31 décembre 2015

Bonne et heureuse année 2016 !

 

Bonne année, voeux

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.


Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.

 

Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences.

 

Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.

 

Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.

 

Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque.

 

Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.

 

Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.

 

Jacques BREL, 1er janvier 1968

 

 

Je vous présente mes meilleurs vœux pour l'année 2016,

Qu'elle vous comble et vous apporte le bonheur !

19:00 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

22 novembre 2015

Pour un beau sourire

 

 

Rachel Colas

 

Demain, c’est mon anniversaire.

Demain, je me fais opérer.

Je suis confiante.

Je suis sereine.

Je n’ai pas peur.

Je n’aurai pas peur.

Non, je n’aurai pas peur, car j’ai déjà vécu cette journée.

J’ai écrit ce qu’il se passerait demain, il y a six mois environ.

Et puis, je sais aussi que je penserai à mes paroles et à cette jeune fille.

Où qu’elle soit, je lui dédie ce texte.

Ceci est une histoire vraie et c’est la mienne.

 

 

Cela va être mon tour d’entrer dans le bloc opératoire. Je n’ai pas peur. Il faut dire que je n’en ai pas le droit. Tout ira bien. Tout mon parcours est semé de petits clins d’œil parfois assez époustouflants tant ils sont évidents. Malgré tout, je prends le temps d’assimiler. De réfléchir. De prendre position.

 

N’empêche, prendre conscience des signes qui nous sont adressés, renforce le sentiment d’être dans le bon chemin, que les décisions prises sont assurément les bonnes. Faut juste s’écouter, et regarder autour de soi. Et surtout, déchiffrer, comprendre, ces fameux signes. Car ils sont partout. Partout !

 

Souvent, je les déniche dans les désistements : cela m’arrive tout le temps. L’autre fois, il y a peu, lors d’un coup de fil à un spécialiste dont l’agenda est bouclé sur des mois : une place de libre peut-être ? Eh bien oui ! Cela marche dans la majorité des cas. Et si cela ne se réalise pas, c’est qu’il y a une bonne raison ! Simpliste ? Oui. Et alors ?

 

J’attends sagement. J’ai un peu froid sous le trop fin drap. Bientôt, on m’endormira, je voyagerai dans un sommeil artificiel et je me réveillerai quelque peu différente. Je transis et en même temps, je suis impatiente. Ne serais-je pas en meilleure santé ? Et puis, j’ai une autre raison de me réjouir : aujourd’hui, c’est mon anniversaire !

 

Je n’ai pas choisi la date d’opération. Elle m’a été donnée par le secrétariat. Encore une fois, il me semble que cette opération nécessaire m’est offerte comme si c’était un cadeau d’anniversaire ! Superstitieuse, je n’ai pas voulu la changer. Je me suis même amusée à l’humour noir : si je « restais » dans l’opération, cela me ferait une jolie date pour un écrivain… J’ai toujours aimé l’originalité, mais à ce point… Ce n’est pas au goût de mon cher mari qui me tance gentiment. Il a plus peur que moi !

 

Pour mon avenir, je ne peux pas me passer de cette intervention médicale. Il en va de ma santé. J’ai de la chance, oui de la chance de pouvoir en bénéficier. J’ai banni de mon vocabulaire le mot « subir ». Désormais, je bénéficie de cette opération. L’impact positif est décuplé et cela m’aide à balayer l’inquiétude insidieuse, à accepter et à regarder les choses différemment.  

 

Oui, je n’ai pas peur. Je me souviens de mes propres paroles de réconfort. Bientôt, je rentrerai dans la salle, je sais que je tremblerai un peu de froid et malgré tout légèrement, beaucoup peut-être d’appréhension, nerveusement parce que je ne suis pas une « wonder woman », et puis je sais que l’anesthésiste ou l’infirmière bavardera avec moi de mes enfants, de ce que j’aime avant le décompte qui m’enverra dans un sommeil sans rêves. Un patient doit toujours être endormi avec en tête un agréable moment, paraît-il.

 

Il y a quelques années, j’étais au même endroit. Pour une opération tout à fait bénigne. Je me souviens de la requête de l’infirmière :

- « Il y a une jeune fille qui attend comme vous. Seriez-vous d’accord que je la mette à côté de vous. Elle est anxieuse. Être avec quelqu’un la rassurerait avant de rentrer au bloc… »

 

C’est incroyable comme donner du courage nous fait oublier notre propre peur ! Cela fut fait, rapidement. Je me souviens avoir pris sa main. Elle m’a demandé la raison de ma présence. Ce n’était pas important. Elle n’avait que quinze ans. Elle allait être opérée de la mâchoire. Une grosse opération. Très lourde. Je me souviens de mes paroles :

- Mais tu vas avoir un sourire magnifique alors !  Tu vas voir, cela va bien se passer ! J’en suis certaine ! Tu seras encore plus jolie !

 

Nous sommes conduites chacune de notre côté par les blouses vertes vers notre salle d’opération. Demander de ses nouvelles a été ma première question lorsque j’ai repris connaissance en salle de réveil. Tout s’était bien déroulé…

 

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Aujourd’hui, je n’ai pas le droit d’avoir peur parce que demain, je vais avoir un - encore plus - beau sourire !


 

 

20:04 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

02 novembre 2015

Pensées d’écrivain, un lundi matin, dans sa voiture, en allant faire ses courses...

autodérision, pensées, écrivain

Et j'aime ça !

 

 

9h. Rentrée des courses, achat d'une viande et de quelques légumes pour le souper du soir, et une paire de bas 40 Den (minimum, s’il vous plaît ! Merci Cristina), quand me tombe dessus une question existentielle : que deviendront mes personnages si je venais à disparaître ? Seraient-ils en deuil ? Arriveraient-ils à s’échapper de mes lignes ? Seraient-ils coincés dans la trame de l’histoire que j’ai inventée ? Même si ce sont eux qui me l’ont soufflée ?  Ou iraient-ils voguer dans l’esprit d’autres auteurs pour y continuer leur vie ?

 

Et si je leur demandais ? Pas certaine d’avoir une réponse, mais qui ne demande rien, n’a rien n’est-ce pas ?

 

De Drôle d’idées, n’est-ce pas, pour un lundi matin, après quand même un café et demi ! Et je ne participe pas vraiment au NaNoWriMo ! Faut pas demander ! ;-)

 

Bon, trêves de pensées, faut que je me replonge dans mon roman et y découvrir les derniers événements.

 

Bonne journée à tous,

09:58 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, NaNoWrimo 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

02 juillet 2015

J'écris donc je suis

écriture, être écrivain, devenir, passion

 

  

 

Est-ce que tout le monde peut écrire ? Oui.

Est-ce que tout le monde a quelque chose à raconter ? Oui.

Cela dit. Comment procéder ? Pourquoi ? Qu’est-ce que cela apporte ? D’où vient l’inspiration ? Sommes-nous ce que nous écrivons ? Et surtout qui se cache derrière les écrits ?

C’est la réflexion d’un ami sur Facebook qui m’a donné l’envie d’écrire ceci. Je l’en remercie : il se reconnaîtra.

 

Cet article a le but de lever le voile sur ce qu’est un écrivain ou tout du moins une petite partie. Point de mystère, une écrivain est une personne comme les autres… ou presque. Naturellement, je ne suis pas la science infuse et c’est tant mieux : il me reste la curiosité de l’impalpable ! Ce n’est que mon humble expérience et si cela peut aider certains d’entre vous, j’en serai extrêmement heureuse !

 

Par quoi commencer ? C’est simple, il faut écrire le premier mot, ensuite la première phrase et le reste devrait couler de source…  

 

D’où vient l’inspiration ? De partout ! Pour moi, de préférence visuelle, par des images et aussi par la musique. La musique est extrêmement inspirante, un mot, un son, une intonation et tout s’emballe ! Pour réussir le défi du Nanowrimo, j’ai composé une playlist que j’ai écoutée en replay un mois durant… Elle me sort littéralement des oreilles ! Et si je réécoute un des morceaux, je suis immédiatement replongée à ce moment de création intense. J’ai fait ce que l’on appelle un « ancrage ». En ce moment, c’est Cabrel qui m’accompagne et qui dirige de sa voix grave la rythmique de mon clavier… Chacun son truc : déterminez le vôtre !

