13 juin 2015

L'amant sanguinaire

sang, amant, rouge,

 

 

J’avais mal dormi ! Je m’étais éveillée le visage chiffonné. Il m’avait fallu une douche, et deux cafés pour obtenir une tête plus ou moins présentable ! Et encore : merci rimmel et touche blush « bonne mine » !

 

Avant de partir au travail, je me suis promis : « ce soir, je me couche tôt ! ».

 

 

 

C’est ce que j’ai fait ! Fatiguée comme j’étais, la tête à peine posée sur l’oreiller, j’ai sombré comme une bienheureuse au pays des rêves !

 

Et puis, au milieu de la nuit, quelque chose – un bruit ? – m’a réveillée. J’ai senti une présence. Cette présence insolite emplissait toute la pièce. Je n’étais plus seule ! J’aurais pu hurler mais la peur me tenaillait et m’exhortait au silence. Me faire petite, toute petite : « il » finirait par partir !

 

Je ne sais plus combien de temps, je suis restée cachée en dessous des couvertures, sans oser bouger. J’ai dû m’assoupir sans m’en rendre compte…

 

 

Le lendemain, j’ai eu peine à me reconnaître : un de mes yeux était à moitié clos et boursouflé ! J’étais tout bonnement horrible ! Une publicité vivante pour femme battue ! Qu’allaient penser mes collègues ? Même ma trousse de maquillage n’a pas pu accomplir des miracles… J’ai seulement pu limiter les dégâts et encore, ce n’était pas probant. Bref : j’avais une sale tête !

  

J’étais lessivée et à cran. J’aspirais à une bonne nuit de sommeil. Huit heures de sommeil au minimum pour être performante, sinon, je suis infernale !

 

Devant ma sale tête, une collègue compatissante m’a raconté son rituel du soir : prendre une tisane de tilleul ou manger une pomme. C’était paraît-il efficace. J’ai tenté la tisane. Avec du miel. Et un chouïa de rhum : mettre toutes les chances de mon côté !

 

Je me suis mise au lit, pleine d’espoir. Naïve, que j’étais ! Au milieu de la nuit, je l’ai entendu ! Et même senti ! Il osait frôler mon visage ! Il me semble que l’épouvante m’a catapultée dans un sommeil forcé : je me suis évanouie. Du moins, c’est ce que j’imagine. Je ne me souviens de rien d’autre. Juste de l’effleurement…

 

 

 

Le lendemain, je me suis levée, pâle, bien plus que d’habitude et surtout, avec des cernes qui me bouffaient littéralement le visage. L’anticerne ne serait pas suffisant !

 

Et puis, je l’ai vu. Tranquille. Immobile. Là, à m’observer.

 

Je me suis approchée doucement, le cœur battant. J’ai tapé de toutes mes forces sur lui !

 

Une tache de sang est restée figée sur le mur couleur coquille d’œuf ! Je l’avais anéanti !

 

Il n’y a rien à dire : je hais les moustiques !

 

 

14:00 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

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