elles finissent leur vie dans un coin poussiéreux. La déchéance. Rares sont celles qui connaissent le grand tourbillon, celui tant attendu et craint. Celui qui donne le tournis et qui enlève l’être aimé, ou parfois offre un nouvel amour… C’est le destin. Personne ne peut le contrer. Pas même les humains.

 

Désormais, c’est une évidence : le taux de divorce des chaussettes ne cesse d’augmenter. Et personne n’y peut rien…

 

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21:48 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

14 avril 2015

Le cri de la sirène

Jumelles, vie, mort, non-dits, lettre, mort

"Secret Promise" by Shiori Matsumoto

 

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15:52 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

08 avril 2015

L'éveilleuse - Texte

Lettres, amour, passé, fantômes,

 

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17:44 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

20 mars 2015

Rencontres

folon, mer, anniversaire, PNL

Photo prise à Knokke-Heist en décembre 2007

 

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18 mars 2015

Le dernier message

 

 

fin, monde, message,

illustration : auteur inconnu

 

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17 mars 2015

Distraction

 

 

Accident, voiture, piéton, distraction

Equilibrium by yoguy108 (Guy Amir)

 

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