 

Quand écrire ?

N’importe quand. Le jour et même souvent la nuit ! Pas de chance pour l’être aimé à mes côtés qui est invariablement dérangé par mes allées venues !

 

Une idée arrive ? Je l’accueille avec respect et réjouissance ! Tellement de choses à inventer avec une « simple petite » idée ! Que devient-elle ? Soit je la garde précieusement dans un coin de ma tête pour plus tard, soit j'envisage sa réalité dans mon esprit. Si une image ne se forme par directement, comme une sorte de « vision », vous pouvez poser les questions traditionnelles du « qui », « que », « quoi », « comment », « quelles conséquences », etc. et pourquoi pas en prendre des notes, faire des schémas ?

Pour un roman, j’ai trouvé pour chaque personnage une photo, écrit le descriptif de leur caractère et créé une ligne du temps. Sans oublier de prendre note de toutes leurs caractéristiques qui se profilent au fil de l’histoire : il faut savoir que les personnages peuvent être hors contrôle de l’auteur… De la vigilance et beaucoup d’empathie pour eux ! (Parfois, ils n'en font qu'à leur tête !).

 

Comment arrivent les idées ?

Souvent les idées me viennent sous forme d’images, ou de film comme un court métrage et principalement en fin de soirée. Les idées fusionnent également lorsque je suis en voiture – et donc, je dois produire un effort de concentration et de mémorisation car les idées filent comme elles sont venues : en catimini !

Beaucoup plus aisé pour moi lorsqu’elles arrivent la nuit : au moins je peux me relever et noter des bribes voire même écrire l’entièreté du texte ! Pour le texte « Poudre aux yeux », en demi-sommeil, « entre deux eaux », j’ai assisté à la projection des publicités. Il ne me restait plus « qu’à » écrire le lendemain…

 

Écrire à la main ou dactylographier ? Au choix. Mes meilleurs textes, du moins, mes préférés, sont ceux écrits à la main. Cependant, je préfère mon clavier aux touches à moitié effacées ! C’est nettement plus rapide : les mots défilent à une vitesse hallucinante ! Cela engendre une sorte de tempo hypnotique qui rythme le corps du texte en accompagnement du fond sonore de la musique écoutée. À être plongé dans l’histoire, la musique n’est plus qu’un bruit de fond dont émergent certains mots. Souvent, ces mots reviennent à la pleine conscience et sont entendus à certains moments précis. Cela rebooste l’écriture, lui redonne un élan.

 

Comment je me sens lorsque j'écris ?

Merveilleusement bien !

C’est « littéralement » un orgasme littéraire ! Une formule redondante, certes, mais je n’ai pas d’autres mots pour expliquer ce sentiment ! En ce qui me concerne, cela équivaut à vivre dans un autre temps, un autre lieu, une autre dimension. C’est tout simplement exister dans la vie de quelqu’un que je crée, qui n’existe pas et qui finit par réellement vivre dans mon esprit, dans mon âme et même à y laisser une trace physique en moi ! À se demander si ce personnage ne finit pas par exister quelque part… Voyez… déjà mon imagination s’enflamme à cette idée d’un être existant grâce à moi et peut-être, malgré moi…

L’imagination est libre. Sans bride. Elle est inépuisable !

 

Une évidence, un besoin : vivre dans l’histoire que j’invente ! En écrivant, je VOIS ce qu’il se passe autour du personnage, je RESSENS ce qu’il vit. Si son cœur bat plus fort, je le ressens physiquement, mon propre cœur bat plus vite ! Je ressens toutes ses émotions les plus intimes sans frontière ! C’est assez impressionnant et je ne m’en lasse pas !

 

Écrire pour moi, c’est être la main qui court sur le clavier, le personnage qui vit et ressent ses émotions et également, cerise sur le gâteau, le lecteur ! Trois en un !

Oui parfois, souvent, j’écris sans connaitre la fin de l’histoire… Je la découvre en même temps que j’écris ! Je suis lectrice, impatiente de connaître la fin !

Je suis en réalité au même moment trois personnes différentes ! Je ne peux définir cet état, je dirais simplement qu’il est extatique… C’est de l’endomorphine en concentré !

J’appelle cet état mon écriture « semi-automatique » car je suis consciente du présent et qu’il m’est possible de sortir de cet état si quelqu’un ou quelque chose m’interrompt dans mon travail. J’ai appris au fil des années à « bloquer » l’inspiration le temps de répondre à l’intervention extérieure et la reprendre sans en perdre le fil. Cette technique, je l’ai acquise lors de ma formation en PNL à Paris. (Programmation NeuroLinguistique).

 

La seule contrariété est d’abandonner un texte en cours d’écriture – même le temps de dîner – le besoin ardent de coucher les mots sur papier est tellement substantiel que c’en est parfois un déchirement de devoir s’interrompre… mais il faut bien vivre ! C’est comme si l’histoire décidait de s’octroyer des temps de pause…

 

Est-ce qu’un écrivain exprime ce qu’il ressent ?

Oui et non.

En écrivant, je fais appel à des émotions connues et vécues : la joie, la colère, la tristesse, la sérénité, le bonheur, la nostalgie, etc. Cela aide à décrire l’émotion du personnage, de la ressentir et de prévoir la réaction de celui-ci.

 

Mais et c’est un grand « mais » ! Un exemple : ce n’est pas parce que je parle de « regrets » que j’en ressens ! Si un poème nostalgique est écrit en quelques minutes au bord de ma table de cuisine, cela ne veut pas dire obligatoirement que je suis triste ! Si je parle d’un homme, ce n’est pas pour autant que je pense à quelqu’un d’autre que mon mari ! Ce n’est pas parce que j’écris en tant que meurtrière que j’ai commis un meurtre ! Bref, vous avez compris ! Ce que j’écris n’est PAS la réalité sauf si c'est explicite comme maintenant !

 

Ce n’est pas pour rien que la formule consacrée « Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence » se trouve en première page de nombreux romans… Heureusement, imaginez la vie de Stephen King ! Il faut dire que cela s’appelle de la « fiction » !

 

Donc, j’IMAGINE et je VIS ce que le personnage ressent. Je peux également ressentir des émotions inconnues car je les INVENTE ! C’est en sorte une projection. C’est là la puissance de la transposition des mots sur un monde irréel qui devient viable car j'y dépose des sentiments, des ressentis…

 

Ce que je ressens lorsque le texte est terminé ? Un soulagement. Écrire procure tellement de bien-être que terminer un texte peut être vécu comme une sorte de déchirement mélangé à de la joie. Étant maman, je peux me permettre d’y voir une analogie avec un accouchement en bien moins douloureux physiquement parlant (Heureusement d’ailleurs sinon peu de personne écrirait !). C’est toujours un réel plaisir, une fierté teintée de nostalgie, d’écrire le mot « FIN » en tout cas pour un roman ou un livre.

 

D’ailleurs ce mot, je ne l’écris jamais à la va-vite. J’y mets un certain cérémonial : je prends le temps, je l’inscris en gras, en lettre majuscule et je contemple ce mot quelques minutes avant la sauvegarde vitale du texte.

 

Faut-il écrire tous les jours ?

Certains disent qu’il faut une discipline et je pense que oui. Pour ma part, ayant un job autre que l’écriture, je ne peux m’y consacrer la journée par contre, les idées viennent n’importe quand : elles sont reléguées dans mon esprit ou notées lorsque c’est possible. Je les note dans mon cahier que je trimballe partout et les reprends lorsque je rentre… Naturellement, je privilégie la soirée – parfois la nuit – et le weekend. Et cela dépend de l’inspiration. J’ai aussi la chance d’écrire vite : parfois des textes à mettre en musique en dix minutes, une courte nouvelle en une demi-heure. Qu’importe, les mots sont déposés, je peux passer à autre chose, une autre nouvelle, une autre idée…

 

La reconnaissance ?

