18 mars 2010

Les états d'âme d'Adèle - Perles et Porte-jarretelles

Adèle se tenait devant sa psyché. Langoureusement.

 

Depuis plus d'une heure, elle se pavanait, offrant à son regard émerveillé une silhouette élancée aux formes rondes et harmonieuses. Adèle était amoureuse. Elle aimait. Elle était heureuse. Tout simplement.

 

Elle s'admirait avec les yeux de celui qu'elle aimait en secret. L'aimerait-il ainsi ? Le contraire ne se pouvait pas : tous les hommes sans exception aimaient voir les femmes dans cette tenue.

 

La vendeuse du magasin « Madame de Pompadour » le lui avait confirmé avec une mine concupiscente. Du coup, elle avait acheté le string en soie blanche bordé de perles et le porte-jarretelles à lacer dans le dos. Les deux extrémités du nœud flottaient sur ses deux fesses rebondies : elle trouvait cela excitant imaginant les doigts de son amant s'emparer de ceux-ci pour  délicatement la déballer comme un précieux objet d'art ou encore, comme un présent tellement attendu que le fait de prendre son temps anticipait et amplifiait la joie de la découverte ultime. Il lui faudrait aussi enlever ses bas transparents brillants ornés d'une large bande de dentelles et de perles blanches ainsi que son soutien-gorge : il était tout simple et pourtant du plus bel effet grâce aux reflets irisés des perles : sa peau paraissait plus blanche. Ses seins lourds emprisonnés malgré eux dans une cage de satin criaient et appelaient la caresse : on eût dit qu'ils étaient prêts à bondir de leur cachette : nul doute que leurs pointes ressortiraient fièrement dressées attendant avec impatience d'être dégustées, mordillées ou simplement effleurées...

 

 

À cette pensée, elle saisit vivement la fine houppette de duvet rose posée sur le tabouret - tabouret sur lequel, elle s'était exercée à prendre des pauses à la Marlène Dietrich - et la promena une dernière fois sur son décolleté. Elle avait saupoudré son corps d'une sorte de poudre de riz. Aphrodisiaque lui avait-on affirmé.

 

D'ailleurs, elle avait tressailli plusieurs fois : ses baisers sur sa peau seraient-ils aussi doux ? Impatiente de découvrir ! Sa tenue était complétée par un large ras-de-cou en satin blanc orné des mêmes perles que sa tenue affriolante. Cela lui donnait un air prometteur. Elle n'avait pas osé prendre la cravache. Aurait bien voulu. La prochaine fois peut-être ? Par contre, elle avait acheté sans hésiter les bottines blanches à petits talons : il lui semblait que cela l'amincissait. Au final, elle se trouvait... affriolante. Piquante, même. Elle aurait voulu qu'il ouvre la porte et reste béat devant ses charmes. Pas trop longtemps tout de même : juste assez pour lui laisser le temps de tourner sur elle-même pour qu'il admire sa cambrure, sa chute des reins et son joli postérieur en attente de caresses ou de fessées selon son humeur. À lui. À elle.

 

Elle terminerait par un regard à la fois timide et prometteur : n'avait-elle pas essayé pendant plus d'une heure, différentes attitudes ? Tantôt lascive, tantôt faussement prude. Maintenant, elle était prête. En attente de lui. Totalement.

 

Chaque jour depuis plus d'une dizaine de jours, elle le voyait. Il était nouveau dans le quartier. Personne ne savait d'où il venait. Cela n'avait pour l'instant pas d'importance. Parfois, une femme venait lui rendre visite : probablement sa mère ou sa sœur ? Difficile de juger. Certainement pas sa femme : il l'embrassait sur la joue ! Du moins, la seule fois où elle l'avait vu ouvrir la porte.

 

 

Les autres jours, toujours en début de soirée, il était debout devant la fenêtre comme s'il observait le ciel. Elle avait compris que c'était elle qu'il regardait. Son visage était tendu vers elle. Tous les jours à la même heure. Sans jamais faillir. C'est le troisième jour qu'elle avait compris : pour elle ! Pourquoi ou pour qui d'autre serait-il là ? D'ailleurs, il était bientôt l'heure...

 

 

Elle avait tout prévu : elle laisserait les tentures ouvertes et allumerait sa lampe de chevet. Elle passerait comme si de rien n'était devant la fenêtre. Peut-être, ferait-elle semblant de s'apprêter comme si elle sortait ? Mine de rien. Espérant qu'il la découvrirait « Femme » et non pas uniquement « voisine d'en face ».

 

Il y avait quelques jours, elle s'était prise au jeu, lui avait fait signe de la main. Il n'avait pas répondu se contentant pourtant de fixer sa fenêtre, le visage en attente d'elle. Son appartement à elle était un étage et demi plus haut, du coup, elle avait vue plongeante chez lui du moins lorsqu'il allumait son plafonnier. Par contre, elle devait vraiment être proche de la fenêtre pour qu'il puisse la voir complètement : elle se félicitait d'ailleurs d'avoir mis cette année une double porte-fenêtre. Pour le bruit. Pour la lumière. Pour la chaleur. Et maintenant, pour lui...

 

Elle aurait voulu que les deux bâtiments soient plus rapprochés, au moins, elle aurait pu distinguer ses traits. Elle n'aurait pu le décrire si on lui demandait. Il avait une attitude que nul autre n'avait. Il était grand. C'était certain. Les cheveux sombres. Cela lui plaisait. Le visage parfois penché comme s'il écoutait. Elle aurait voulu connaître la couleur de ses yeux : les imaginait verts. Tantôt marrons. Parfois, lorsque le soleil visitait son appartement, il mettait des lunettes de soleil. Sport, lui semblait-il. Que ne faisait-il pas pour mieux la voir !

 

Il était 17h30 : Il allait bientôt venir devant sa fenêtre. Elle attendit. Quelques minutes. Puis, plusieurs. Longues. Trop longues. Espérant à chaque fois. Tressaillant lorsqu'il lui semblait voir la tenture bouger. À force d'observer, elle faillit ne pas voir la porte d'entrée s'ouvrir. C'était lui. Certainement. Jusqu'à présent, elle n'avait pas eu la chance de le croiser dans le quartier pourtant ce n'était pas faute de visiter tous les supermarchés du coin, les deux boulangeries et la librairie, elle qui ne lisait jamais le journal !

 

Enfin, elle le vit. Lui. Et sa canne blanche.

 

Il ne l'avait jamais vue. Ne la verrait jamais.

 

Quant bien même, elle voulait le découvrir, le connaître, l'émerveiller... Un jour, oui, il la caresserait. Elle se le promettait...

 

sexy

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20:50 Écrit par Rachel Colas dans + LES ETATS D'AME D'ADELE | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sexy, porte-jarretelles | | |  Facebook | | | | Pin it! |