31 mai 2015

Traces

 

 

 

trace, ame, couleur, astral, mission, vieAstral Double" by Eugenia Loli.

 

 

 

 

« Aux alentours de 1h10 dans la nuit de mercredi à jeudi, une voiture s’est retrouvée sur le toit à Eaurges. Pour une raison encore indéterminée, le conducteur a perdu le contrôle de son véhicule sur une petite route sinueuse traversant le lieudit Morte-Vigne. Il est alors sorti de la route avant de partir en tonneau.

 

À l’arrivée des secours, le conducteur âgé de 35 ans, Jean-François Chanut était en arrêt cardio-respiratoire. L’intervention rapide du SAMU et des sapeurs-pompiers a néanmoins permis de réanimer son épouse enceinte de six mois. Son état jugé grave a toutefois nécessité un transport en hélicoptère jusqu’à l’hôpital de Pontoux. Les secouristes sur place n’ont pas souhaité se prononcer sur son pronostic vital avant des examens plus poussés ne soient réalisés ».

 

Elle se tenait immobile dans son lit. Elle entendait ce qui se passait autour d’elle, mais elle refusait pertinemment d’ouvrir les yeux. Elle était convaincue que si elle les maintenait fermés jusqu’à la fin de ses jours, elle aurait la possibilité de retourner en arrière, quelques heures, quelques minutes, juste avant de prendre cette route qui lui avait ravi les seuls êtres qui lui importaient : son mari et leur enfant. Un enfant à l’abri du monde dans son ventre. Un enfant qu’elle n’avait jamais réellement vu, jamais vraiment bercé... Et aujourd’hui, tant de choses qu’elle ne connaîtrait jamais… Oui, se garder d’assister à cette pièce de théâtre qu’ils avaient tous les deux attendue avec tellement d’impatience ! Naïvement heureux de rejoindre l’impensable : la mort. La fin d’un amour, la fin de l’espérance.

 

Son mutisme la protégeait de l’extérieur, refusant même de tenir compte du va-et-vient incessant des infirmières faussement joyeuses. Elle préférait fermer les yeux et se réfugier dans le silence ainsi pouvait-elle s’imaginer être avec eux… Ne jamais toucher du doigt cette réalité maudite qui la laissait apeurée sans envie de vivre, vide, dépouillée de l’essentiel.

 

Et puis surtout, il y avait ce qu’il s’était passé, là-bas. Ailleurs ou ici, elle ne savait pas trop. Elle devait réfléchir, c’était la seule pensée qu’elle s’autorisait parce qu’elle y retrouvait son amour et son petit Mathys aussi… C’était un fait : elle se réfugiait dans le silence, car si les mots franchissaient ses lèvres, elle risquait l’enfermement : certains préfèrent nier l’inenvisageable, probablement par peur de perdre leurs repères ou pire leurs convictions…

 

Son mutisme lui avait appris une chose : elle n’était pas cinglée ! C’était là déjà un bon point ! Elle n’était pas folle et malheureusement pour elle, elle vivait. C’était un fait, elle n’y pouvait rien. Aussi, elle ne pouvait décemment oublier sa promesse. Elle vivrait donc même si elle devait prendre sa vie en patience. Exister. C’était ainsi, elle n’avait pas le choix : elle avait promis. En attendant, elle s’isolait dans le silence pour repasser à l’envi leurs adieux. Elle en avait gardé une anamnèse intacte. Oui, elle se remémorait cet endroit étrange d’une blancheur immaculée. Un effort de concentration lui avait rappelé la couleur transparente aux reflets nacrés de l’espace-temps. Les mots étaient imprécis, ils n’existaient pas pour dépeindre ce qu’elle avait vu, ressenti peut-être même imaginé... Un lieu innommable simplement. L’endroit changeait de dimension selon sa pensée, devenant tout simplement parfait. Ce qu’elle gardait le plus enfoui en elle, restait somme toute cette merveilleuse douceur qui l’enveloppait de partout à la fois. Elle s’était sentie heureuse comme jamais elle ne l’avait éprouvé. Elle aurait pu rester des siècles immergée dans cette béatitude ! Et même jusqu’à sa mort ! Et c’était bien là le problème, car elle l’était, morte !

 

Plus aucun doute possible : elle avait assisté à tout. Avec détachement. Comme si ce qu’elle voyait n’était pas son propre corps, malmené, que l’on tentait idiotement de ramener à la vie… Oui, elle observait imperturbable son corps charcuté par les tentatives vaines des êtres humains même lorsqu’on lui avait arraché son enfant sans vie de son ventre. Il ne pousserait jamais son premier cri. C’est à ce moment-là qu’elle avait entendu une pensée plus forte que les autres dans sa tête. Une conscience qui se voulait et était rassurante. Une présence qui lui ordonnait avec beaucoup d’amour de quitter les lieux : son heure n’était pas encore venue. Elle les retrouverait un jour, mais pas maintenant. Elle était choisie pour cette mission et elle devait vivre pour l’accomplir. Pour elle aussi. Elle n’avait pas résisté et elle n’aurait pas pu. Elle avait jeté un dernier regard en arrière et l’avait vu, lui, qui lui faisait signe au revoir avec leur enfant dans les bras. Il souriait. Il avait confiance en elle. Elle réussirait et ils se retrouveraient. Et puis. Et puis, elle était revenue dans son corps. La douleur l’avait accueillie : elle vivait. Elle était en vie et elle avait promis.

 

La première fois que cela se passa, ce fut sur un coup de colère. Elle avait ouvert les yeux. Elle acceptait de parler, par monosyllabe. Qu’aurait-elle pu dire ? Rien ne lui paraissait essentiel. Tout était insignifiance. L’infirmière lui avait annoncé l’heureuse nouvelle : « le lendemain, elle pourrait rentrer chez elle. Elle y serait beaucoup mieux ! ». Sa gentillesse dégoulinante de fausse gaieté l’avait mis dans une rogne noire. Encore plus, lorsque par bonté - ou pire, par pitié - celle-ci lui avait touché l’épaule dans une geste qui se voulait réconfortant. De rage, elle avait levé les yeux sur celle qui déjà enlevait son plateau-repas à peine entamé et lui avait alors souhaité avec violence qu’elle aille au diable !

 

Avant que l’infirmière bienveillante ne sorte de la chambre, elle avait remarqué le halo blanc qui entourait son corps habillé du tablier blanc traditionnel. Une auréole diffuse transparente, légèrement irisée. Elle aurait presque pu imaginer qu’elle se promenait enveloppée d’un banc de brouillard. Sa colère avait rebondi dessus et lancé un trait noir sur le visage sympathique de la soignante. Celle-ci ne broncha pas néanmoins, comme par magie, cela la rendit muette comme si sa fausse joie s’était soudainement éteinte ! Elle était repartie silencieusement plateau en mains. Ce n’est que plus tard qu’elle se rendit compte qu’elle ne l’avait plus jamais revue… probablement en temps de repos… elle ne s’était pas inquiétée. Aurait-elle dû ?