La reconnaissance est importante. Un texte ne vaut rien s’il n’est pas lu. L’écrivain existe parce que les lecteurs sont là. Sans les lecteurs, nous ne sommes rien. L’important est de figer un instant, d’y mettre des mots, des envies, des souhaits, des peurs, des joies, de la colère qu’importe, écrire est vital. Ecrire, c’est crier en silence entre les lignes. Aux lecteurs de découvrir, des comprendre les messages… Et puis, les idées voyagent, façonnent les êtres.

 

Voilà, pour moi, c’est ça écrire…

 

18:11 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

13 avril 2015

Notre Liberté, prière

Liberté, prière, vie

Le premier article de
la Déclaration universelle des droits de l'homme
signée par 58 états (10 décembre 1948, Paris)
 
 

Notre Liberté, toi,

Qui es bafouée

Que le monde se soulève

Que ta volonté soit forte

Ici et sur tous les continents

 

Donne-nous aujourd’hui l’espoir

Délivre-nous des tueries de ce jour

Arrête le massacre de l’Humanité

Par ceux qui te tuent au nom de Dieu

Et ne nous laisse pas entrer dans la peur

Mais délivre-nous du mal.

 

Car c’est à toi qu’appartiennent

la vie, l’amour et l’essence de l’humanité

Aux siècles des siècles, chère Liberté

 

 

D'après la prière du Notre Père,

prière notre père

12:02 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, Citations, Pensées, L'exemple, c'est nous | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

08 avril 2015

L'éveilleuse - Texte

Lettres, amour, passé, fantômes,

 

 

L’aube avait dissipé sa frayeur nocturne. Elle allait devoir reprendre ses souvenirs pas à pas, revivre ses émotions pour compléter correctement son carnet des songes. D’ordinaire, cela ne la dérangeait pas. Mais ce qui s’était passé hier était assez… effroyable ! Un cauchemar pareil, cela ne s’oubliait pas de sitôt ! Son côté cartésien lui soufflait qu’il devait bien avoir une raison à celui-ci, voire une origine. Son amie pnliste le lui avait d’ailleurs conseillé : si elle désirait en connaître davantage sur elle-même, elle devait noter ses rêves. Soit. Naturellement les songes effrayants aussi. Ce qui du coup devenait bien moins plaisant…

 

Elle ouvrit son cahier et commença par écrire le plus facile : la date. Par quoi commencer d’autre ? Raconter qu’elle avait ressenti une présence ? Que la peur l’avait assaillie, arrachée au sommeil et qu’un long cri aigu l’avait tétanisée ? Qu’ensuite, il lui avait semblé voir deux personnes se pencher sur elle ? De mémoire, une femme et un homme ? L’être féminin ayant des cheveux couleur miel foncé ? C’était ce qualificatif qui lui venait en premier à l’esprit : miel foncé. Et puis, le second hurlement quelques longues secondes après : perçant !

 

Son mari était persuadé de mourir un jour de crise cardiaque à ses côtés ! S’il redoutait une attaque quelconque comme un cambriolage lorsqu’ils étaient au lit, elle se souvenait n’avoir pas pu se raisonner ! Elle était restée coincée dans un brouillard d’émotions impalpables qui, finalement, s’était traduit en pleurs enfantins. Les joues inondées de larmes, elle était redevenue une petite chose craintive, une enfant effrayée par l’obscurité…

 

Lui, à peine remis de sa frousse, l’avait bercée mécaniquement dans ses bras, s’exhortant à ralentir les battements de son cœur, néanmoins rassuré de savoir que ce n’était qu’un cauchemar parmi d’autres. Comme à chaque fois. Elle s’était efforcée de calmer les frémissements de son corps, de faire fi du contrecoup. Elle souhaitait plus que tout sombrer à nouveau dans un sommeil paisible, sans rêves, cette fois-ci.

 

Oui, il lui était difficile de trouver les mots exacts pour décrire cette terreur. Elle nota brièvement : cri, femme et homme, cheveux couleur miel, second cri. Peur. Irraisonnée.

 

Et puis, elle tourna la page…

 

****

 

Le dimanche était son jour préféré. Elle se leva pleine d’énergie et d’espoir pour cette nouvelle journée : c’était jour de brocante ! Qu’allait-elle découvrir ? Rapporter ? Elle devait impérativement ramener un trésor. Quel qu’il soit.

 

Elle tomba dessus « par hasard » et cela la fit sourire. C’était une amusoire qu’elle s’était inventée. Elle était persuadée que le hasard n’existait que pour une seule et unique raison : lui rappeler qu’il pouvait faire un pied de nez au destin !

 

Le brocanteur avait été rude en affaire pourtant il la connaissait. Souvent, c’était un atout. Assurément pas aujourd’hui ! Elle acquerra tout de même à un prix raisonnable une petite valise en similicuir aux charnières cassées : une jolie déco pour la vitrine de sa jolie boutique vintage « Les Jolies Choses de Marine », sa fierté. Elle ouvrait les lundi, mercredi et samedi de chaque semaine. Par contre, le jeudi matin était réservé aux rendez-vous. Et pas n’importe lesquels ! Triés sur le volet. Obtenus sur recommandation uniquement ! C’était ce qui démontrait sa qualité. Sa singularité. Elle ne s’en rendait pas encore vraiment compte. Il faut dire qu’elle s’était créé une profession sur mesure : elle était, comme elle disait, une « éveilleuse ». Une éveilleuse d’âme. Une éveilleuse d’esprit. Une éveilleuse de cœur. Qu’importe les termes ! Elle « éveillait » au monde, les âmes fatiguées.

 

Ceux qui n’avaient pas d’imagination ou qui désiraient se loger tranquillement dans le moule social appelaient cela « coach de vie ». Ce qui voulait tout dire et en même temps, rien. C’était pratique. C’était tendance. Ce n’était pas pour elle. Elle se voulait différente et elle l’était. Comme tout un chacun, malgré tout.

 

Pour cela, elle utilisait différentes méthodes : cartomancie, tarots, pendule, outils de communication divers entre analyse transactionnelle et l’hypnose ericksonienne, énergie ou simplement son ressenti. Jusqu’à présent, elle avait de bons retours, mais elle n’en tenait pas toujours compte tant elle doutait d’elle-même. De ses capacités surtout, certainement pas des ressources qui vivaient en silence au tréfonds de chaque être et en particulier de ceux qui venaient chercher de l’aide auprès d’elle. Il fallait en convenir : c’était des aveugles ou plutôt des « oublieurs » de leurs richesses intérieures. Elle n’était tout au plus qu’une éveilleuse. Une simple et humble éveilleuse.

 

Ce n’est qu’en rentrant chez elle et en examinant attentivement la valise qu’elle les trouva : trois lettres jaunies par le temps. Une d’un homme, un soldat. L’autre d’une femme. Et la dernière, un menu de fin d’année ou d’anniversaire avec les signatures supposées des convives. La découverte lui laissa une impression de déjà vu comme lorsqu’on a un mot sur le bout de la langue… C’était horripilant. Elle avait beau fouiller dans sa mémoire, rien ne venait.

 

Elle se pencha en premier sur la lettre du soldat écrite à l’encre bleue devenue pâle au fil des années. Elle dut prendre une loupe : les lettres semblaient tracées nerveusement : elles étaient petites et serrées avec des jambages accentués. Comme il était émouvant de détenir une correspondance privée du passé ! Elle oscillait entre l’impression sordide du voyeurisme si fréquent de nos jours à l’émotion d’un secret dévoilé par indiscrétion. Ce n’était pas une télé-réalité, c’était mieux, c’était pire : il s’agissait d’une vraie vie ! D’une parenthèse intime qui tombait ainsi au creux de son existence. Comme un message d’outre-tombe. Elle frissonna à cette idée : ce n’était pas de bon goût !

