02 juillet 2015

J'écris donc je suis

écriture, être écrivain, devenir, passion

 

  

 

Est-ce que tout le monde peut écrire ? Oui.

Est-ce que tout le monde a quelque chose à raconter ? Oui.

Cela dit. Comment procéder ? Pourquoi ? Qu’est-ce que cela apporte ? D’où vient l’inspiration ? Sommes-nous ce que nous écrivons ? Et surtout qui se cache derrière les écrits ?

C’est la réflexion d’un ami sur Facebook qui m’a donné l’envie d’écrire ceci. Je l’en remercie : il se reconnaîtra.

 

Cet article a le but de lever le voile sur ce qu’est un écrivain ou tout du moins une petite partie. Point de mystère, une écrivain est une personne comme les autres… ou presque. Naturellement, je ne suis pas la science infuse et c’est tant mieux : il me reste la curiosité de l’impalpable ! Ce n’est que mon humble expérience et si cela peut aider certains d’entre vous, j’en serai extrêmement heureuse !

 

Par quoi commencer ? C’est simple, il faut écrire le premier mot, ensuite la première phrase et le reste devrait couler de source…  

 

D’où vient l’inspiration ? De partout ! Pour moi, de préférence visuelle, par des images et aussi par la musique. La musique est extrêmement inspirante, un mot, un son, une intonation et tout s’emballe ! Pour réussir le défi du Nanowrimo, j’ai composé une playlist que j’ai écoutée en replay un mois durant… Elle me sort littéralement des oreilles ! Et si je réécoute un des morceaux, je suis immédiatement replongée à ce moment de création intense. J’ai fait ce que l’on appelle un « ancrage ». En ce moment, c’est Cabrel qui m’accompagne et qui dirige de sa voix grave la rythmique de mon clavier… Chacun son truc : déterminez le vôtre !

 

Quand écrire ?

N’importe quand. Le jour et même souvent la nuit ! Pas de chance pour l’être aimé à mes côtés qui est invariablement dérangé par mes allées venues !

 

Une idée arrive ? Je l’accueille avec respect et réjouissance ! Tellement de choses à inventer avec une « simple petite » idée ! Que devient-elle ? Soit je la garde précieusement dans un coin de ma tête pour plus tard, soit j'envisage sa réalité dans mon esprit. Si une image ne se forme par directement, comme une sorte de « vision », vous pouvez poser les questions traditionnelles du « qui », « que », « quoi », « comment », « quelles conséquences », etc. et pourquoi pas en prendre des notes, faire des schémas ?

Pour un roman, j’ai trouvé pour chaque personnage une photo, écrit le descriptif de leur caractère et créé une ligne du temps. Sans oublier de prendre note de toutes leurs caractéristiques qui se profilent au fil de l’histoire : il faut savoir que les personnages peuvent être hors contrôle de l’auteur… De la vigilance et beaucoup d’empathie pour eux ! (Parfois, ils n'en font qu'à leur tête !).

 

Comment arrivent les idées ?

Souvent les idées me viennent sous forme d’images, ou de film comme un court métrage et principalement en fin de soirée. Les idées fusionnent également lorsque je suis en voiture – et donc, je dois produire un effort de concentration et de mémorisation car les idées filent comme elles sont venues : en catimini !

Beaucoup plus aisé pour moi lorsqu’elles arrivent la nuit : au moins je peux me relever et noter des bribes voire même écrire l’entièreté du texte ! Pour le texte « Poudre aux yeux », en demi-sommeil, « entre deux eaux », j’ai assisté à la projection des publicités. Il ne me restait plus « qu’à » écrire le lendemain…

 

Écrire à la main ou dactylographier ? Au choix. Mes meilleurs textes, du moins, mes préférés, sont ceux écrits à la main. Cependant, je préfère mon clavier aux touches à moitié effacées ! C’est nettement plus rapide : les mots défilent à une vitesse hallucinante ! Cela engendre une sorte de tempo hypnotique qui rythme le corps du texte en accompagnement du fond sonore de la musique écoutée. À être plongé dans l’histoire, la musique n’est plus qu’un bruit de fond dont émergent certains mots. Souvent, ces mots reviennent à la pleine conscience et sont entendus à certains moments précis. Cela rebooste l’écriture, lui redonne un élan.

 

Comment je me sens lorsque j'écris ?

Merveilleusement bien !

C’est « littéralement » un orgasme littéraire ! Une formule redondante, certes, mais je n’ai pas d’autres mots pour expliquer ce sentiment ! En ce qui me concerne, cela équivaut à vivre dans un autre temps, un autre lieu, une autre dimension. C’est tout simplement exister dans la vie de quelqu’un que je crée, qui n’existe pas et qui finit par réellement vivre dans mon esprit, dans mon âme et même à y laisser une trace physique en moi ! À se demander si ce personnage ne finit pas par exister quelque part… Voyez… déjà mon imagination s’enflamme à cette idée d’un être existant grâce à moi et peut-être, malgré moi…

L’imagination est libre. Sans bride. Elle est inépuisable !