 

Elle était rentrée chez elle le lendemain. Plus personne pour l’accueillir, pour prendre soin d’elle ou même prendre de ses nouvelles. Elle recommencerait le travail dans une semaine. Elle y retrouverait ses collègues qui ne représentaient pour elle que des hommes et des femmes avec qui elle gagnait sa triste vie. Sans plus. Il lui semblait qu’elle n’avait jamais été aussi seule en ce monde. Elle avait pourtant l’habitude de son statut d’orpheline… À croire que la mort souhaitait lui voler ceux qu’elle aimait par-dessus tout.

 

C’est le matin, après sa douche, qu’elle découvrit. Elle se doutait bien qu’il allait arriver quelque chose. Elle en était fermement persuadée : « la pensée » ne lui avait-elle pas dit qu’elle devait accomplir quelque chose ? C’était probablement ça. Quant à savoir comment réagir et ce qu’on attendait d’elle, c’était là une autre histoire.

 

Elle avait comme d’habitude effacé la buée du miroir avec son sèche-cheveux. Lorsqu’un rond propre et net était apparu, elle avait glissé son regard sur le reflet. Elle n’y était pas préparée, mais ce ne fut pas réellement une surprise : elle aussi avait un halo autour d’elle. Plus épais, lui semblait-il. Par contre, une barre très sombre lui mangeait le visage. Ce n’était pas joli du tout. Elle se concentra sur son corps et retrouva la femme qu’elle était : tout à fait « normale ». Mais si elle se regardait « en dedans elle », elle ne pouvait nier le grand trait noirâtre. Elle soupira. Il semblait que cela résumait sa vie : une longue ligne fuligineuse déchirait son âme.

 

Un bruit inhabituel la sortit de ses réflexions : cela venait du jardin. Elle ouvrit la porte de la cuisine qui menait à la petite terrasse et sans crier gare, comme s’il était invité, un chaton entra. Il se faufila entre ses jambes et s’y frotta. Elle le caressa. Premier contact d’amour qu’elle s’autorisait. Apparemment, il était perdu. À moins qu’il ne l’eût choisie ? Elle lui donna de l’eau fraîche et coupa en morceaux une tranche de jambon. Le soir, l’animal s’endormit sur ses genoux. Son ronronnement l’apaisa et pour la première fois, elle ressentit un fugace sentiment de quiétude l’envahir : elle regarda la petite bête et vit autour de lui se dessiner un halo bleuté de fines poussières d’étoiles dorées. L’étrangeté de ce moment la laissa songeuse et paisible : elle pouvait sentir et mieux encore, visualiser le contentement de ce petit être abandonné. Elle profita longuement de ce moment de sérénité. Et elle se sentait impatiente de découvrir si ce qu’elle pensait était bien réel…

 

C’était évident. Naturellement.

 

Cela changeait tout et cela ne changeait rien. Elle devait prendre une décision. Vérifier avant d’agir. Est-ce que cela se produisait avec tout le monde ? Ou seulement avec des personnes avec qui elle était en relation ? Où était-ce uniquement lorsqu’elle libérait ses émotions ? Et si tout cela était vrai, comment devait-elle agir ? Qu’elle était le but de toute cette histoire ?

 

Le soir, elle s’était déshabillée. Nue, elle avait à nouveau vu cette vilaine marque noire lui barrer le visage, mais sur son ventre, là, où se trouvait le chaton, des petites étoiles étaient dessinées en une forme qui symbolisait un cœur. Du moins, à ses yeux ! C’était joli. Sauf cette horrible trace. Pouvait-elle la faire disparaître ?

 

Le lendemain, elle décida d’aller de l’avant. Elle était plutôt du genre pragmatique : elle détermina un champ d’action. Il lui faudrait aussi prendre des notes. Qu’importe pourvu qu’elle bouge ! Cela avait au moins le mérite de la rassurer. La première expérience débuta dans le métro. Elle observait autour d’elle tous ces visages anonymes, certains fatigués en ce tôt matin, d’autres les yeux dans le vide, ou encore, figés sur l’écran de leur Smartphone en liaison hypothétique avec le monde virtuel. Elle avait beau regarder, elle ne découvrait point de rayonnement astral. Tout paraissait normal. Elle douta. Devenait-elle folle ?

 

Elle toucha une femme près d’elle discrètement. Elle lui effleura la main en faisant mine de se raccrocher à la barre centrale pour assurer sa posture. Elle en fut pour ses frais. Rien. Point de halo, point de couleur. Elle fut déçue. Elle qui était persuadée de détenir un quelconque pouvoir ! Elle qui pensait être pour une fois différente ! Elle n’était qu’une femme comme les autres sauf qu’en plus, elle ne possédait rien, n’était entourée par personne. Cela la fit sourire à l’envers d’avoir « en plus du rien ». Pourtant c’était exactement comme cela qu’elle se sentait : en plus de rien…

 

Arrivée au bureau, elle retrouva docilement sa place et également la pile de dossiers qui avait doublé. Elle éprouva bêtement de la reconnaissance : au moins aurait-elle de quoi se vider l’esprit. Du moins de son essentiel à elle. Elle fut étonnée lorsque certains prirent sincèrement de ses nouvelles pourtant n’était-elle pas la collègue secrète qui avait tellement de difficulté à se lier ? Ce n’était pas tant de la timidité, mais une peur viscérale de s’attacher et de perdre l’être aimé. Encore une fois, la vie lui avait prouvé qu’elle avait raison. « S’attacher à quelqu’un, c’était un jour le perdre. C’était souffrir. ». La formule était facile : pour ne pas souffrir, ne pas aimer. Point. Au moins avait-elle compris l’essentiel.

 

Le soir, elle retrouva son chat : lui aussi montrait sa joie de la retrouver. Il le manifesta en miaulant et en réclamant sa pâtée. Elle ne résista pas. Elle s’octroyait le droit de faire une exception…

 

Les étoiles sur son ventre gardaient leur luminosité. C’était magnifique ! Ce petit félin adorait être câliné et elle, cela l’apaisait. Par contre, le trait noir restait identique. Elle soupira. Comment le retirer ?

 

Déjà six mois qu’elle partageait sa vie entre le bureau et son appartement. Hormis son chat, elle n’avait pas d’amis. Rien n’avait changé dans son quotidien sauf le mardi. Le mardi soir, elle se rendait au cours de dessin. Un concours de circonstances : un collègue avait payé les cours de dessin et n’avait pas prévu de recevoir du jour au lendemain, la mutation tant espérée. Elle lui avait confié auparavant son regret de ne pouvoir illustrer ses états d’âme. Il lui avait parlé des cours qu’il projetait de suivre… Il ne l’avait pas oublié et lui avait proposé tout naturellement de reprendre sa réservation. Elle n’avait pas refusé… En réalité, elle s’en était fait une joie et elle avait pris plaisir à acheter le matériel recommandé.  