 

Elle s’attarda sur chaque mot, puis enfin habituée à la forme sèche des lettres, elle commença à lire :

 

« Ma chère Louise,

Je suis heureux d’être encore en vie pour t’écrire combien tu me manques. Te donner de mes nouvelles : quelle chance, j’ai ! Je voudrais que cette missive t’apporte le bonheur que je veux t’offrir dès que je serai rentré. Je ne veux pas m’en aller. Je ne veux pas que tu célèbres mes funérailles. Je sais ce que tu vas me dire, mais je ne peux m’empêcher d’y penser, c’est plus fort que moi. Les autres aussi y pensent. C’est horrible, cette guerre. Inhumain. Qui veut de ce combat de chairs sanguinolentes ? Qui ? Pourquoi ? Nous, les hommes, petits pantins, sommes en colère et cette rage nous tient en vie. Parfois…

 

Mais toi, oui, toi, tu es mon seul espoir de vie. Je voudrais tenir ta main. Caresser tes cheveux. Déposer sur tes courbes, mes baisers brûlants et lentement, avec le plus de tendresse qu’il me soit possible de te donner, te goûter encore et encore. Je ne puis me défaire de mon envie de toi, ma belle, ma tendre, mon double, mon Tout, mon ultime espoir de revenir à la vie. De revenir à toi.

 

Mon ami de tranchée Paul m’a lu ceci et je veux le partager avec toi : « Écrire des lettres, c’est se mettre nu devant les survivants ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les survivants les boivent en route. ». Je veux que tu sois ma survivante. Je veux que tu boives mes baisers avidement. Que tu captes et t’abreuves de mon amour que je glisse désespérément entre ses lignes pour qu’il te donne la force de m’attendre. Je te promets : je me garderai en vie. Pour toi. Rien que pour toi. Je t’aime. »

 

Qui était-il ce beau soldat ? Car il devait certainement être plaisant pour rédiger avec cette sincérité déconcertante, cette envie de vivre et d’aimer…

 

Elle poussa un soupir. Trop d’émotions. Pour casser cette nostalgie qui tout d’un coup l’enveloppa, elle prit la deuxième lettre à l’encre brune. L’écriture était anguleuse, décidée, c’était celle d’une femme indéniablement.

 

« Ma chère tante Marie-Jeanne,

J’ai décidé de rester en ville. Ils ont besoin de moi, ici. De toute façon, où veux-tu que j’aille ? La guerre est partout, tu me l’as dit toi-même. Ne t’inquiète pas : je veille sur la famille. J’ai du travail et des avantages. C’est beaucoup et peu à la fois, mais cela nous permet de tenir et d’attendre un peu moins douloureusement que le temps nous délivre du mal et que la paix revienne. Je fais mon possible. Tout va bien, je te le répète. Ne t’inquiète pas pour nous. Francine va bien : la guerre lui a fait perdre ses rondeurs, mais elle est toujours aussi jolie. L’uniforme lui va à ravir, c’est une belle infirmière. Dire qu’elle avait toujours eu peur du sang ! C’est un comble ! La guerre permet de nous dépasser. Je n’aurais jamais pu imaginer écrire cela un jour…

 

Nous n’avons pas de nouvelles de Gaston, mais ne dit-on pas : « pas de nouvelles, bonnes nouvelles » ? J’ai décidé d’y croire. Je prie pour lui. Pour les autres. Tellement sont partis… Léon, lui, est encore avec moi : trop jeune pour partir, mais je t’avoue qu’il m’inquiète : il veut s’engager. Je crains qu’il ne parte un jour et qu’il triche sur son âge. Tu sais comment sont les jeunes : ils ne se rendent pas compte. Lui se voit déjà en héros ! Qu’importe les honneurs, je veux que mon fils reste vivant. À mes côtés. La peur me tenaille jour et nuit et pourtant je garde la foi en de jours meilleurs.

 

Un jour, nous irons te rejoindre. Lorsque ce sera plus calme. Pour l’instant, ce n’est pas possible. Merci pour ton pot de miel : Gorges me l’a bien donné avec tes meilleures pensées. Nous pensons à toi à chaque cuillère. Je n’en avais jamais vu de cette couleur caramel ! On s’en délecte le dimanche. Papy en a eu les larmes aux yeux. Le pays lui manque et toi, encore plus ! Sûre que nous n’aurons pas de rhume cet hiver avec cette douceur du pays ! Prends soin de toi. Nous t’embrassons tous. Et haut les cœurs. Surtout. ».

 

Jamais plus elle ne goûterait une cuillère de miel sans penser à cette famille. Existait-elle encore ? Il y avait une adresse et surtout un nom. Elle chercha sur le net et découvrit assez rapidement des informations. Trop rapidement. Il fallait s’en douter : décès. La valise devait certainement provenir d’un vide-grenier. Elle se sentait soudain si triste. Un moment d’intimité du passé venait de remonter à la surface dans son existence à elle. À quoi cela servait-il ? Et dans quel but ? Elle avait pour habitude de penser que rien n’était vain. Que tout avait une raison. Que ce soit une rencontre, un malheur, un clin d’œil dans la vie, tout était en communion. Tout était message pour ceux qui désiraient décrypter. Oui, mais ces lettres ?

 

Elle se demanda si ce n’était pas elle, le fantôme ? Un fantôme du futur ? Une survivante, en sorte. Oui, bien entendu qu’elle était une survivante ! Elle vivait. Alors que les protagonistes de ces billets étaient, pour la plupart, depuis bien longtemps disparus de cette terre… et pourtant, leurs pans de vie explosaient dans sa vie à elle comme une bulle de savon entre deux éclats de rire un soir d’été…

 

Elle relut la citation favorite de l’ami du sergent, Paul… Après un long moment de réflexion, elle se dit que ce n’était pas faux. Que ce n’était pas vrai non plus. Elle ouvrit son carnet de rêves et écrivit d’une traite : « Écrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes du futur ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits parviennent à destination, les survivants s’en enivrent en route. ».

 

Il lui sembla désormais entendre un « déclic ». Il lui faudrait assurément beaucoup de confiance en elle pour se libérer de ses songes néfastes et se décider à profiter de la vie. Oui, elle était une survivante. Elle glissa les lettres dans son carnet et le ferma. Elle prit son portable, appuya sur le contact mis en raccourci sur l’écran d’accueil de son Smartphone et attendit que le numéro se compose. La sonnerie lui parut différente. Plus claire comme annonciatrice d’espoir. Cela la fit sourire. Elle était impatience qu’il décroche, son tendre ami. Elle ne voulait plus qu’il soit spectateur de ses rêves gris ! Au diable les rêves ! Il était temps pour elle d’exister. Vraiment. Pas « pour du semblant ». Rien que simplement vivre. À fond. Comme si le lendemain était le premier des jours nouveaux.

17:44 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

06 avril 2015

Dans une vieille valise, des lettres jaunies par le temps...

Pèse-lettre, fantome, lettre, passé, souvenir

 

 

Il est de ces moments qui ouvrent sur des horizons inconnus, qui bouleversent notre réalité et nous emmènent dans un autre ailleurs, un autre pan de temps, des jours et des hiers où nous n’étions même pas nés…

 

Ce dimanche, je me suis rendue en bonne compagnie au hall des expos de Ciney « Puces et salon des antiquaires ». J’en reviens le cœur gonflé de joie des excellents instants partagés, des choses découvertes et des trésors rapportés. J’aime les objets anciens qui ont vécu et qui nous offrent une histoire particulière. J’aime leur donner une deuxième vie ou simplement laisser leur empreinte dans mon quotidien.

