17 mai 2015

Sila

Loin, défi, PArtir, revenir

 

 

Aujourd’hui, je commence une nouvelle vie. Je vais là où le vent me porte. Je viens d’apprendre que les écrivains ont droit à une maison gratuite à Détroit. Je pense que mes pas vont s’y diriger. Je ressens ce besoin inexplicable de partir loin. Très loin.

 

Me rendre où je pourrai être seule. N’y rencontrer aucun regard connu. Je ne veux rien d’ici. Je veux tout ailleurs. Qu’importe la famille. Qu’importe les amis. Qu’importe les connaissances. Qu’importe les collèges. Il est temps pour moi de partir. Très loin.

 

Je pars et je me quitte. J’ai décidé de changer de prénom. Mon choix s’est porté sur « Sila ». Vous ne pouvez pas comprendre. Ne savez-vous pas que tout est symbolique dans ce monde ? Je m’en vais d’ici pour aller là. Je ne peux être plus claire. Ici et là, c’est tout moi. Oui, ici et loin. Très loin.

 

Nouvelle vie. Nouveau nom. Je m’autorise à être quelqu’un de différent. Je retire mon enveloppe avec le rôle défini que je me suis octroyée au fil du temps. Je ne sais pas si à ce jour, je suis réellement moi. Me suis-je perdue ? Probablement. Je suis loin de moi. Très loin.

 

Je suis partie. Je ne me suis pas rencontrée. Je me demande si les pas loin d’ici ne m’ont pas perdue. Je m’appelle Sila. Je ne connais plus mon autre nom. Je ne connais plus mon autre vie. Je suis autre. Je suis partie. Très loin.

 

Ici, les regards sont bienveillants. Ils ressemblent à d’autres. Ceux que j’ai voulu oublier et qui restent quelque part en moi, ici et là. Ils sont loin. Très loin.

 

Je suis revenue. Je me suis retrouvée et me suis à nouveau aimée. Je m’appelle Sila. Si la vie m’est encore contée comme les dernières semaines que je viens de passer, je saurai qu’il ne sert à rien d’être ici et là-bas. J’étais loin. J’étais trop loin.

 

Alors. Maintenant, j’ai décidé : je reste. Ici.  

 

18:05 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

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