 

Elle fut étonnée de se sentir émue au cours de son verre d’adieu. Encore plus, lorsqu’il la serra fugitivement dans ses bras avant de quitter définitivement le bureau. Elle le regarda franchir la porte et découvrit dans son sillage un halo orange…

 

Il y avait longtemps qu’elle n’avait plus pris la peine de se « regarder en dedans ». Elle se rendit compte que la trace obscure avait pâli, et que les étoiles conservaient leur brillance. Un sillon molletonneux orangé s’y était mélangé. L’ensemble était joli, bien qu’épuré. Cela la laissa songeuse. Se pouvait-il que le noir s’efface lorsqu’elle échangeait positivement avec quelqu’un ? Les couleurs sombres représentaient-elles les émotions négatives ? Cela donnait-il des empreintes sur son âme ? Avait-elle de l’influence sur les autres ?

 

Elle en reçut la réponse avec Tiphaine, une des secrétaires de la compta. Elle l’avait trouvée en pleurs dans les toilettes des femmes : elle avait été larguée par son fiancé à six mois du mariage. Instinctivement, elle l’avait prise dans ses bras, rassurée et réussit à lui arracher un semblant de sourire. Sa collègue était repartie vers son bureau avec des éclaboussures roses. Le soir, son corps avec les traces identiques… et peu à peu la marque noire s’effaçait, remplacée par des nuances plus subtiles.

 

Du coup, elle se concentra sur elle-même, ses émotions et ce qu’elle partageait avec les autres. Elle testait les teintes, les formes, et même la texture comme le jour où elle aida une personne âgée à traverser : des plumeaux de couleur lavande, très fins, très élégants. Elle eut la vision d’une belle femme. Elle l’était toujours, cachée derrière les rides et les épreuves du temps. Elle fut reconnaissance d’avoir pu le découvrir, un cadeau qui venait à point : la trace noire s’effaça. La petite vieille partit dans une empreinte pervenche, le dos moins courbé et le pas un peu plus alerte…

 

Les jours défilaient et les couleurs éclataient partout sur son passage. Elle avait l’impression d’embellir le monde même si elle était la seule à le percevoir. À distribuer ainsi sa sensibilité colorée, elle se rendit compte qu’elle invitait les autres à reprendre le sourire, le courage, sécher les larmes, être plus sereins. Elle avait un rôle à jouer. Elle était peintre d’émotions et disposait d’une large palette. Ses cours de dessin étaient précieux pour définir le choix des teintes : désormais, elle connaissait par avance la nuance de chaque sentiment et elle en usait sans parcimonie. Elle parvenait à créer des esquisses sur l’âme de ceux qu’elle rencontrait, aidait ou avec qui elle avait un vrai échange. Cela sculpta son aura également : elle était tatouée entièrement. Elle était à ses yeux une œuvre vivante.

 

Mettre de la couleur dans sa vie et celle des autres était pour elle devenu un merveilleux cadeau. Elle remerciait le ciel de lui avoir donné cette chance même si parfois, son cœur pleurait la perte des êtres aimés.

 

Ce matin-là, elle courrait dans la rue : elle s’était réveillée en retard alors qu’une réunion importante était prévue. Arrivée enfin au pied de l’immeuble de son bureau, elle s’engouffra brusquement dans le tourniquet de l’entrée et dans son empressement buta contre un homme apparemment aussi pressé qu’elle : lui aussi était en retard à cette réunion. Le choc fut violent : elle en vit des étoiles. Lorsqu’il la releva, elle baignait dans des volutes d’arc-en-ciel. Elle reprit pied, bel et bien rougissante et non pas en « dedans », le cœur battant plus vite que de raison. Une pensée fugitive lui traversa l’esprit : qu’il serait bon de peindre sur ce tableau vierge !

 

Tous les soirs, maintenant depuis dix ans, elle gardait l’habitude de se regarder : les couleurs, les formes, les courbes, les textures évoluaient au fil des jours. Encore à certains moments ressortaient certaines lignes noires, mais elle avait à cœur de les exploiter pour créer des contours : les peines, les colères ou les rébellions avaient parfois raison d’être. Il n’était pas bon de les ignorer. Elle les utilisait délicatement et avec prudence. Elle continuait les cours de dessin et avait changé de travail. Elle avait suivi des études de kinésiologie. Désormais, elle était à son compte. Son site web « coach en couleurs de l’âme » ne remportait pas le succès escompté, mais son agenda était rempli : le bouche-à-oreille. La meilleure publicité.

 

Aujourd’hui était un jour particulier : dix ans depuis l’accident. Elle n’était pas triste parce qu’elle savait qu’un jour elle les retrouverait et elle n’était plus seule : ils étaient à ses côtés. Elle se sentait sereine, il lui semblait qu’elle avait accompli sa mission même si elle n’était pas terminée. Elle en fut d’autant plus convaincue lorsqu’une petite fille blonde courut vers elle et se jeta dans ses bras :

- « Maman, quand tu me regardes, je vois des étoiles dans tes yeux ».

 
 

 

 

 

15:45 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

29 mai 2015

Toujours faire attention aux yeux. Toujours.

 

yeux, schizophrène

 

 

Un défi littéraire particulier : la schizophrénie

 

 
La schizophrénie est "une maladie du cerveau qui se manifeste par des perturbations de certaines fonctions mentales. Ce n’est pas une maladie de l’âme, ni un manque de volonté, ni une double personnalité, mais bien un « défaut » de certains circuits neuronaux du cerveau. Il en découle une invalidité, un handicap et, malheureusement, une stigmatisation causée par la méconnaissance de la maladie public."

Source : www.fondationdesmaladiesmentales.org

 

C’est une maladie du cerveau qui se manifeste par des perturbations de certaines fonctions mentales. Ce n’est pas une maladie de l’âme, ni un manque de volonté, ni une double personnalité, mais bien un « défaut » de certains circuits neuronaux du cerveau. Il en découle une invalidité, un handicap et, malheureusement, une stigmatisation causée par la méconnaissance de la maladie public. - See more at: http://www.fondationdesmaladiesmentales.org/la-maladie-mentale.html?t=6&i=17#sthash.hyAgmExy.dpuf

Juste une explication au texte : un schizophrène a des troubles d'attention, de concentration et de la mémoire. Également une déréalisation, des hallucinations auditives avec une désorganisation de la pensée et il peut passer du "coq à l'âne". Il a également des agissements bizarres (collection étrange) et une crainte d'être espionné. Il peut également inventer des mots (glups !)...  Source de l'information : wikipédia.

 

Je me suis simplement inspirée de cette dernière description pour lancer les mots. Je pense que ce texte ne plaira pas à beaucoup d'entre vous en raison de sa différence. J'ai relevé le défi à titre expérimental. La réussite n'est pas tant l'écriture du texte et donc avoir gagné le défi mais bien la sensation de vivre quelque chose hors norme. Et ça, ça n'a pas de prix...

Bonne lecture !

 

***

 

Il n’a pas conscience, pas conscience.

Ses pensées sont hors du temps. Hors du temps. Pire : elles sont hors de lui. Hors de lui.