 

Il y a déjà deux ans, j’étais rentrée chez moi avec un dessous de plat musical de 1900 : un coup de cœur inexplicable et l’an passé avec de vieux bougeoirs à main…

 

Cette année, mieux encore ! Des lettres jaunies par le temps trouvées au fond d’une vieille valise, dont une datant de 1938. Plongeon indiscret dans la vie d’un homme et d’une femme qui s’adressent en toute intimité à un être cher. Bouleversant. Et comme par un fait exprès, découverte et acquisition d’un ancien pèse-lettre chiné…

 

J’aurais bien craqué pour une rarissime pendulette veilleuse du 18e - d’après ce que le professionnel m’a précisé - et qui permettait de lire l’heure la nuit grâce à une lampe à l’huile dissimulée à l'arrière du socle opaque. Un très bel objet expertisé par le musée d’horlogerie de Malines… mais il faut pouvoir se raisonner ! Accepter de laisser derrière soi ces choses étonnantes pour n’en garder que le souvenir d’un moment de plaisir ou d’une explication donnée par un passionné…

 

Le soir même, je m’inscrivais à un défi d’écriture particulièrement curieux vu ma découverte du jour : inventer une histoire d’après la citation de Kafka :

 

« Écrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. » (Lettre à Milena).

 

Quelques extraits de ces lettres que je vous livre en état :

 

La lettre du Sergent F.J. Gazley, Dortmund,

 

« Après tout, la vieillesse, à ce qu’on me dit, est l’époque, où l’on se remémore les folies de la jeunesse et regrette de ne pas en avoir commis davantage – je ne veux pas que cela m’arrive »

« Je suis bien heureux que nous soyons d’accord en ce qui concerne la guerre, c’est horrible, comme tu dis et c’est plus, c’est innécessaire. Il n’y a jamais qu’une petite poignée de fanatiques qui veulent la guerre. La plupart des hommes sont raisonnables et la détestent. Ce qui est incroyable, inexplicable, c’est que ces braves types consentent à suivre la minorité microscopique. Moi je ne la suivrai pas. Je suis soldat parce que l’on m’oblige à l’être. Mais du moment qu’on me dit de prendre mon fusil pour tirer sur un autre être humain, je t’avoue franchement que je vais filer vite vers l’Amérique du Sud ! (…) ».

 

Et une dernière lettre de détresse inouïe qui se termine par « Il faut y être pour savoir ce que c’est. Mon cœur n’est plus qu’une pauvre chose meurtrie ».

 

Après quelques recherches, j’ai découvert le décès récent d’une personne concernée par la teneur de cette missive et en respect pour elle, j'en tairai la provenance. Un vide-grenier récent...

 

Un petit conseil : vérifiez vos greniers, ils peuvent détenir des secrets qui risquent d’être éventés par la curiosité d’un écrivain qui passe par hasard…

 

Pèse-lettre, fantome, lettre, passé, souvenir

18:00 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

11 mars 2015

Les mots ressuscités

 

amour, temps, passé, hypnose

Catrin Welz-Stein

 

Janvier, pensées

Je ne sors jamais de cette entrevue dans le même état psychologique. Jamais. J’éprouve, certes, une fatigue légitime mais elle est saupoudrée d’un regain d’énergie. Paraît que c’est normal.

Cela fait deux mois maintenant que je me soigne. Enfin : soigner est un grand mot ! Je ressens plutôt cette discipline hebdomadaire comme un voyage introspectif. Encore que. Je déambule dans les méandres de mon passé pré-mortem. C’est compliqué !

 

Les séances se succèdent. Je n’ai aucune souvenance lorsque je reviens dans ma vie « actuelle ». Dans mon présent. C’est normal, c’est ce qu’il me dit mon hypnotiseur… En mon for intérieur, je prends ce raccourci même s’il préfère, et de loin, « hypnothérapeute ». C’est mon côté rebelle. Soit. Je me souviens de peu et pourtant, je sens qu’il y a des choses en moi qui bougent. Sauf qu’elles ne se décident pas à se mettre en place comme je le veux… Je suis un puzzle ambulant !

 

Je me laisse encore deux mois. Deux mois pour poursuivre ce traitement. Pour me guérir. Pour vivre comme un homme normal que je devrais être. C’est ça où le suicide. Et si je me rate : l’internement pour dépression nerveuse sérieuse. Quelle poisse d’être en vie !

 

Je ne suis pas fou. Je suis en bonne santé. Je sais juste que je ne veux plus vivre ainsi. Même ça, j’ai encore du mal à l’avouer. Le raconter. Il n’y a que lui, mon voyeur d’âme, ce médecin, qui sache. Et mes ex. Évidemment. Encore que. Elles ne comprennent rien. Et pour cause : je ne leur laisse pas le temps !

 

Le temps. Je ne peux vivre une relation amoureuse plus de trente jours. C’est systématique. Arithmétique. Ma principale certitude est que je suis toujours à l’initiative de la rupture. Naturellement. J’ai un compte à rebours dans la tête. C’est comme ça. Je vis des amours mensuelles. C’est toujours mieux que rien. Mais c’est lassant. Toujours recommencer. Et puis… et puis plus rien.

Je ne suis pas fou. Je suis en bonne santé. Et je souffre.

Dorénavant, je me promène avec un carnet en poche. Et un stylo. Je dois impérativement écrire tout ce qui me passe par la tête. Sans réfléchir. Paraît que cela s’appelle l’écriture automatique. C’est devenu un besoin. Une drogue, parfois. Je ne peux plus m’en passer. Je ne peux me relire : c’est interdit. Trop tôt. Un jour, lorsque je serai prêt, je pourrai. Je dois juste attendre l’autorisation. Je suis un patient obéissant. Je veux m’en sortir. Je veux aimer plus de trente jours d’affilée…

 

 

Extraits du journal,

 

2 février

 

Un mâtineau pas comme les autres. Je me suis assoté d’une jolie blondinette. De genre fragile : teint porcelaine, fine, petite, peu de seins. Presque androgyne. Je ne sais pas encore si le traitement m’est opportun. J’ai peur d’aimer. Je suppose que c’est une amusoire comme toutes les autres. Elle est bibliothécaire. Elle m’accompagne dans mes recherches sauf que je ne sais pas très bien ce que je cherche. J’ai des flashs. Avec de drôles de gens. Elle a sa licence d’histoire de l’art : je lui raconte ce que je vois, elle trouve l’époque et on cherche. On ne sait pas quoi mais on est ensemble. Je me dis que le compte à rebours est lancé…

 

9 février

 

Je suis un poétereau. J’ai toujours été finet, je le sais. Encore plus de nos jours. Je m’ébaudis tout seul. J’ai l’impression de renaître. Il se passe de drôle de choses. J’ai eu un flash : m’est apparu une femme à la charnure crémeuse et voluptueuse. Pas mon genre. Du tout ! Elle portait un habit de pinchina. Manon, ma jolie bibliothécaire, m’a appris qu’il s’agissait probablement d’une bergerette et que sa robe était une ancienne étoffe de laine grossière, comme si elle portait un gros drap. Elle m’a parlé du 18ème siècle et de Toulon. C’est étrange. Qui est-elle ? Ou plutôt qui suis-je ? Qu’est-ce que je fabriquais là-bas ? Tout cela devient fou. Sans conteste, je baliverne. Faut que j’en parle à Nestor, mon docteur miracle. Nestor ! S’il savait que je le surnomme ainsi ! Avec ses cheveux blancs trop longs, il ressemble à un sage. C’est plus fort que moi, le nom est venu tout seul…

 

16 février

 

J’ai eu droit à ma chape-chute aujourd’hui ! J’ai avoué à Nestor que je me relisais. Et plus, je me lis, plus j’ai des bribes du passé qui me reviennent. Pendant quelques instants, j’ai trouvé qu’il ressemblait à un nicodème, il n’était pas content ! Je suis un biaiseur, je m’en suis sorti par une pirouette : j’ai nigaudé. Il s’est radouci. Il m’a posé des questions et les réponses sont venues me brandiller l’esprit. La femme à l’habit de pinchina serait ma mère. Est-ce pour cela que je n’aime que les femmes fines et délicates ? *Reste encore et toujours les trente jours et le temps passe. Manon est toujours à mes côtés. Oui, le temps passe vite. Je voudrais le ralentir mais il continue à me fuir…

 

23 février, midi

 

Il vient de se passer quelque chose d’extraordinaire : je me suis rencontré. Je suis bouleversé. Je ne peux rien écrire. J’ai mal aux mots.