 

Une évidence, un besoin : vivre dans l’histoire que j’invente ! En écrivant, je VOIS ce qu’il se passe autour du personnage, je RESSENS ce qu’il vit. Si son cœur bat plus fort, je le ressens physiquement, mon propre cœur bat plus vite ! Je ressens toutes ses émotions les plus intimes sans frontière ! C’est assez impressionnant et je ne m’en lasse pas !

 

Écrire pour moi, c’est être la main qui court sur le clavier, le personnage qui vit et ressent ses émotions et également, cerise sur le gâteau, le lecteur ! Trois en un !

Oui parfois, souvent, j’écris sans connaitre la fin de l’histoire… Je la découvre en même temps que j’écris ! Je suis lectrice, impatiente de connaître la fin !

Je suis en réalité au même moment trois personnes différentes ! Je ne peux définir cet état, je dirais simplement qu’il est extatique… C’est de l’endomorphine en concentré !

J’appelle cet état mon écriture « semi-automatique » car je suis consciente du présent et qu’il m’est possible de sortir de cet état si quelqu’un ou quelque chose m’interrompt dans mon travail. J’ai appris au fil des années à « bloquer » l’inspiration le temps de répondre à l’intervention extérieure et la reprendre sans en perdre le fil. Cette technique, je l’ai acquise lors de ma formation en PNL à Paris. (Programmation NeuroLinguistique).

 

La seule contrariété est d’abandonner un texte en cours d’écriture – même le temps de dîner – le besoin ardent de coucher les mots sur papier est tellement substantiel que c’en est parfois un déchirement de devoir s’interrompre… mais il faut bien vivre ! C’est comme si l’histoire décidait de s’octroyer des temps de pause…

 

Est-ce qu’un écrivain exprime ce qu’il ressent ?

Oui et non.

En écrivant, je fais appel à des émotions connues et vécues : la joie, la colère, la tristesse, la sérénité, le bonheur, la nostalgie, etc. Cela aide à décrire l’émotion du personnage, de la ressentir et de prévoir la réaction de celui-ci.

 

Mais et c’est un grand « mais » ! Un exemple : ce n’est pas parce que je parle de « regrets » que j’en ressens ! Si un poème nostalgique est écrit en quelques minutes au bord de ma table de cuisine, cela ne veut pas dire obligatoirement que je suis triste ! Si je parle d’un homme, ce n’est pas pour autant que je pense à quelqu’un d’autre que mon mari ! Ce n’est pas parce que j’écris en tant que meurtrière que j’ai commis un meurtre ! Bref, vous avez compris ! Ce que j’écris n’est PAS la réalité sauf si c'est explicite comme maintenant !

 

Ce n’est pas pour rien que la formule consacrée « Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence » se trouve en première page de nombreux romans… Heureusement, imaginez la vie de Stephen King ! Il faut dire que cela s’appelle de la « fiction » !

 

Donc, j’IMAGINE et je VIS ce que le personnage ressent. Je peux également ressentir des émotions inconnues car je les INVENTE ! C’est en sorte une projection. C’est là la puissance de la transposition des mots sur un monde irréel qui devient viable car j'y dépose des sentiments, des ressentis…

 

Ce que je ressens lorsque le texte est terminé ? Un soulagement. Écrire procure tellement de bien-être que terminer un texte peut être vécu comme une sorte de déchirement mélangé à de la joie. Étant maman, je peux me permettre d’y voir une analogie avec un accouchement en bien moins douloureux physiquement parlant (Heureusement d’ailleurs sinon peu de personne écrirait !). C’est toujours un réel plaisir, une fierté teintée de nostalgie, d’écrire le mot « FIN » en tout cas pour un roman ou un livre.

 

D’ailleurs ce mot, je ne l’écris jamais à la va-vite. J’y mets un certain cérémonial : je prends le temps, je l’inscris en gras, en lettre majuscule et je contemple ce mot quelques minutes avant la sauvegarde vitale du texte.

 

Faut-il écrire tous les jours ?

Certains disent qu’il faut une discipline et je pense que oui. Pour ma part, ayant un job autre que l’écriture, je ne peux m’y consacrer la journée par contre, les idées viennent n’importe quand : elles sont reléguées dans mon esprit ou notées lorsque c’est possible. Je les note dans mon cahier que je trimballe partout et les reprends lorsque je rentre… Naturellement, je privilégie la soirée – parfois la nuit – et le weekend. Et cela dépend de l’inspiration. J’ai aussi la chance d’écrire vite : parfois des textes à mettre en musique en dix minutes, une courte nouvelle en une demi-heure. Qu’importe, les mots sont déposés, je peux passer à autre chose, une autre nouvelle, une autre idée…

 

La reconnaissance ?

La reconnaissance est importante. Un texte ne vaut rien s’il n’est pas lu. L’écrivain existe parce que les lecteurs sont là. Sans les lecteurs, nous ne sommes rien. L’important est de figer un instant, d’y mettre des mots, des envies, des souhaits, des peurs, des joies, de la colère qu’importe, écrire est vital. Ecrire, c’est crier en silence entre les lignes. Aux lecteurs de découvrir, des comprendre les messages… Et puis, les idées voyagent, façonnent les êtres.

 

Voilà, pour moi, c’est ça écrire…

 

18:11 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

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