 

Il fait nuit. En dedans lui. Il les entend hurler toutes ses idées qui s’entrechoquent dans sa tête. Il n’est pas d’accord. Pas d’accord de tout ce qu’elles disent. Mais ce n’est pas le pire.

 

Non. Ce n’est pas le pire.

 

Le pire, lui, il le connaît.

 

 

Tout s’échappe.

 

Il oublie.

 

Pourtant, c’est écrit en grand devant lui sur son frigo : « une chose à la fois ». Il est d’accord, mais qu’est-ce que c’était encore ? Que devait-il faire ? Il ne sait plus.

 

Il entend une voix dans l’autre pièce. Il ne la connaît pas. Elle l’appelle. Craintivement, il se dirige vers elle. Il n’a pas le choix, ça, il le sait.

 

- « Sur le nord-ouest, les éclaircies deviendront plus larges. Ailleurs, la nébulosité restera souvent abondante avec la possibilité de précipitations localisées. Le vent d'ouest sera modéré. Les températures (15H) oscilleront entre 14 et 18 degrés. »

 

Il le sait ! Le petit bonhomme devant les nuages de l’écran de télévision lui envoie des messages bien précis : naturellement qu’il a le pouvoir de changer le monde, de jouer avec le temps, de tuer les heures, d’assécher la pluie, d’éteindre le soleil ! Il le sait naturellement ! Pourquoi lui dire encore et encore ?

 

Il écoute attentivement, s’immobilise tout à la perception de ses pensées. Elles sont endormies. Il lui semble ressentir une fatigue incommensurable. Normal ! À force d’être espionné de tous, il est en état de vigilance extrême. Il avise les fenêtres : trop grandes. Trop volumineuses : sûr qu’un jour, elles lui sauteront au visage ! Il s’en approche craintivement. Il feinte, n’osant aller en ligne droite. Jamais la ligne droite ! Jamais !

 

Il ferme d’un coup sec les lourdes tentures rouges : se cacher des yeux à l’affût des siens ! Ouf ! « Se protéger ». « Se protéger ». Les mots roulent dans sa tête ! Il vient de découvrir le « strike-word ! ». Il aime cette idée. Ce mot étrange.  Ce néologisme. Il a déjà oublié qu’il vient de l’inventer ! Il éclate de rire puis subitement pleure : il n’arrivera jamais à compléter sa collection de boîtes à sardines ! Il se sent soudainement épuisé : la faute à la Lune. À moins que le Soleil ? Certainement à cause des deux…

 

Une alarme retentit quelque part dans l’appartement brisant le silence en deux. Elle lui assèche une larme qui oscillait entre l’envie de tomber ou de repartir sur la pointe des pieds. Il décide d’effacer définitivement la trace humide qu’elle a laissée. D’un coup. Net : il se gifle le visage. Sous la violence du geste, il reste les bras ballants et regarde, hagard, autour de lui : « qui ose l’attaquer ? Lui ! Le maître de cet appartement, de cette maison ? Maître … de cette rue ? Ce quartier ? Cette ville ? Ce pays ? Le Monde ! Ce Monde qui lui appartient ! C’est pour cette seule et unique raison que le monde le hait ! Il doit prendre garde : il est en danger !

 

Il s’immobilise. Encore cette impression vertigineuse de sortir de ce corps lourd et inutile. Intrigant. Il se serait bien assis, mais il a la flemme. De bouger. Alors il reste. Immobile.

 

Au loin, chante une tondeuse à gazon. Bruit caractéristique. Il ne manque plus que la douce odeur d’herbe coupée. Et soudain, elle arrive cette odeur jusqu’à ses narines dilatées : une odeur d’enfance. Une bonne odeur de pain grillé ! Cela lui donne faim. Oui, qui donc tond son appartement ? Il sort de lui-même et se dirige vers l’odeur.

 

Il trouve un réveil et en dessous, en grand, un papier dont les mots sont déguisés en rouge : « Rendez-vous docteur Claque 10h – attendre taxi ». Le rouge, c’est important. Un vague signal lointain retentit entre deux pensées vierges : « Il doit y aller ». « Y aller ». « Obligé ». « Survie ».

 

Alors, il prend son chapeau, ouvre la porte de l’appartement, et descend jusqu’à l’entrée de son immeuble. Il attend sur le seuil de la porte. Il a un peu peur alors il se cache en dessous de son chapeau. Il ne bouge plus : la boîte à quatre roues viendra le chercher : c’est son amie. Il ne doit pas l’oublier. Jamais. Il espère juste que le mannequin qui joue au jeu du volant ne le regardera pas dans les yeux. Toujours cacher les yeux, ils disent la vérité ! Surtout quand on a peur. Surtout. Parfois quand on aime aussi. Est-il amoureux ? Oui, d’une étoile. Une étoile filante. La plus belle entre toutes. Peut-être viendra-t-elle le chercher ? Elle a les yeux verts. Comme une pomme. Craquante, croquante. Il aimerait bien la croquer, lui !  Des yeux verts… Parfois, il se sent ver de terre. Un ver de terre amoureux d’une étoile ! C’est son ami Hugo qui a découvert son secret et lui, ce traître, l’a clamé au monde entier ! La terre entière connaît son histoire à lui, rien qu’à lui ! Même l’ami Google ! Même le traître Google.

 

L’ami, l’autre, a du retard. À moins que ce soit lui … en avance ? Est-ce bien le Jour ? Est-ce bien lui qui doit s’y rendre ou est-ce son autre, resté en haut dans son appartement aux tentures rouges ?

 

Fatigué, il décide de rester et d’attendre.

 

C’est long.

 

Oui. Une étoile. Aux yeux verts. Cela lui rappelle quelque chose. D’important. Qu’il doit dire à un docteur. Un docteur sans blouse blanche. Il ne sait plus quoi. Il doit faire un effort. Se souvenir. C’est important les souvenirs, ils dessinent le passé pour chérir le présent. Il sait une chose importante : il n’aime pas les blouses blanches. Du tout ! Avant oui. Plus maintenant. Et c’est promis : s’il prend ses médicaments, il ne les verra plus jamais ces blouses blanches. Plus jamais, jamais !

 

Oui ! Ses médicaments, les petits bonbons de réalité ! Ceux qu’il a cachés parce qu’on les lui vole !

 

Et puis lorsqu’il a voulu les reprendre, il ne les a plus retrouvés ! Normal, ils ont eu peur d’être avalés sans sommation et s’étaient dérobés à son regard ! Normal, faire attention aux yeux ! Toujours faire attention ! Oui, il doit en parler au docteur. Lui dire que les bonbons ont disparu ! Qu’il ne les a plus rencontrés depuis une semaine. Et puis que depuis une semaine, le monde est flou ! Tout cela le rend bien triste…

 

L’ami arrive. Une portière s’ouvre. Comme d’habitude.

 

Alors par habitude, il entre docilement et ferme la portière. Par habitude, il se tait et surtout, très important, il ferme les yeux : toujours faire attention aux yeux. Toujours...