 

23 février, soir

 

Point de babillement, ce soir. Je ne suis pas d’humeur accorte. J’ai l’impression d’avoir avalé un fruit défendu à l’acerbité insupportable. J’en ai mal partout. Une liqueur acidule coule dans mes veines. Ça fait mal. À ce rythme, Nestor va changer de discipline et y préférer l’aliénisme… J’arrête : je ne dois pas rester dans ce rôle de larmoyeur que j’exècre. Ni dans celui d’abuseur… Aujourd’hui, je sais. Pourquoi cette attirance… Je me suis perdu et retrouvé. J’ai revécu un moment d’une intensité irréelle. Pourtant, lorsque je l’ai vue, si blonde, si fragile, si belle, j’ai su qui elle était. Je ne pourrai jamais oublier cette amitié bessonnière. J’ai cru me regarder dans un miroir…

Deux gardes l’escortaient. Elle m’a lancé un dernier regard. J’y ai lu un amour indéfectible. Une promesse qui dépassait le temps. Pourtant son temps à elle était compté. Elle serait exécutée dans trente jours. Pour sorcellerie. Sa blondeur et sa douceur ne convenaient pas à ce monde. Je lui ai crié que je ne l’oublierai jamais. Que je la retrouverai où qu’elle soit. Pour toujours. À jamais. Oui, à jamais.

 

23 février, nuit.

 

Le sommeil ne me trouve pas. Je reste seul avec moi-même. Et elle. Mon double d’un autre temps. Je m’observe dans le miroir de cette salle de bain à la couleur fadasse : quelques cheveux blancs dans mes cheveux blonds même si au fil des ans, ils deviennent rares. Je ferais mieux de prendre quelques kilos. Suivre quelques cours de musculation. Étrangement, en ce jour, je lui ressemble. Même si je dois solliciter mon imagination. Il me reste des traces d’elle, c’est indéniable.

 

24 février, à l’aube.

 

Je n’ai pas dormi. J’ai beaucoup réfléchi. Cela a servi à quelque chose : je comprends. Je suis partagé entre une tristesse mélancolique et un espoir insensé. Manon n’est pas ma sœur jumelle et ne le sera jamais. Si j’ai cherché dans ses traits ou dans les autres femmes que j’ai aimé, celle à qui j’ai promis le souvenir éternel, cela ne doit pas m’empêcher de vivre. Et si une parcelle d’amour de ma sœur s’y loge au fil des temps, à moi de le voir en cadeau et non en punition. J’ai prié pour elle, cette sœur d’un temps passé. Elle est en moi. Je ne trahis pas ma promesse…

Je n’irai pas travailler. J’ai besoin de me ressourcer. De réfléchir. Encore.

 

24 février, début de soirée

 

J’ai relu mon carnet. Avec détachement. J’ai même cherché sur internet. C’est évident : j’étais clairement sous l’influence de l’hypnose…  Tous ces anciens mots français assassinés utilisés comme si une partie de mon esprit avait disparu dans les méandres d’un passé ignoré… Mon âme était-elle à la recherche de mon autre ?

Aujourd’hui, j’ai la réponse à mes questions. Je comprends. Ma promesse ne peut en rien m’annihiler. Et aimer ne la brisera pas !

Je prie. Pour elle. Pour moi.

 

24 février, nuit noire.

 

Je suis crevé. Et pourtant, je n’ai jamais autant ressenti une telle excitation. Je ne saurais pas dire quand exactement cela s’est passé. C’est difficile à expliquer. Comme si j’étais libéré d’une dette quelconque. Ma jumelle a été condamnée sans que je puisse changer le cours de son destin. Mon impuissance n’est pas une faute. Ma promesse n’est pas une excuse ou un dédommagement quelconque. J’ai ressenti tout d’un coup une sorte de bien-être, comme une enveloppe d’amour, comme si « on m’autorisait ». À quoi ? À vivre. À aimer. Et j’ai choisi de prendre fermement cette autorisation et même d’y voir une bénédiction !

Aujourd’hui, oui aujourd’hui, ma vie va changer…

 

25 février

 

Ce soir, nous partons Manon et moi : quatre jours en amoureux. Cela nous fera du bien.

 

2 mars

 

J’ai dit adieu à Nestor. Il ne me manquera pas. J’admets par contre qu’il a effectué du bon boulot ! Je me sens divinement bien : est-ce le changement d’air de nos vacances ou la présence de Manon à mes côtés, je ne sais… Pour la première fois, j’ai dépassé le cap des trente jours. J’ai eu une pensée de tendresse envers ma bessonne, comme j’ai décidé de continuer à l’appeler. Cet ancien mot à la George Sand est comme un fil d’or entre nous, à travers le temps. Aujourd’hui, j’ai ressuscité des mots et mis mon âme en paix…

 

 

PS : Ce texte comprend 22 mots supprimés par l'Académie Française. À vous de les retrouver, si le cœur vous en dit. Pour vous aider en voici la liste : ICI

 

* « L’expression « Il reste » : Reste, sans doute considéré comme impersonnel est parfois laissé au singulier et ne constitue pas de faute, bien que le pluriel est plus courant.  En ancien français, « il » impersonnel reste souvent non exprimé. » (Grévisse – Le Bon Usage).

 

17:00 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

09 mars 2015

Sur le rebord de la cheminée

couple, ancètre, objet inanimé

By Christian Schloe

 

Elle nous avait déposés, là, tendrement, nous semble-t-il, sur le rebord de la cheminée. Nous n’étions pas visibles. Pas cachés non plus. Pour nous, c’était la preuve qu’elle nous accordait une certaine importance dans sa vie. Elle nous avait mis dans un beau cadre. Même qu’elle l’avait acheté exprès. Peu de temps après, un autre cadre était venu nous rejoindre. Un couple, également. Nous les connaissons, naturellement. Nous savons tout d’elle. Par contre, nous ne savons pas si elle les avait déposés à nos côtés pour que nous soyons moins seuls ou si c’était pour elle, se sentir entourée.

 

D’où nous sommes, nous voyons tout. Nous entendons tout. La maison respire et il nous semble que nous en sommes le cœur. Parfois, nous avons la vague à l’âme, expression si jolie et si douloureuse. Suffit d’un coup de swiffer, le plumeau magique, pour nous dégriser. Nous revenons à la vie. Pourtant, de plus en plus souvent le geste demeure distrait. Comme s’il n’existait que pour enlever la poussière et non, pour nous laisser en état de priorité. En état impeccable. D’une vie au présent.

 

Il faut l’accepter : nous sommes délaissés, nous, qui d’heure en heure, veillons. Nous sommes si heureux lorsque nous l’écoutons chantonner même si le rythme n’y est pas toujours, heureux lorsque les bouchons de champagne montent au plafond et que dégoulinent de fines bulles dorées le long des flûtes, nous tremblons d’impuissance face aux colères et avons l’âme déchirée devant de longs sanglots. Nous n’avons jamais été aussi vivants que, là, dans ce coin obscur de la cheminée…

 

Nous n’avons que les murmures du cœur pour nous faire entendre, et ils sont si doux, si précieux qu’ils ne peuvent être compris que par une oreille attentive, un cœur à l’écoute... Oui, parfois, nous avons l’impression de ne plus exister. Elle ne nous regarde plus. Elle nous a balayé de son quotidien, trop soucieuse du futur, à peine du présent qui file sans scrupule. Et pourtant, oui, pourtant, sa vie est notre chef d’œuvre en quelque sorte. Un jour, elle aussi, disparaîtra de ce monde réel. Et nous serons probablement enlevés pour un ailleurs, pour un oubli éternel. Il faut avouer que nous n’avons pas été présentés aux jeunes. Ces ados de la maison qui passent, nez en l’air, sans un regard, qui ne pourraient dire qui nous sommes, alors que le même sang coule dans leurs veines. Nous serions bannis qu’ils ne remarqueraient rien ! C’est l’apanage de la jeunesse : ne s’inquiéter de rien. De ce qui vit avant eux, de ce qui vivra après eux.

