06 avril 2015

Dans une vieille valise, des lettres jaunies par le temps...

Pèse-lettre, fantome, lettre, passé, souvenir

 

 

Il est de ces moments qui ouvrent sur des horizons inconnus, qui bouleversent notre réalité et nous emmènent dans un autre ailleurs, un autre pan de temps, des jours et des hiers où nous n’étions même pas nés…

 

Ce dimanche, je me suis rendue en bonne compagnie au hall des expos de Ciney « Puces et salon des antiquaires ». J’en reviens le cœur gonflé de joie des excellents instants partagés, des choses découvertes et des trésors rapportés. J’aime les objets anciens qui ont vécu et qui nous offrent une histoire particulière. J’aime leur donner une deuxième vie ou simplement laisser leur empreinte dans mon quotidien.

 

Il y a déjà deux ans, j’étais rentrée chez moi avec un dessous de plat musical de 1900 : un coup de cœur inexplicable et l’an passé avec de vieux bougeoirs à main…

 

Cette année, mieux encore ! Des lettres jaunies par le temps trouvées au fond d’une vieille valise, dont une datant de 1938. Plongeon indiscret dans la vie d’un homme et d’une femme qui s’adressent en toute intimité à un être cher. Bouleversant. Et comme par un fait exprès, découverte et acquisition d’un ancien pèse-lettre chiné…

 

J’aurais bien craqué pour une rarissime pendulette veilleuse du 18e - d’après ce que le professionnel m’a précisé - et qui permettait de lire l’heure la nuit grâce à une lampe à l’huile dissimulée à l'arrière du socle opaque. Un très bel objet expertisé par le musée d’horlogerie de Malines… mais il faut pouvoir se raisonner ! Accepter de laisser derrière soi ces choses étonnantes pour n’en garder que le souvenir d’un moment de plaisir ou d’une explication donnée par un passionné…

 

Le soir même, je m’inscrivais à un défi d’écriture particulièrement curieux vu ma découverte du jour : inventer une histoire d’après la citation de Kafka :

 

« Écrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. » (Lettre à Milena).

 

Quelques extraits de ces lettres que je vous livre en état :

 

La lettre du Sergent F.J. Gazley, Dortmund,

 

« Après tout, la vieillesse, à ce qu’on me dit, est l’époque, où l’on se remémore les folies de la jeunesse et regrette de ne pas en avoir commis davantage – je ne veux pas que cela m’arrive »

« Je suis bien heureux que nous soyons d’accord en ce qui concerne la guerre, c’est horrible, comme tu dis et c’est plus, c’est innécessaire. Il n’y a jamais qu’une petite poignée de fanatiques qui veulent la guerre. La plupart des hommes sont raisonnables et la détestent. Ce qui est incroyable, inexplicable, c’est que ces braves types consentent à suivre la minorité microscopique. Moi je ne la suivrai pas. Je suis soldat parce que l’on m’oblige à l’être. Mais du moment qu’on me dit de prendre mon fusil pour tirer sur un autre être humain, je t’avoue franchement que je vais filer vite vers l’Amérique du Sud ! (…) ».

 

Et une dernière lettre de détresse inouïe qui se termine par « Il faut y être pour savoir ce que c’est. Mon cœur n’est plus qu’une pauvre chose meurtrie ».

 

Après quelques recherches, j’ai découvert le décès récent d’une personne concernée par la teneur de cette missive et en respect pour elle, j'en tairai la provenance. Un vide-grenier récent...

 

Un petit conseil : vérifiez vos greniers, ils peuvent détenir des secrets qui risquent d’être éventés par la curiosité d’un écrivain qui passe par hasard…

 

Pèse-lettre, fantome, lettre, passé, souvenir

18:00 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

J'adore Rachel !!! Superbe !!!

Kafka... je savoure !

J'espère que le baiser que je t' envoie ne sera pas goulûment bu par un fantôme... à cette heure ils sont encore à l'apéro, je croise les doigts :-D

Écrit par : Magali | 07 avril 2015

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