17:47 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

27 mai 2015

Hors cadran - Texte à mettre en musique

 

 

temps, aiguilles,

 

Je voyagerai sur des morceaux de nuages,

Pour découvrir ton visage dans ce ciel sauvage

J’emporterai les larmes de mes espérances

Pour arroser les nénuphars de l’insouciance

Je gouterai au miel de la douceur

Et je te broderai mes rêveries engourdies sans pudeur

 

 

Les aiguilles de l’horloge sont ivres, ivres…

À poursuivre ce cadran

Sûr, qu’elles danseront à minuit

J’en ai le cœur étourdi

 

 

Tout ce temps, ce long, si long temps,

Entre deux printemps,

Je colore les aurores de mon ordinaire

J’y mets tout mon savoir faire

Comme un rêve, comme une chimère

Un éclair de mohair pour te plaire

 

 

Les aiguilles de l’horloge sont dévergondées, dévergondées

Consignées hors cadran

Elles ne danseront plus à minuit

J’en ai le cœur hors circuit

                                          

 

Je caresserai les rayons de lune,

Pour traverser vaillamment les brumes

Balayer les certitudes de mes rêves

Laisser mon cœur en trêve

Dans un coin de mes pensées,

De nouveaux jours ensoleillés

 

 

Les aiguilles de l’horloge sont redressées, redressées

À nouveau, elles danseront à minuit

Et même à midi.

J’en ai le cœur qui sourit,

 

                                            

Oui, je voyagerai sur des morceaux de nuages,

Pour découvrir ton visage dans ce ciel sauvage

J’emporterai les larmes de mes espérances

Pour arroser les nénuphars de l’insouciance

Je gouterai au miel de la douceur

Et je te broderai mes rêveries engourdies sans pudeur

 

 

 

18:52 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE*, ÉMOTIONS POÉTIQUES, Poésie Allégorique | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

26 mai 2015

De la poudre aux yeux

 

publicité, ego, lessive, poésie

 

Ce texte en réponse à un défi littéraire : réconcilier la publicité et la littérature - Vendre de la lessive.

Cela donne ceci :

 

 

Publicité - Première scène :

 

Un salon, deux jeunes femmes. Une est assise dans un divan, elle est jolie. L’autre, la maîtresse de maison, est en face d’elle dans un fauteuil. Elle est rayonnante. L’amie, admirative, ne peut s’empêcher de lui dire :

- « Tu es magnifique ! Encore plus que d’habitude !

- Merci ! Oui je me sens vraiment bien, je dois dire

- Tu as fait quelque chose de spécial ? Des mèches ?

- Non, rien de particulier…

- Tu es si… comment dire ? Tu rayonnes !

- C’est le bonheur qui me rend comme ça !

- Ça y est ! Je sais !

- Quoi ?

- Tu as fait de la chirurgie esthétique ?

- T’es folle ? Et puis ce n’est pas possible, je suis venue chez toi lundi !

- Oui… c’est vrai… Il me semble que tu as maigri, non ?

- Deux petits kilos, juste pour être en forme et garder mes rondeurs là où il faut…

- Ah mais oui ! Je sais ! Cachotière !

- Tu m’expliques ?

- Tu as un amant ! C’est ça ta bonne mine !

- Même pas ! J’ai l’homme parfait !

 

Sur ses entrefaites, un bel homme rentre avec ce qui semble être deux billets en main. Il dit bonjour à l’amie de sa femme, embrasse cette dernière et lui montre les billets d’un concert : c’est l’anniversaire de la date de leur rencontre…

 

Gros plan, sur le visage de l’amie : un rien, jalouse.

 

Le soir : le couple dans le lit.

- Je parie que tu n’as pas tenu ta langue ! Tu lui as dit ?

- Un peu… quand même, c’est mon amie !

- Comment ça : un peu ?

- Juste pour la nouvelle lessive, « Poudre aux yeux ». Mais je n’ai rien dit pour le complément adoucisseur « Poudre de soi »…

 

La scène se termine sur le regard de connivence échangé entre les époux avec en fond sonore le jingle entêtant :

 

Poudre aux yeux,

La lessive des amoureux

Pour être heureux,

Ajoute la poudre de soi,

C’est encore mieux

Rien que toi et moi

Pour être heureux.


 

 

Publicité - Seconde scène :

 

La même maîtresse de maison, dans sa buanderie éclatante de propreté. Elle trie son linge en chantonnant.

 

- Mamaaaaaannnnnnn ? T’es oùùùùùùùù ?

- En bas ! Dans la buanderie !

 

Arrive une jolie adolescente, dépitée, un T-shirt en main :

 

- Regarde : mon T-shirt favori ! Y a une tache ! Je le veux pour tantôt, c’est l’annif de Marie !

- On ne dit pas « je veux » ! Montre ! Pas de problème avec ma lessive « Poudre aux yeux », j’ajouterai même « Poudre de soi ». Tu verras, tu seras agréablement  surprise !

- La tache partira ? D’habitude, tu le laves à la main avec du savon, ce T-shirt ? Ça va pas l’abimer ?

- Aie confiance ! Allez zou ! Donne-moi ça et file étudier sinon pas de sortie, ce soir !

 

 

En début de soirée, dans la chambre de l’adolescente : la fille met le T-shirt, lavé et repassé :

- Waouh ! Merci Maman ! Il est géant ! On dirait même qu’il est plus blanc ? Et … Il me va mieux ! Tu ne trouves pas ?

- Si ! C’est l’effet « Poudre aux yeux » mélangé à la « poudre de soi » !

- Merci maman ! Je t’adore !

 

Le plan se termine sur le regard ému de la maman avec le jingle entêtant :

 

Poudre aux yeux, Poudre de soi

La lessive de la joie

C’est toujours un exploit

Pour être toi et moi

Vivre dans la joie

 

 

Publicité - Troisième scène :

 

Le mari avec un ami lors d’une partie de tennis. Ils prennent une pause.

- Fichtre, quel revers ! Tu as de la force, mon cochon ! Tu as bouffé du lion ?

- Que veux-tu ! J’ai la forme !

- Je vois ça !

 

Une jolie femme passe, elle regarde avec insistance le mari. L’autre le remarque.

 

- Eh bien ! T’es un gros veinard en plus ! Raconte ! Je vois bien que tu as quelque chose de changé !

- Changé ? Non. Je me sens bien. Un petit régime santé, tout simplement…

- Eh arrête ! Tu avais plus de cheveux gris qu’aujourd’hui sans parler de ta « brioche » ! Alors ? Quand même pas des amphétamines ? Non… tu ne serais pas aussi relax… Alors cachottier : crache le morceau !

- Ça va te paraître con…

- Dis toujours…

- T’as jamais entendu parler de la lessive « Poudre aux yeux » ?

 

Le plan se termine sur le regard attentif et impatient de l’ami avec en fond sonore le jingle entêtant :

 

Perds pas ton temps

Prend la lessive « poudre aux yeux »

Si tu veux être dans le vent

Et te sentir mieux

 

 

 

Communiqué de presse du 26/05/2018 :

« L’Organisation Mondiale de la Santé a déterminé une hausse importante et inexplicable de la satisfaction générale en ce qui concerne le niveau de vie : la plupart des Européens déclarent être heureux et se trouvent en excellente santé ».