 

Oui, elle nous a oubliés. Ne nous voit plus. Ne nous parle plus. Nous sommes transparents. Et pourtant, nous sommes bel et bien présents. Dans ce beau cadre et partout à la fois. Nous, ses arrière-arrière-grands-parents, veillons. Que nous soyons dans un coin sombre ou non, n’y changera rien. Et puis, qui sait ? Un jour, peut-être, nous rejoindra-t-elle, sur le rebord d’une cheminée…

 

22:50 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

02 mars 2015

Rendez-vous

Comme chaque année, je me rends au même rendez-vous. Pas question d’oublier ! Ni de le rater. C’est devenu un rituel. Pourtant, cette fois-ci, le rendez-vous a été reporté au lundi. Question de facilité. De gestion d’agenda. Il faut dire aussi que c’est le dernier jour. La chance ultime de s’y rendre. Et je me demande avec du recul, au vu de cette excellente journée, si ce n’est pas le meilleur jour finalement ? Je risque de récidiver…

 

Vous avez deviné, n’est-ce pas ? Et puis on en a assez parlé au journal… C’est aujourd’hui le dernier jour de la foire aux livres de Bruxelles. Un bon bain dans la littérature, la culture, l’imaginaire et surtout, une foule de passionnés de lecture !

 

Cette année, point de romans : j’en ai encore une flopée en attente de lecture sur ma liseuse. Par contre, le dernier jour est le jour des bonnes affaires : certains stands, afin de ne pas devoir reprendre les invendus, bradent les prix, littéralement, si j’ose dire... J’ai donc pu acquérir « le bon usage » - ultra complet - de Grevisse à moitié prix au lieu de cent euros. Faites votre calcul... J’ai craqué : une pareille édition ne se refuse pas… Par contre, je n’aurai plus d’excuses si je laisse des coquilles dans mes textes. Glups ! Allez hop : au revoir Perfection ! Nul n’est parfait, et c’est heureux, sinon ce serait trop lassant !  

 

Un petit livre rose s’est glissé dans mes mains. En le feuilletant, je suis tombée (par hasard ?) sur la locution « Nulla dies sine linea » soit « pas de jour sans écrire une ligne ». J’avais justement écrit cette phrase dans mon journal d’écriture où je note ce qui me passe par la tête : des mots, des morceaux de phrases, des idées, parfois des gribouillis même si je n’ai aucun talent pour le dessin. Toujours est-il que j’ai décidé d’y voir un signe. (On ne se refait pas !).

 

Et puis, chez Grasset, j’ai déniché le livre qui restait dans le coin de la tête en espérant le commander dès qu’il serait disponible. Il s’agit du livre de Marceline Loridan-Ivens, « Et tu n’es pas revenu ». J’ai eu un coup de cœur pour l’auteure suite à une interview. ICI. Une sacrée personnalité ! Respect pour cette femme ! Envie de découvrir son histoire d’amour et de courage pour la vie… Je me réjouis de baigner dans le silence et de plonger dans son récit…

 

Ensuite, un livre que je réserve à ma coauteure Anaïs Valente, toujours en centre de rééducation. Elle progresse de jour en jour… Elle adore ses chats. Elle aime comme moi l’art-thérapie. Lorsque j’ai vu ce livre, j’ai pensé à elle, immédiatement. Encore un signe ? Oui !

 

Et le dernier : « L’agenda du reste de ma vie ». J’ai trouvé le titre amusant, parce qu’il me renvoie à moi-même. À tout ce que je veux encore faire. Vivre. Apprendre et… le temps qui passe. Je l’ai également feuilleté, délicatement comme tous les livres. Car ils sont fragiles et robustes en même temps. Ils s’adaptent tout simplement à leur lecteur. Le saviez-vous ? Ils sont magiques les livres, ils vous connaissent parfois mieux que vous. Ils s’adaptent. Les pages s’effeuillent à votre rythme.  Ils sont votre reflet et parfois pas celui que vous désireriez… Dans ce livre, j’ai découvert une analogie avec le Petit Prince de Saint Exupéry. Des phrases piquées au hasard qui me faisaient un pied de nez. Décidément !

 

Une journée pleine de pépites en compagnie d’une amie très chère. Une journée placée sous le soleil – on a même pu éviter notre drache nationale et déguster un cupcake devant un bon café serré - juste le temps de souffler et de reposer nos épaules du poids des livres… (Merci Grevisse !).

 

Chaque année, c’est pareil. On achète, on découvre nos livres mutuellement, on demande l’avis de l’autre, on partage nos coups de cœur, entre rires, taquineries et discussions pseudo-sérieuses. Un moment entre amies. Une journée comme je les aime. Bon. Et maintenant ? C’est quand qu’on va à Redu ? ;-)

 

foire, livres, grevisse,

20:57 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

19 décembre 2014

Le silence est l'âme des choses - Fantaisie

 

âme, silence, bruit, sérénité

 

 

Petite invitation en attendant les fêtes de fin d’année, juste pour s’amuser et tromper le temps gris et maussade. Où sont donc le ciel bleu et le givre ? Où est donc passée la froide couverture blanche du Père Noël ? Le jour ferme vite son rideau de lumière, quelques bougies, des oranges à la cannelle et clous de girofle, une bonne flambée et un sapin de Noël suffisent à se plonger dans l’esprit de Noël, même si cette fin d’année est chaotique et noire dans les actualités...

 

Ainsi, par curiosité, pour m’amuser, j'ai joué au "proverbe au hasard" et sans réfléchir, ai laissé le stylo gambader sur le papier. Je trouve les mots plus « beaux » écrits dans mon journal d’écriture… Par contre, ils s’engouffrent plus rapidement au travers du clavier. Voici, ci-dessous, ce que cela donne pour le proverbe français trouvé.  

 

Le silence est l’âme des choses

 

L'âme triste, il ouvrit les portes de son savoir pour se glisser dans les effluves de sa conscience tourmentée. Comme il était heureux, cet homme perdu dans les méandres de son esprit à la poursuite d’une vertu intrinsèque oubliée.

Du bout des doigts, ne désirait-il pas toucher l’âme des choses ? Découvrirait-il un jour ce secret enfui dans un ailleurs ? À moins qu’elle ne se cache quelque part en lui ? Il en était peu convaincu et pourtant, il savait que s’il gardait la foi en lui, quelque chose de merveilleux se dévoilerait. Un jour. Ou une nuit. C’était imperceptible mais au fond de lui, il savait. Tout était question de temps. Et de paix. Mais tout restait au bord de sa conscience, à peine éveillée…

Il lui faudrait d’abord apprivoiser la sérénité car murmuraient les soupirs, perdus dans la cacophonie du quotidien.  Un jour viendrait où il goûterait le silence… car ne dit-on pas que le silence est l'âme des choses ?

 

Et vous ? Qu'est-ce que cela donne ? 

 

17:30 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

03 novembre 2010

Un nouveau livre : "Nous sommes tous des rêvéalistes"

Une bonne nouvelle à partager : mon troisième livre sera édité par les Éditions du Dauphin, Paris en 2011. Le titre est d’ors et déjà réservé. Il s’agit de « Nous sommes tous des rêvéalistes©, seulement nous l’ignorons ».


Pour la petite histoire, l’idée de ce livre m’est venue une nuit de janvier. La nuit entre le 23 et 24 janvier 2010 plus exactement… Une véritable insomnie littéraire ! Evidemment les jours suivants ont été empreints d’une excitation sans mesure, partagée dès le lendemain avec certains proches qui se reconnaîtront : Evelyne, Véronique, Pierre et même, ce qui n’était pas prévu, le directeur de formation de chez Vinçotte avec qui j’avais rendez-vous : il fallait bien lui expliquer mon enthousiasme débordant !


En attendant, la patience est de rigueur : reste à peaufiner le bébé ! Mais chaque chose en son temps, cette fin d’année sera consacrée à la famille : un peu de cocooning ne fait pas de tort !


Et pour finir, je vous remercie tous pour votre soutien ! Il m'est très précieux.
Je vous embrasse.

18:46 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

06 mai 2009

Peindre la vie en rose : c'est bien. Faut-il encore trouver de la peinture que ne s'écaille pas...

« Peindre la vie en rose : c’est bien. Faut-il encore trouver de la peinture qui ne s’écaille pas. » Voilà la réflexion qu’elle s’était dite en coupant la conversation et en reposant le combiné sur son socle.

Les choses ne changeaient donc jamais ?

 

Un jour, il y a quelques mois, presque une année à vrai dire, elle avait pris son courage à deux mains. Faisant fi de ses torts, de ses rancoeurs, elle avait renoué. Avec sa sœur.

Après dix ans d’absence, les deux sœurs s’étaient retrouvées, presque par hasard. Elle, Juliette, la cadette, avait appris l’opération importante que sa sœur avait subi : un bras en moins. Cela changeait une vie. Elle l’avait appris par une indiscrétion. Pourtant, aujourd’hui, après avoir raccroché, elle se demandait si réellement c’était une bonne chose de s’être rabibochées…

 

Les retrouvailles avaient été houleuses au début pour que finalement elles se retrouvent dans les bras l’une de l’autre. Prévisible. « Tout était bien qui finissait bien » comme disait la chanson. Sauf qu’elle ne disposait pas de la partition. Grossière erreur !

 

Les choses avaient changé. Dans les premiers temps. Chacune ayant décidé de mettre un voile sur le passé. Sage décision. Une trêve. Courte. De quelques mois seulement. C’était déjà ça. Elle aurait dû s’en douter. Elle aurait dû savoir. Mais, non, elle avait fait à nouveau confiance. Elle avait foncé tête baissée. En plein de dedans ! Et, voilà : retour en arrière. Mauvais film. « Chassez le naturel, il revient au galop » Tant des proverbes et de phrases toutes faites lui revenaient en mémoire. Sa préférée aussi : « Pour vivre heureux, vivons cachés » ou encore « les amis, on les choisit. La famille, on la subit ».

 

Vraiment, elle se disait : rien n’avait changé. Elle voulait vivre le présent et le futur. Sa sœur la tirait dans le passé, à ressasser encore et encore les mêmes choses. Et hélas, pas des plus agréables !

 

Sa frustration s’arrêta. D’un coup. Lorsqu’elle décida, que non décidemment non, elle n’avait plus envie de jouer au jeu de la victime et du persécuteur. Il fallait être deux à ce jeu-là et c’était décidé, elle rangeait le jeu à la seule place qui en vaille la peine : en dehors de sa vie. Elle repensa à sa maxime vraiment, vraiment favorite : « Le soleil se cache toujours derrière les nuages » : à elle de souffler dessus et basta…

Et, elle décida que sa vie, oui, sa vie serait peinte en rose tout à son envie d’aller de l’avant, de faire front à ce qui la tirait en arrière. Oui, une peinture faite maison, purement bio, artisanale, de bonne qualité quoi…Sa peinture, unique et terriblement résistante aux orages de la vie…

 

coeur en rose

 

22:59 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vie en rose, peindre | | |  Facebook | | | | Pin it! |

16 décembre 2008

L'envol

 
« Je fais de la libre écriture,
 
Mes mots s'envolent de mon imaginaire... »
 
 

folon livre

 

20:53 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

05 juillet 2008

Solitude (TRACE)

SOLITUDE,
À la très bonne initiative de TRACE, j'ai pris la main de Eipho
 
À QUI LE TOUR ? Et bien à Zabot suivi de Tyrane
 
 
Seul
Ombre
Lointain
Inconsolable
Triste
Un
Désespoir
Espoir

etrange printemps

 

18:00 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (8) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

14 mai 2008

Mon dieu ! Il est arrivé !

Qui ? Ben, le fameux livre d'Anaïs Valente !

Comment vous ne savez pas ? Mais si voyons ! c'est la "Céib'atitudes des paresseuses" !  Et bien moi, cette après-midi, j'aurais le plaisir de le découvrir (Chic, il arrivé chez « Agora » à Namur !!!) car bientôt, ma fille a « opération Anais » après la sortie d'école ! Faudra que je fasse attention, elle risque de me le "piquer" et nan, nan, nan, c'est moi la première !

Dépéchez-vous tant qu'il y a du stock ! Qu'on se le dise !

À déguster au soleil, avec un bon jus de tomate (avec du citron svp, et du tabasco, et du sel et poivre, et des glaçons et une paille, ni plus ni moins... !) Ah la belle vie !

11:55 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

01 mai 2008

Extrait

 «Tant que le vent chante mon amour

Des jours et des nuits

Reste* nos espoirs infinis

Ma chère amante, nous toujours » 

 

Rachel Colas
 
 
Extrait de ma nouvelle "La chambre tranquille"

 

 

*Reste - Exception : pas d'accord car élision du "il" : en anc. fr., le pronom impersonnel il restait souvent inexprimé de là l’impression d’une discordance entre un verbe au singulier et le sujet logique (seul exprimé) au pluriel. (Grévisse)

22:26 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

12 avril 2008

Conséquences de nos pensées

Surveillons nos pensées
car elles deviennent nos paroles... 
 
Surveillons nos paroles
car elles deviennent nos actions...
 
Surveillons nos actions
car elle deviennent nos habitudes... 
 
Surveillons nos habitudes
car elles deviennent notre personnalité... 
 
Surveillons notre personnalité
car elle détermine notre destinée... 
 
Donc notre destinée dépend de nos penséesfleursOiseau  

 

Daniel Sévigny, extrait de son livre « Pensez, Gérez, Gagnez »  

 

 

23:24 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pensee, sevigny, gestion de la pensee | | |  Facebook | | | | Pin it! |

03 mars 2008

Merci !

Il est à peine créé de quelques heures qu'il reçoit déjà des commentaires des plus encourageants ! Merci beaucoup !

Et puisque c'est comme ça : une deuxième nouvelle : Lettres de nulle part...

Bonne lecture, 

 

 

13:16 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

02 mars 2008

Bienvenue chez moi !

Et voilà, plaisir d'écrire vient de voir le jour...

Je le destine à mes écrits, mes humeurs, mes émotions, des mots qui passent et qui viennent, s'en vont. Ailleurs pour revenir transformés ou à jamais oubliés...

 

La nouvelle "Un jour de chance" a été sélectionnée en outsider par "Femmes d'aujourd'hui". Vous ne verrez plus de la même manière un accident de voiture... Et que dire des voyantes ? Hasard ? Destin ? Coïncidence ? À vous de vous forger une opinion...

 

Cette nouvelle fait partie d'un recueil ayant pour thème commun le changement de vie. Qu’il soit provoqué par une personne, un objet, une phrase, un regard, ...  (Lire aussi "Lettres de nulles part")

 

Mon tapuscrit* est dans les mains des maisons d'édition (croisons les doigts !) 

En attendant pour vous « mettre l’eau à la bouche » que pensez-vous d’un homme mort par trois fois ? De lettres étranges venant de nulle part ? D’une comptine d’enfant envoûtante au point de devenir le squelette d’une vie ?  Et de l’assassin commettant le crime parfait... sur lui-même sans le savoir ? 

À paraître...

 

Un deuxième recueil est en cours d'élaboration. Thème principal : les chambres. (Lire la chambre 5 : A.I.M.E.R.). À suivre.

 

*Tapuscrit (chez certains : tapuscript) est un écrit tapé au clavier.

17:43 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (9) | | |  Facebook | | | | Pin it! |