 

Article scientifique dans une revue spécialisée du 26/05/2018 :

« La Désocorpusegolyxe provoquerait une perte pondérale, active les effets de la sérotonine laquelle procure des effets euphorisants à court terme. 

À l’heure actuelle, le comité des scientifiques indépendants ne peut se prononcer sur une éventuelle carence ou effets secondaires dans les prochaines années. Ils invitent à la prudence ».

 

Article paru dans « Belle, Toujours plus belle » du 01/07/2018 :

« Mesdames : vous voulez rentrer dans vos maillots cet été ? Sans effort ? En étant une parfaite femme au foyer ?

C’est dorénavant possible ! Tester la nouvelle lessive « Poudre aux yeux » sans oublier son complément « Poudre de soi » !

Laver votre linge qui deviendra encore plus blanc et voyez votre silhouette fondre ! Fini les kilos en trop ! Fini de se priver de bonnes choses ! Votre teint sera éclatant et vous rayonnerez de bonheur ! La rédaction en est déjà fan ! N’attendez pas ! Vos amies l’ont déjà ! ».

 

Article scientifique dans une revue spécialisée du 13/12/2025 :

« Le comité des scientifiques indépendants exigent le retrait de la Désocorpusegolyxe, particulièrement présente dans la lessive connue sur le nom de « Poudre aux yeux » ainsi que son complément « poudre de soi ». Il est avéré que les effets sont annihilés après un délai de cinq ans et accentuent les effets secondaires. Ceux-ci consistent en général par une importante perte pondérale jugée anormale, un état dépressif pouvant mener au suicide, un état de vieillesse accentué et fulgurant, une perte de la réalité et une passivité anormale qui peut mettre en danger les individus. »

 

Gros titre dans les journaux du 20/01/2026 :

« La société EGO a remporté le prix de la meilleure invention du siècle pour avoir rendu des millions de gens heureux. (…) Leur ambition est d’étendre leur produit phare « Poudre aux yeux » et « poudre de soi » dans le monde entier ».

 

Une ligne dans un journal américain du 19/02/2026 :

« La société EGO a racheté le comité européen de gestion des eaux territoriales. En ce qui concerne le comité américain des eaux territoriales, les pourparlers sont toujours en cours».

 

Article d’un journal controversé du 01/04/2026 :

« La société EGO a le projet d’injecter de la Désocorpusegolyxe dans l’eau potable en échange d’une taxe sur les mètres cubes délivrés à la population.

Cette taxe est nécessaire pour produire à grande échelle la molécule surnommée « la molécule du bonheur ».

 L’état américain aurait donné son accord suite à la fusion des Comités des eaux territoriales européen et américain. Levez-vous contre ces mesures ! L’empoisonnement nous guette ! Il est peut-être déjà trop tard ! ».

 

 Jingle du 10/04/2026, sur toutes les ondes :

 

Bois, Bois, mon eau

Si tu veux être beau

Poudre aux yeux

Si tu veux être heureux

Poudre de soi

Pour être des Rois.

Bois, Bois, mon eau

Nous serons, nous sommes géniaux !

18:00 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

21 mai 2015

Dissentiment

rupture, amour, dissentiment

Gilbert Garcin – “La rupture”

Suite d'un défi littéraire. Contrainte : commencer par la phrase "Chut ne dis plus rien" et terminer par "Laisse-moi partir maintenant".

 

Chut, ne dis plus rien !

Ce n’est pas du baratin

 

Je te donne mes mots

En mode incognito

 

Notre histoire, n’est pas du n’importe quoi !

Juste toi et moi

 

Pas de quiproquos

Juste des sentiments en écho

 

Il est plus que temps

De s’aimer maintenant

 

 

Chut, ne dis plus rien !

Ce n’est que du baratin

 

Reprends tes mots

Il blesse mon ego

 

Notre vie, c’est pas du cinéma

Juste du désarroi

 

C’est un fiasco,

Un mauvais scénario

 

Il est plus que temps,

Laisse-moi partir maintenant.

 

 

 

 

 

21:36 Écrit par Rachel Colas dans ÉMOTIONS POÉTIQUES, Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

Conflit intérieur

conflit, processus PNL, intégration des parties

Strings by Maria Janosko

 

Ce texte est  écrit pour un défi littéraire. La contrainte était de commencer par la phrase "Chut, ne dis plus rien ! et de terminer par "Laisse-moi partir maintenant".

a titre expérimental, je me suis également amusée à incorporer un processus PNL appelé "L'intégration des parties en conflit" bien entendu adapté pour ce texte.

Je vous en souhaite bonne lecture !

 

 

- « Chut, ne dis plus rien ! Écoute-moi plutôt ! Regarde : voici le protocole. C’est assez simple en fait. Il suffit de suivre les différentes étapes et… de prendre son temps. Ce n’est pas si difficile quand même !

- Tu crois que cela va réussir ?

- De toute façon, tu n’as rien à perdre ! Si ? Bien au contraire ! Ça ira ? Tu veux que je reste ?

- Non, non, vas-y… Je sais bien que tu es trop impliqué émotionnellement et que déontologiquement, tu ne peux m’accompagner dans ce chemin…

- Oui, c’est vrai… Mais je veux bien faire une exception pour toi, tu sais…

- C’est gentil. Je vais m’y mettre maintenant. Je ne peux plus me permettre de gâcher ainsi ma vie pour… ça… et puis, je me sens prêt… J’ai compris tu sais… Il faut dire que tu m’as bien expliqué aussi…

- Bon. Très bien. Je ne suis pas loin si tu as besoin…

- Oui, je sais… merci…

 

L’autre partit. Il se retrouva seul dans cette pièce qu’il affectionnait particulièrement. Il faut dire que l’ambiance de son bureau était sereine. Probablement en raison du mobilier en bois aux reflets dorés et des grandes fenêtres qui donnaient sur son jardin savamment domestiqué juste assez pour qu’il s’en dégage une touche sauvage.

 

Il consulta la feuille donnée par son ami : suivre à la lettre les instructions. Il soupira. Longuement. Puis, reprit son souffle. C’était instinctif : point de conseils sur la façon de respirer. Il se planta devant le miroir et y rencontra son regard. L’homme en face de lui n’était pas à l’aise ! Du tout. Il l’abandonna.

 

Il s'empara de deux chaises et les mit face à face. Il s’assit sur une des deux. Attendit. Ses mains tremblaient. Une grosse boule dans la gorge bloquait les mots espérés. Il se leva et passa la main dans les cheveux : c’était plus difficile qu’il ne pensait ! Sans compter que le temps passait inexorablement ! Aussi avait-il intérêt à réussir au risque de la perdre, elle. Elle avait assez attendu. Il devait se bouger ! Le temps était venu de passer à l’action ! Fini la lâcheté ! Il sentit la colère le gagner mais la refoula immédiatement : ce n’était pas la solution ! Il décida de prendre les choses en main : il avisa sur son bureau, un bloc-notes. Pourquoi pas ?

 

Il s’assit à son bureau, prit son stylo préféré et attendit. Il devait puiser en lui ses propres ressources. Son ami lui avait expliqué : ce n’était pas difficile, juste une manière de plonger en soi : c’était « simplement complexe » ! Cette idée le fit sourire : son ami avait l’art de s’exprimer de façon ambigüe et seule, l’amitié lui permettait d’en comprendre les subtilités !

 

Il se centra et décida de mettre ses réflexions par écrit. Les mots ne vinrent pas tout de suite. Il dut s’y reprendre de nombreuses fois :

 

"Aujourd’hui, je prends une décision. Je décide. Je n’accepte plus d’avoir un comportement d’évitement dans une certaine situation. Je ne suis pas ce comportement ! Je veux être libre partir. Je veux la rejoindre. Je veux vivre avec elle. Là-bas. Je m’y autorise.

Je remercie la partie en moi qui veut me protéger. En existant, elle me donne un sentiment de sécurité… Je la remercie d’exister et lui reconnait son intention positive. Elle a agi pour le mieux. Aujourd’hui, cela ne me convient plus. Par contre, j’ai encore besoin de sécurité. Comment agir et me sentir en sécurité ? J’ai besoin d’aventure, j’ai besoin d’oser. De bouger. Je veux me sentir en paix. Je ne veux plus me sentir en conflit. Cela me fait trop mal. Je veux vivre."

 

Il inspira. Souffla. Il lui semblait que quelque chose en lui s’était ouvert. La sensation n’était pas vraiment agréable : était-ce bon signe ? Il devait continuer.

 

Il était temps de passer à l’étape suivante. Il s’installa sur une des deux chaises, pieds l’un à côté de l’autre, dos droit. Il regarda sa lettre. Il n’avait plus besoin de ses notes : les idées étaient claires, nettes, précises. Il la déposa par terre. Il respira profondément. Il aurait bien aimé que les battements de son cœur se modèrent. Il comprit qu’en réalité, il avait peur ! C’était idiot ! Rien ne pouvait lui arriver. Enfin, si. Un peu…

 

Il se racla la gorge. Qu’il était difficile de prononcer les premiers mots ! Se parler à lui-même à haute voix ne lui avait jamais paru si difficile qu’en ce moment ! Il regarda en face de lui. La chaise était vide. Il se concentra et se lança :

 

- « Je te remercie Petite partie d’être en moi, de m’avoir protégé. Je sais que tu as procédé de la meilleure façon qu’il soit pour me soutenir, m’aider, me mettre en sûreté. Oui, je te remercie.

Aujourd’hui, tu peux être rassurée : je vais bien. Je comprends la raison de ton existence en moi. J’ai encore besoin de sécurité : tu as ton rôle à jouer…. Cependant, il n’est plus nécessaire pour toi de me défendre de cette manière. Tu as ta place et tu es ma partie "Protection" ».

 

Il se leva et prit une troisième chaise qu’il mit à côté de l’inoccupée. Les deux chaises vides étaient côte à côte. Il s’adressa à la deuxième chaise :

 

- « Je te remercie Petite partie en moi de me donner l’envie d’aller de l’avant. D’oser. Tu as ton rôle à jouer et tu vas pouvoir évoluer en moi. Tu as besoin de liberté. Tu as ta place et tu es ma partie "Courage" ».

 

Il reprit son souffle. Attendit quelques minutes, se concentra puis lorsqu’il se sentit prêt, poursuivit d’une voix un peu plus assurée :

 

- « Parties "Protection" et "Courage", vous vivez en moi pour m’aider à évoluer. Il est temps maintenant pour vous d’accepter le changement dans la confiance. Ainsi, je m’engage à respecter vos intentions positives, d’en tenir compte afin de vivre en sérénité ».

 

Il se leva à nouveau et prit une autre chaise qu’il mit à côté des deux autres, face à la sienne. Il ressentit un moment de stress face à cet auditoire inattendu. Il se recentra.

      

- « Bonjour nouvelle partie, je te remercie d’être venue à notre secours ! Oui, nous avons besoin de ton aide : peux-tu rassurer ma partie "Protection" et l’aider lorsqu’elle éprouve des craintes pour moi ? Peux-tu également soutenir ma partie "Courage" à respecter les consignes de sécurité dans ses choix ? Je te remercie de ton aide.

Partie "Protection" acceptes-tu l’aide de cette nouvelle partie ? Partie "Courage" acceptes-tu l’aide de cette nouvelle partie ? ».

 

Il attendit quelques instants. Poussa un long soupire. Il continua : « Je vous remercie toutes d’être là pour moi en moi.».

 

Étrangement, il se sentit soudainement serein. Le protocole n’était pourtant pas encore terminé. Même si les parties en lui acceptaient cette nouvelle organisation, il devait encore poser un acte.

 

Il se leva et se positionna face au miroir. En se regardant dans les yeux, il articula clairement :

- « Aujourd’hui, je m’autorise à prendre l’avion. À rejoindre celle que j’aime. Laisse-moi partir maintenant ».

 

17:35 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

17 mai 2015

Sila

Loin, défi, PArtir, revenir

 

 

Aujourd’hui, je commence une nouvelle vie. Je vais là où le vent me porte. Je viens d’apprendre que les écrivains ont droit à une maison gratuite à Détroit. Je pense que mes pas vont s’y diriger. Je ressens ce besoin inexplicable de partir loin. Très loin.

 

Me rendre où je pourrai être seule. N’y rencontrer aucun regard connu. Je ne veux rien d’ici. Je veux tout ailleurs. Qu’importe la famille. Qu’importe les amis. Qu’importe les connaissances. Qu’importe les collèges. Il est temps pour moi de partir. Très loin.

 

Je pars et je me quitte. J’ai décidé de changer de prénom. Mon choix s’est porté sur « Sila ». Vous ne pouvez pas comprendre. Ne savez-vous pas que tout est symbolique dans ce monde ? Je m’en vais d’ici pour aller là. Je ne peux être plus claire. Ici et là, c’est tout moi. Oui, ici et loin. Très loin.

 

Nouvelle vie. Nouveau nom. Je m’autorise à être quelqu’un de différent. Je retire mon enveloppe avec le rôle défini que je me suis octroyée au fil du temps. Je ne sais pas si à ce jour, je suis réellement moi. Me suis-je perdue ? Probablement. Je suis loin de moi. Très loin.

 

Je suis partie. Je ne me suis pas rencontrée. Je me demande si les pas loin d’ici ne m’ont pas perdue. Je m’appelle Sila. Je ne connais plus mon autre nom. Je ne connais plus mon autre vie. Je suis autre. Je suis partie. Très loin.

 

Ici, les regards sont bienveillants. Ils ressemblent à d’autres. Ceux que j’ai voulu oublier et qui restent quelque part en moi, ici et là. Ils sont loin. Très loin.

 

Je suis revenue. Je me suis retrouvée et me suis à nouveau aimée. Je m’appelle Sila. Si la vie m’est encore contée comme les dernières semaines que je viens de passer, je saurai qu’il ne sert à rien d’être ici et là-bas. J’étais loin. J’étais trop loin.

 

Alors. Maintenant, j’ai décidé : je reste. Ici.  

 

18:05 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

16 mai 2015

Chanson pour une âme en peine

âme, peine,

 

 

 

Moi, j’vous dis, c’est pas d'sa faute à elle,

Cette drôle d’immortelle

Si elle s’est accrochée à moi

Cette âme en peine dans son désarroi

 

Il m’a dit : c’est d’la faute des curés, quel drôle de métier.

Ils disent des bêtises, au nom d’une Église

Ils récitent encore et encore, sans y croire, des métaphores

Comme des automates, de simples bureaucrates

Et les âmes restent en peine...

 

Elle n’était pas vilaine, cette âme en peine

Elle avait juste la nostalgie, d’une vie endormie

À travers moi, elle vivait sa mélancolie

Et nous aurions sombré dans la folie

 

Il m’a dit : elle est partie

Il ne m’a pas dit où ni dans quelle vie

Je ne ressens plus cette nostalgie, d’une vie par analogie

À travers elle, je n’étais plus, sur mon âme, elle avait jeté son dévolu.

 

Oui, elle est partie vers un ailleurs

Là où elle n’aura plus peur

Là où elle aurait dû être

Peut-être avec ses ancêtres ?

 

Il m’a dit : c’est d’la faute des curés, quel drôle de métier.

Ils disent des bêtises, au nom d’une Église

Ils récitent encore et encore, sans y croire, des métaphores

Comme des automates, de simples bureaucrates

Et les âmes restent en peine


 

Je lui dis au revoir, à cette petite âme en peine

Je reprends mon espoir, et ma vie sereine

Elle est au paradis, là-bas et loin d’ici

C’était juste une âme en peine et elle est partie…

 

 

 Pour une petite âme en peine, bon vent.

 

 

17:08 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

08 mai 2015

Existence

jeu, dame, noir, blanc

 

Mon monde est noir et blanc. Même si je ne vis que pour le blanc. Chaque jour, j’attends. À moi seule, j’incarne la patience, mais il ne faut pas s’y fier, je suis vigilante !

 

Lorsque notre rendez-vous se confirme, je retiens mon souffle. J’espère qu’il me tiendra bien au chaud entre ses mains si douces. Je sens son excitation me traverser le corps et je retiens les battements de mon cœur : j’ai trop peur de manquer une de ses émotions. Mon corps est à son écoute. Entièrement. Je suis dévouée. Je ne vis que pour ce moment. C’est ma raison de vivre. Je n’ai qu’une mission : arriver à lui insuffler toute ma hargne de vivre. Vivre le plus longtemps pour lui. Je ne peux le décevoir. C’est ma vie. C’est mon destin.

 

Nous passons de longues soirées en tête à tête. Parfois, le silence nous raconte et alors, je sais tout de lui. Son odeur de tabac et de musc me grise. Je retiens mon souffle. Les effluves toxiques de son cigare deviennent mon oxygène. J’ai la tête qui tourne. Je dois rester debout. Vaillante. Pour lui. Parce que je suis à lui. Depuis toujours.

 

J’ai pourtant peur. Peur de comprendre ce qui se passe. Il se lasse. Il se fait vieux. C’est lui qui le dit, car jamais je n’ai trouvé un homme aussi patient, aussi bon que lui, ni si vaillant. Il veut me quitter, moi qui ai sacrifié ma vie pour lui. Moi qui passe mon temps à l’attendre… Il déclare forfait. Ce n’est pas comme ça que je l’ai habitué. J’ai mal. J’entends le mot "concentration". Je me dis que je veux me concentrer toute à lui… Que la vie s’échappe ? Ce n’est point possible : notre temps se résume à être ensemble. Le temps n’existe que par et pour notre liaison. Notre fidélité. Indestructible. Eh oui, j’ose pour la première fois dire amour… Il ne peut me laisser. M’abandonner ; et pourtant, le voilà qui parle, prononce des mots tendres, mais qui me détruisent. Il m’offre. Il me laisse. Je meurs.

 

Des petites mains me font des chatouilles. Je ne sors pas beaucoup de mon antre. Je prends l’air sur une courte période, mais bien plus souvent qu’avant. J’entends des rires autour de moi. Il y a de la lumière. Cela sent bon. Une odeur de sucre et de lavande. Une odeur de chaud et de caramel. J’ai perdu mon odeur préférée et me suis perdue en route. Pourtant, après de longs mois de silence, je me suis éveillée. Je sais que jamais plus je ne le retrouverai. J’en ai fait mon deuil et jamais je ne l'oublierai. Pour ne pas le perdre encore et encore, j’ai décidé qu’il vivrait en moi. Parfois, souvent, j’ai encore mal de lui.

 

Le temps passe, mais qu’est-ce le temps sans lui ? Les petites mains deviennent fermes, je sors moins souvent, mais bien plus longtemps. Un jour, mon monde est devenu rose avec des rubans. J’ai entendu des rires et des applaudissements. J’ai surtout senti une goutte d’eau glisser le long de mon corps. Et j’ai ressenti une vague d’amour. Cela m’a rappelé lui. Sauf que c’était plus fort encore. Et j’ai su qu’une nouvelle vie commençait.

 

Désormais, je fais partie de leur vie à ces jeunes mariés. Je suis dans le salon, sur une petite table. Je trône. À mes côtés, son portrait. Je suis heureuse, moi la belle dame blanche, aux damiers noirs et blancs.

17:40 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

01 mai 2015

Spirale sentimentale - Texte à mettre en musique

 

 Spirale, sentimentale, étoiles, plumes, musique

Stardust by Catrin Welz-Stein

 

 

J’étais amoureux d’elle, ma belle boréale

Elle dansait sur la Toile

Et je trouvais ça génial

Elle était mon étoile, mon idéal amoral,

J’voulais pas faire scandale ni aller au confessionnal

Elle est royale et même phénoménale

Aimer n’est pas original

C’est même pour moi infernal

 

Où sont les plumes de mon étoile ?

J’suis dans une spirale sentimentale

 

J’y ai perdu des plumes,

Les plumes de mon étoile posthume

Je sais, je suis plein d’amertume

J’dirais même que je suis une enclume

Depuis que j’ai perdu ma plume

J’traîne sur le bitume

Mon cœur perdu dans la brume

et l’âme déchirée en écume

 

Où sont les plumes de mon étoile ?

J’suis dans une spirale sentimentale

 

J’ai décidé, je pars en cavale

Loin de mon idéal

Poursuivre d’autres étoiles

À titre expérimental

Pourvu que ce ne soit pas fatal !

Mon cœur de cristal trouvera bien sa Loyale

Qui ne finira pas en poussières d’étoiles

J’ai la fringale sentimentale,

 

J’ai la fringale sentimentale,

Adieu Jolie Étoile.

 

10:05 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |