09 avril 2016

Regarder en arrière, prendre le temps et puis avancer...

s'écouter, méditation pleine conscience, exister

"Listen" - Photo de Simon Zalto, trouvé sur Flickr.

 

Après quatre mois et demi de convalescence, je retrouve enfin une vie « normale » ! Je n’imaginais pas que cela me manquerait autant ! L’on pense toujours que le fait de rester chez soi est une aubaine face à notre monde stressé par les objectifs et le rendement. Si c’est vrai pour les vacances, ce n’est pas la même perception quand notre santé nous demande ardemment de stopper net toutes nos activités. Un moment donné, alors que le processus de guérison est largement entamé, l’envie de sortir du cocon se ressent viscéralement.

 

Même si je m’autorise comme tout être humain à m’apitoyer un court instant sur mon sort, je remonte vite la pente : je découvre rapidement (ou je m’efforce à dépister) le côté positif de l’évènement qui a priori « perturbe » le quotidien. Comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, je ne risque pas de m’ennuyer ! Je pense aussi que goûter l’obscurité permet de mieux déguster la lumière… si l’on est prêt à la savourer !

 

J’imaginais, en toute sincérité, exploiter mes quatre mois et demi de congé forcé pour terminer mon roman en cours d’écriture et mettre le temps « libre » à « profit ». Cette notion de profit nous colle à la peau ! À croire que nous nous conditionnons, malgré nous, en filigrane de cette société mercantile qu’est devenue la nôtre ! Malheureusement, c’est souvent aux dépens de nos valeurs essentielles ! Et si pourtant c’était ce qui nous fait avancer ? Est-ce la bonne manière pour vivre épanoui ? À vrai dire, je ne le pense pas…

 

Je suis restée sereine et extraordinairement optimiste pour la première opération maxillo-faciale, et si j’en avais intégré de toutes les fibres de mon corps, la nécessité et les bienfaits que cela m’apporterait, je n’en avais portant pas mesuré l’impact physique et émotionnel... Quand le corps souffre ou se répare, il doit être au calme et dans le lâcher-prise. Fidèle à moi-même, je me suis donc fixée des échéances du style « dans deux semaines, je pourrai écrire » sans me rendre compte que je marchandais avec moi-même alors que physiquement j’en étais bien incapable en raison des suites évidentes de l’opération et d’une tension bien trop basse.

 

Jusqu’au jour où j’ai compris : je devais accepter que ce roman reste en plan, et surtout de m’accorder le droit de laisser mon corps se reposer à son rythme, sans aucune obligation : ni d’un délai ni d’une quelconque performance ! Lorsque j’ai intégré la nécessité d’accueillir cette faiblesse, ce besoin somme toute primaire, je n’ai plus ressenti cette « injonction » que je cultivais malgré moi, ce « devoir », cet ordre que je m’infligeais en dépit du bon sens. Quelle délivrance ! Et… comme nous sommes (parfois) durs envers nous-mêmes !

 

J’ai donc appris en tâtonnant, à trouver mon rythme, à m’accorder du temps, à prendre conscience de mes limites physiques, mais aussi intellectuelles. Le repos complet : impossible de lire ou de focaliser mon attention à longue durée sur quelque chose d’intéressant ou de nourrissant. À peine un film « à l’eau de rose » l’après-midi, du genre que si vous vous endormez une demi-heure, vous comprenez sans peine la suite de l’histoire et je pense avoir vu tous les contes de Noël ! Vous savez de ceux que l’on connaît dès les premières minutes, « qui épousera qui » avec une fin obligatoirement idyllique ! Même mon imagination était condamnée au repos forcé ! Une période où les images ont défilé comme la brise effleure la surface d’un lac. Fausse impression du temps perdu…

 

Au fil des semaines de cette pause inévitable se profilait la seconde opération, l’hystérectomie, qui risquait de bouleverser ma vie avec le changement obligé causé par les hormones. L’inconnu effraie, et en réalité, je suis persuadée que la peur en elle-même est pire que les moments tant redoutés. Le jour de l’intervention, je suis restée calme, mais certainement pas aussi sereine que pour la première alors que j’en avais également assimilé la nécessité. J’ai eu la bonne surprise de ne pas souffrir exagérément, quasiment rien comparé avec la première ! Cependant, je devais vivre au ralenti six semaines obligatoirement avec la recommandation du spécialiste : « écoutez votre corps ». Bizarrement, le même message revenait. Je ne crois pas au hasard, si bien que cette recommandation a raisonné étrangement en moi, reprenant en cœur l’écho de ma petite voix…

 

Du haut de mes quarante-huit ans, c’est bien la première fois que je dois réellement être à l’écoute de ce corps qui m’abrite. D’habitude, c’est mon intellect qui carbure au point de me donner le tournis, toujours dans l’imaginaire, le besoin de créer, d’inventer, de me poser des questions sur le monde, la vie, etc. Écouter son corps paraît facile, et pourtant cela ne l’est pas. Du tout. Mon corps se remettait de la première opération, la seconde m’apportait une fatigue supplémentaire et une mise en garde sévère de ma gynécologue : le piège de l’hystérectomie réside dans le fait que les femmes se sentent vite, trop vite « bien » et qu’elles reprennent exagérément une vie « normale ». Je m’étais promis de veiller sur moi, sur ce corps qui m’hébergeait et qui avait besoin d’être cajolé. J’ai la chance d’être très bien entourée par mes proches, en particulier de mon mari, ce qui m’a facilité grandement la tâche.

 

C’est à ce moment-là, ce moment où l’esprit rend les armes, où la quiétude accepte d’écouter ce que le corps réclame à grands cris, qu’arrive l’inattendu sous forme de différentes réponses, ou plutôt des pistes de réflexion. Le corps savait, l’esprit ignorait ! J’ai éprouvé viscéralement la nécessité de vivre l’instant présent pleinement. Il n’est pas facile d’accueillir sans jugement ses pensées, en comprendre le cheminement et revenir sans cesse à l’instant présent : l’ici et maintenant. Un concept qui semble simple et qui, pourtant, ne l’est pas. J’ai découvert ce « pouvoir ». Aujourd’hui, je décide de cultiver ces instants et ce n’est pas facile du tout. Cela demande une rigueur qu’à l’heure actuelle, je n’ai pas encore acquise. J’y travaille et je m’accorde le temps nécessaire. Hors question de « bien faire » ni de « réussir ». Juste le vivre. Le monde ne s’est pas construit en un jour… D’autres choses ont modelé de manière imperceptible mon quotidien. Des changements d’habitude qui façonnent la vie subtilement : elle se décline dans des teintes que je trouve plus authentiques.

 

À m’écouter plus, j’ai entendu plus. Nous recevons tous que j’appelle des « signes » qui nous confortent dans la bonne voie ou qui au contraire nous mettent en garde. C’est la « petite voix », l’intuition, le ressenti ou même la synchronicité. Étrangement, de nouvelles occasions se sont présentées comme par magie. L’esprit s’éveille et s’ouvre à l’éclairement. Il demeure aux aguets, docile, sans précipitation, et se laisse conduire par l’intuition en toute confiance. Tout doucement, cette envie d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter est revenue en force dans des domaines qui ne m’intéressaient pas ou peu, ou que tout bonnement j’ignorais, une sorte de prise de conscience qui me fait dire aujourd’hui « comme ai-je pu demeurer si aveugle ? ». Probablement, parce que je n’étais pas prête. Le changement arrive parfois par des détours singuliers…  

 

À l’heure qu’il est, mon roman n’est toujours pas terminé : seule, la deuxième partie est ébauchée et le dernier mot date de novembre. J’ignore quand je reprendrai la plume pour rejoindre mon héros et cela n’a pas d’importance. Je sais juste qu’il profitera de ma nouvelle conscience. En réalité, lui, je le soupçonne de l’avoir perçu avant moi. Est-ce pour cela que j’ai effacé un chapitre entier avant mon opération, en me disant que j’y reviendrai, et en sentant intuitivement que mon personnage méritait mieux ou qu’il avait besoin de quelque chose dont j’ignorais encore l’existence ? Et si c’était tout simplement moi qui éprouvais la nécessité de vivre d’une autre manière et non ce personnage ? Rien n’arrive par hasard…

 

L’on devient ce que l’on pense, dit-on. Ainsi pour changer notre vie, si tel est notre besoin ou notre désir profond, je suis persuadée de l’importance de s’écouter et de trier nos pensées, nos ruminations, nos inquiétudes... Lorsqu’on parvient à les mettre en sourdine, ou les accueillir sans y plonger tête baissée, explosent dans le silence de soi des réponses inattendues. C’est extrêmement impressionnant et… réconfortant !

 

Je retiens que ces quatre longs mois m’ont fait grandir, et me conforte dans l’idée qu’il y toujours quelque chose de positif dans des évènements que nous pensons douloureux, difficiles ou même injustes. Quel cadeau de faire confiance à la vie, de croire en nos capacités d’adaptation, de créativité ! Chacun d’entre nous porte en lui d’immensurables ressources. S’écouter permet en quelque sorte d’appréhender plus objectivement la réalité et de s’y aligner. Malgré tout, je ne détiens pas toutes les réponses, loin de là, et c’est tant mieux ! Je reste ainsi libre d’utiliser ma curiosité à l’envi et de découvrir encore et encore. Me voici prête pour de nouvelles aventures, avec l’objectif de déguster l’Aujourd’hui pour me préparer à Demain avec ce que j’ai appris d’Hier.

 

Portez-vous bien et profitez !

 

 

 

09:39 Écrit par Rachel Colas dans Citations, Pensées, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

29 février 2016

Nid d'artistes, livre (Peintures et poésies)

 

 

Livre, peintures, cocon, bien-être

 

Tableaux de peinture sur le thème du Nid, illustrés par des poésies

Peintures : Martine Levêque

Textes : Rachel Colas

 

Parce que les bonnes nouvelles ne peuvent rester silencieuses, je suis heureuse de vous annoncer la mise en ligne du livre « Nids d’Artistes », ICI.

 

Ce livre est né d’une multitude d’idées et d’émotions partagées tout au long de l’année 2015 avec mon amie Martine Levêque, peintre. Je la remercie infiniment de m’avoir invitée à son envie de créer le Nid, cocon de bien-être dont on a tellement parfois besoin !

 

Martine m'envoyait sa toile dès qu'elle était terminée. Il ne me restait plus qu'à me laisser bercer par mes émotions et y déposer mes mots.

 

Ce livre représente un an de travail, et surtout une grande complicité d’artistes, de femmes.

 

 

13:20 Écrit par Rachel Colas dans LIVRE NID d'ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

14 février 2016

Be Here Now - Être ici et maintenant.

Be here Now, Ici et Maintenant

 

Tellement simple, tellement évident

Pourtant.

Pourtant il n’y a que moi

Qui peux décider de cela.

Rien que moi et moi [BE]

Et parfois,

C’est beaucoup trop tout ça.

 

Pas facile la contemplation

D’un moment hors émotion

Un moment entre moi et moi

Rien qu’un instant,

Rien qu’un moment.

Ici et Maintenant [HERE]

 

Un sublime morceau de temps

Sans histoire

Sans faux semblant

Rien qu’écouter, sans se concentrer,

Se déconnecter pour se connecter à

ce corps, ce monde, ce moment.

Le Moment.

Ce fragile instant.

Qu’est le Présent. [NOW]

 

Entendre, ressentir

Respirer de la tête aux doigts de pieds.

Sans jugement.

Accepter. Apprécier. Se ressourcer.

Un instant. Rien qu’un instant.

Rien qu’un moment.

Ce moment.

 

(*) Contexte de ce texte, sur la page Facebook L'art de réaliser ses rêves : ICI

 

 

11:29 Écrit par Rachel Colas dans Citations, Pensées, ÉMOTIONS POÉTIQUES | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

31 décembre 2015

Bonne et heureuse année 2016 !

 

Bonne année, voeux

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.


Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.

 

Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences.

 

Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.

 

Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.

 

Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque.

 

Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.

 

Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.

 

Jacques BREL, 1er janvier 1968

 

 

Je vous présente mes meilleurs vœux pour l'année 2016,

Qu'elle vous comble et vous apporte le bonheur !

19:00 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

22 novembre 2015

Pour un beau sourire

 

 

Rachel Colas

 

Demain, c’est mon anniversaire.

Demain, je me fais opérer.

Je suis confiante.

Je suis sereine.

Je n’ai pas peur.

Je n’aurai pas peur.

Non, je n’aurai pas peur, car j’ai déjà vécu cette journée.

J’ai écrit ce qu’il se passerait demain, il y a six mois environ.

Et puis, je sais aussi que je penserai à mes paroles et à cette jeune fille.

Où qu’elle soit, je lui dédie ce texte.

Ceci est une histoire vraie et c’est la mienne.

 

 

Cela va être mon tour d’entrer dans le bloc opératoire. Je n’ai pas peur. Il faut dire que je n’en ai pas le droit. Tout ira bien. Tout mon parcours est semé de petits clins d’œil parfois assez époustouflants tant ils sont évidents. Malgré tout, je prends le temps d’assimiler. De réfléchir. De prendre position.

 

N’empêche, prendre conscience des signes qui nous sont adressés, renforce le sentiment d’être dans le bon chemin, que les décisions prises sont assurément les bonnes. Faut juste s’écouter, et regarder autour de soi. Et surtout, déchiffrer, comprendre, ces fameux signes. Car ils sont partout. Partout !

 

Souvent, je les déniche dans les désistements : cela m’arrive tout le temps. L’autre fois, il y a peu, lors d’un coup de fil à un spécialiste dont l’agenda est bouclé sur des mois : une place de libre peut-être ? Eh bien oui ! Cela marche dans la majorité des cas. Et si cela ne se réalise pas, c’est qu’il y a une bonne raison ! Simpliste ? Oui. Et alors ?

 

J’attends sagement. J’ai un peu froid sous le trop fin drap. Bientôt, on m’endormira, je voyagerai dans un sommeil artificiel et je me réveillerai quelque peu différente. Je transis et en même temps, je suis impatiente. Ne serais-je pas en meilleure santé ? Et puis, j’ai une autre raison de me réjouir : aujourd’hui, c’est mon anniversaire !

 

Je n’ai pas choisi la date d’opération. Elle m’a été donnée par le secrétariat. Encore une fois, il me semble que cette opération nécessaire m’est offerte comme si c’était un cadeau d’anniversaire ! Superstitieuse, je n’ai pas voulu la changer. Je me suis même amusée à l’humour noir : si je « restais » dans l’opération, cela me ferait une jolie date pour un écrivain… J’ai toujours aimé l’originalité, mais à ce point… Ce n’est pas au goût de mon cher mari qui me tance gentiment. Il a plus peur que moi !

 

Pour mon avenir, je ne peux pas me passer de cette intervention médicale. Il en va de ma santé. J’ai de la chance, oui de la chance de pouvoir en bénéficier. J’ai banni de mon vocabulaire le mot « subir ». Désormais, je bénéficie de cette opération. L’impact positif est décuplé et cela m’aide à balayer l’inquiétude insidieuse, à accepter et à regarder les choses différemment.  

 

Oui, je n’ai pas peur. Je me souviens de mes propres paroles de réconfort. Bientôt, je rentrerai dans la salle, je sais que je tremblerai un peu de froid et malgré tout légèrement, beaucoup peut-être d’appréhension, nerveusement parce que je ne suis pas une « wonder woman », et puis je sais que l’anesthésiste ou l’infirmière bavardera avec moi de mes enfants, de ce que j’aime avant le décompte qui m’enverra dans un sommeil sans rêves. Un patient doit toujours être endormi avec en tête un agréable moment, paraît-il.

 

Il y a quelques années, j’étais au même endroit. Pour une opération tout à fait bénigne. Je me souviens de la requête de l’infirmière :

- « Il y a une jeune fille qui attend comme vous. Seriez-vous d’accord que je la mette à côté de vous. Elle est anxieuse. Être avec quelqu’un la rassurerait avant de rentrer au bloc… »

 

C’est incroyable comme donner du courage nous fait oublier notre propre peur ! Cela fut fait, rapidement. Je me souviens avoir pris sa main. Elle m’a demandé la raison de ma présence. Ce n’était pas important. Elle n’avait que quinze ans. Elle allait être opérée de la mâchoire. Une grosse opération. Très lourde. Je me souviens de mes paroles :

- Mais tu vas avoir un sourire magnifique alors !  Tu vas voir, cela va bien se passer ! J’en suis certaine ! Tu seras encore plus jolie !

 

Nous sommes conduites chacune de notre côté par les blouses vertes vers notre salle d’opération. Demander de ses nouvelles a été ma première question lorsque j’ai repris connaissance en salle de réveil. Tout s’était bien déroulé…

 

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Aujourd’hui, je n’ai pas le droit d’avoir peur parce que demain, je vais avoir un - encore plus - beau sourire !


 

 

20:04 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

02 novembre 2015

Pensées d’écrivain, un lundi matin, dans sa voiture, en allant faire ses courses...

autodérision, pensées, écrivain

Et j'aime ça !

 

 

9h. Rentrée des courses, achat d'une viande et de quelques légumes pour le souper du soir, et une paire de bas 40 Den (minimum, s’il vous plaît ! Merci Cristina), quand me tombe dessus une question existentielle : que deviendront mes personnages si je venais à disparaître ? Seraient-ils en deuil ? Arriveraient-ils à s’échapper de mes lignes ? Seraient-ils coincés dans la trame de l’histoire que j’ai inventée ? Même si ce sont eux qui me l’ont soufflée ?  Ou iraient-ils voguer dans l’esprit d’autres auteurs pour y continuer leur vie ?

 

Et si je leur demandais ? Pas certaine d’avoir une réponse, mais qui ne demande rien, n’a rien n’est-ce pas ?

 

De Drôle d’idées, n’est-ce pas, pour un lundi matin, après quand même un café et demi ! Et je ne participe pas vraiment au NaNoWriMo ! Faut pas demander ! ;-)

 

Bon, trêves de pensées, faut que je me replonge dans mon roman et y découvrir les derniers événements.

 

Bonne journée à tous,

09:58 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES*, NaNoWrimo 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

01 novembre 2015

Mon premier jour de « non-NaNoWriMo* 2015 »

 

NaNoWrimo, 2015,

  Illustration de Catrin Welz-Stein

 

 

NaNoWriMo 2015* : 31 octobre 2015 minuit, le go est donné ! Des milliers de personnes (environ 400.000 dans le monde l’an passé) sont en ce moment en train d’écrire un roman de minimum 50.000 mots en trente jours ! Que ce soit à la main ou sur le clavier, des kilomètres de mots s’enfilent à une allure folle et vertigineuse !

 

Je ne résiste pas à l’appel du clavier avec une pensée émue pour tous les Nanoteurs ! Des mots sont jetés sur la toile pour en construire des milliers d’histoires et certains seront publiés.

 

Je me vois encore la première année, le stress au ventre avec la question « y arriverais-je ? », et puis, l’an passé, plus sûre de moi : « si on réussit une fois, il n’y a pas de raison de ne pas réussir la fois suivante ». Et puis, la récompense finale : deux romans terminés et aujourd’hui corrigés, sur mon bureau, qui bientôt, seront envoyés à ma maison d’édition.

 

J’ai commencé mi-septembre un nouveau roman. J’en commence la deuxième partie soit le tiers du roman. Je prends mon temps, déguste chaque mot, pars à la découverte de mon personnage, intrigant, sensible et à qui il arrive une incroyable histoire, une histoire qui pourtant nous concerne tous... Chaque phrase semble me rapprocher de lui alors qu’à la fin du chapitre, il s’enfuit dans une direction insoupçonnée. Je n’ai aucune idée de la fin, j’ai confiance et je l’accompagne dans son monde, docile et intriguée. Une surprenante relation me lie avec ce personnage qui m’émeut au plus profond de mon être. Ce roman se construit dans une authenticité délicate, à petites touches. Le personnage, tout mon contraire, accepte que je l’écoute, en douceur et avec sincérité. Je lui dois de prendre mon temps pour trouver les mots exacts et décrire le plus fidèlement son histoire troublante.

 

Je reste donc en filigrane de cette merveilleuse aventure, c’est le prix à donner pour cette histoire, l’histoire d’un être que j’apprivoise au fur et à mesure en tapant sur les lettres à moitié effacées de mon clavier.

 

Je souhaite un merveilleux mois de novembre et beaucoup de succès à tous les Nanoteurs !

 

Article : Le Figaro, ICI

 

 

*National Novel Writing Month

00:10 Écrit par Rachel Colas dans NaNoWrimo 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

19 septembre 2015

Qu’en est-il du NaNoWriMo cette année ?

écriture, Nanowrimo

 

 

J'en ai déjà parlé sur ma page "L'Art de réaliser ses rêves", hier : voilà une question que je me pose depuis quelques jours : vais-je ou non participer ?

 

Franchement, mon cœur balance entre les deux !

 

C’est une aventure extraordinaire qui, il faut bien le dire, chamboule le quotidien (et ceux qui partagent mon quotidien aussi – une aventure pas toujours facile à vivre, mais au combien unique en son genre !).

 

En principe, si mes « plans » se poursuivent comme il se doit, le mois de novembre sera très particulier cette année. Il me faudra engranger une bonne dose de sérénité : est-il donc bien sage de me mettre la pression, de participer à cette aventure qui fait palpiter mon cœur plus que de raison ? Sincèrement, je me tâte… Certains me disent de me préserver, de garder mon énergie. Ils n'ont pas tort...

 

Sans compter qu’un imprévu vient de chambouler ma petite vie sereine d’écrivain : un personnage émouvant vient de rentrer dans ma vie. Je n’en avais jamais connu depuis que j’écris de pareil ! Je suis assez... étonnée ! Le pire est qu’il ne veut pas attendre novembre : il veut s’exprimer maintenant ! Au moins, avons-nous un défaut en commun : cette tendre impatience qui nous caractérise si bien !

 

« Point de tricherie dans la vie ! ». Voilà ce que je me dis ! Et donc, les premiers mots sont jetés en une quinzaine de feuilles volantes…

Je peux aussi me la jouer « rebelle » et compter les mots écrits uniquement en novembre… mais non, je ne veux pas faire la course sur le clavier même si les mots y défilent à une allure hallucinante : « il » mérite mieux. Il me semble n'avoir rien à prouver, ni autres ni encore, pire à moi-même... Pourtant les défis, j'adore les relever... et les gagner ! Mais faut-il toujours se battre ? Ne pouvons-nous simplement profiter de la vie sans toujours se mettre la barre un peu plus haut ? "Sortir de sa zone de confort" : j'aime particulièrement ça, mais aujourd'hui, je m'accorde le droit de prendre du temps et de le déguster dans les moindre détails ! (ça n'a pas de prix !)

 

Alors oui, novembre sera placé sous le signe de l’écriture, mais comme n’importe quel mois de l’année sauf peut-être qu’il sera dédié à « lui », ce personnage émouvant qui a tellement à me dire qu’il me fait monter les larmes aux yeux en écrivant son histoire…

 

Et puis, ce n’est pas tout ! Parce qu’un projet 2016 me tient à cœur avec une artiste incomparable Martine Levêque et qu’il est plus important de le réaliser que de faire défiler 50.000 mots en un mois… Un projet qui me donne de la joie, qui me ressource, qui explose en couleurs et me surprend à chaque fois. Un projet qui me donne des ailes, une goulée d’air dans un monde parfois grisé par l’actualité… L’Art avec un grand « A » qui n’est que l’aube de moments merveilleux… Je rêve, et mon côté poétique s'en vole et prend son pied ! Que demander de plus ? C'est aussi "Oser" ! Il me semble que ma zone de confort s'étend de plus en plus loin et j'aime ça !

 

Si l’année 2016 va m’apporter quelques difficultés somme toute dérisoires, elle sera promesse de belles rencontres et de beaux moments. Je veux y croire. J’y crois et je me fais confiance.

 

Je pense que je pris ma décision : non, je ne participerai pas au NaNoWriMo 2015 et oui, j’ai le cœur fendu en deux.

 

Parfois l’abandon a quelque chose de précieux qu’il permet d’aller de l’avant…

 

Ps : et cela ne m'empêchera pas de soutenir les nanoteurs !

14:20 Écrit par Rachel Colas dans NaNoWrimo 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

15 septembre 2015

Le jour où je me suis aimé pour de vrai...

 

Ce magnifique texte n'est pas de ma plume, c'est bien dommage !

Il faut en remercier... Charlie Chaplin !

Et j'ai le plaisir de  l'offir à ceux qui ne le connaissent pas,

et pour les autres, qui sait, une relecture ? 

  

Charlie Chaplin

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai...

 

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle estime de soi.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle authenticité

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de vouloir une vie différente,
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue
à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle maturité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation, ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien
que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts, et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle respect.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire :
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle amour-propre.

 

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire des grands plans.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime,
quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, j’appelle ça simplicité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’humilité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle plénitude.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
Elle devient un allié très précieux.

 

CHARLIE CHAPLIN

 

 

 

18:16 Écrit par Rachel Colas dans Citations, Pensées | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

09 septembre 2015

Je suis sereine (Viva la vie !)

douceur sérénité

 

Je me suis amusée à écrire cet acrostiche « Je suis sereine » et puis, soudain, ma « petite voix » s’est imposée. Comme souvent. Terriblement tenace ! Faut dire que je la trouve extra !

Et vous, comment trouvez-vous la vôtre ? Intrusive ? Compréhensive ? Rassurante ? Pleine d’astuces ? Terriblement contrariante ?

 

Je veux

Enluminer mon existence

 

Sourire à la vie

Unir mes forces et les partager. Vivre

Insouciante et toujours

Sans regret. Être…

 

Simplement sereine et surtout rester

Emerveillée, comme une enfant, dans les moments

Rares et magiques de la vie, les

Engranger et les cajoler dans mon cœur. Puis,

Irrésistiblement, garder foi en la vie

Nourrir d’espoirs mon

Existence afin qu’elle ne soit pas vaine.

 

            Vivre l’instant présent : « il passe trop vite ! »

            Imaginer le meilleur : « il reste à venir ! »

            Vaincre mes peurs : « tout ira bien, je te le promets ! »

            Aimer envers et contre tout. « L’amour, c’est ce qui fait vivre ! »

 

            Liberté : t’apprivoiser ! « Toujours ! »

            Abandonner les doutes « Quels doutes ? »

 

            Voyager et veiller sur ceux que l’on aime : « et c’est réciproque ! »

            Ignorer le négatif, garder l’inspiration : « Va ! Imagine ! » Et puis, surtout,

            Etre heureuse… « Ne l’es-tu pas ? ».

 Si...

16:00 Écrit par Rachel Colas dans ÉMOTIONS POÉTIQUES, Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

06 septembre 2015

Le monde est devenu fou ! Désormais, il n'y a plus de place au paradis (Texte à mettre en musique)

Migrants, désepoir, paradis, honte

Illustration : Olivia alivi

 

 

Le monde est devenu fou, désormais il n’y a plus de place au paradis !

Je veux m’enfuir de ce monde, mais il me retient

Je cours encore et encore, mais en vain

Je galope à contresens, à la recherche de l’espérance

Les hommes cultivent la haine, la peur de la différence

Le monde a perdu de sa vie, le premier sens

Et moi, je cours en contresens devant une telle souffrance

 

Le monde est devenu fou, désormais il n’y a plus de place au paradis !

J’ai perdu mes croyances en ce monde plein d’arrogance

Le monde bannit la bienfaisance au nom de l’aisance et l’abondance

Le monde a fait alliance avec le diable, ce n’est vraiment pas de chance !

Je veux m’enfuir de ce monde, mais il me retient

Je cours encore et encore, mais en vain !

Je galope à contresens, à la recherche de l’espérance

 

Le monde est devenu fou, désormais il n’y a plus de place au paradis !

Je plains ma descendance, elle court droit à la déchéance

Si le monde boude sa délivrance, si elle oublie sa tendre enfance

Moi, je bannis l’intolérance, une offense sans complaisance

Je veux m’enfuir de ce monde, mais il me retient

Je cours encore et encore, mais en vain !

Je galope à contresens, à la recherche de la tolérance

 

Le monde est devenu fou, désormais il n’y a plus de place au paradis !

Le monde cultive l’ignorance au profit de l’indépendance et de la finance

Le monde a perdu son insouciance, est-ce plus facile la méfiance ?

Je veux m’enfuir de ce monde, mais il me retient

Je cours encore et encore, mais en vain !

Je galope à contresens, à la recherche de l’espérance

 

Peut-être un jour la délivrance ? Un Nouveau Monde, une nouvelle naissance ?

Le monde est devenu fou, désormais il n’y a plus de place au paradis !

Peut-être, trouverons-nous un jour en chacun de nous une parcelle de bienveillance ?

Peut-être, un jour la cultiverons-nous ?

Parce qu’aujourd’hui, le monde est devenu fou.

            Parce qu’aujourd’hui, il n’y a plus de place au paradis…

 

19:23 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE*, Citations, Pensées | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

25 août 2015

Un jour...

Hermite, solitude, la paix

Temps de lecture : moins d'une minute

 

 

 

Un jour, je serai Ermite

Et faudra pas venir me chercher

Faudra pas me dire de rentrer

Je ne veux pas de visites

 

Oui, un jour je serai Ermite

Parce qu’une chose m’importera : encore et encore penser

Et que j’aurai assez d’aimer. Au monde du silence, je veux me consacrer

Je sais que c’est une vie inédite, presque insolite

 

Un jour, je te dis, je serai Ermite

Car je veux garder en moi mes pensées inédites, même pas interdites

Y réfléchir, encore et encore, sans abandonner, dépasser les limites

Ce n’est pas prendre la fuite du réel, simplement, je médite

 

Oui, un jour je serai Ermite,

Même que j’aurai plein de polyarthrite, mais je m’en fiche

Ce sera un rite, une réussite, une tactique de vie à peine retranscrite

Je veux pas d’une vie écrite, je n’ai pas de mérite, je veux juste, un jour être Ermite…

 

 

PS : Ne le dites à personne car c'est un secret : à  défaut, je veux bien être Hermite*...

 

 

* Hermite : Chazara briseis, papillon

20:27 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

24 août 2015

Plagier par procuration (La sangsue)

Plagier, procuration

 

Temps de lecture : moins d'une minute

 

 

Il est clown, elle s’évertue à faire rire grassement

Et c’est un désastre, pire une pitié

Il est musicien, elle tapote en vain de touches aléatoirement

Et c’est un désastre, pire une pitié

Elle est écrivain, il lance des mots à tout va absurdement

Et c’est un désastre, pire une pitié

       

C’est un copier/collé, le clown, le musicien, l'écrivain n’aiment pas ça !

Faut pas confondre, chacun notre monde, ici-bas

Faut pas copier. Vis ta vie, toi. Et puis, basta !

 

Elle est poète, il inverse les lettres, et le sens même ment

Et c’est un désastre, pire une pitié

Il est humoriste, elle lance des vannes désespérément

Et c’est un désastre, pire une pitié

 

Chacun son truc, un copier/collé, le poète, l'humoriste n’aiment pas ça !

Ça ne les flatte pas, ils trouvent cela indélicat

Tellement indélicat ! Ne les copie pas : vis ta vie, toi ! Et puis, basta !

Qu’est-ce que tu crois ? Tu n’es pas moi. Jamais comme moi. Jamais.

 

Elle est chanteuse, il prend le micro et il s’égosille vainement

Et c’est un désastre, pire une pitié

Il et elle sont passionnés et brillants. Tu ne seras jamais eux. Trouve ton talent, c’est bien mieux comme ça !

 

Bien mieux comme ça ! Vis ta vie, pas comme moi. Surtout, pas comme moi.Qu’est-ce que tu crois ? Tu n’es pas moi. Jamais comme moi. Jamais !

 

 

22:02 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

À nos amours perdues et futures - Texte à mettre en musique

Amour, chanson, texte,

Temps de lecture : une minute.

 

Texte à mettre en musique.
Prévu pour être interprété en duo (voix masculine) avec une voix off féminine
ou une voix masculine et deux voix off (masculine et féminine)
 
 

À nos amours perdues et futures ! Trinquons mon frère !

Ce n’est pas aujourd’hui qu’est née, celle que j’aimerai…

Regarde, je suis là, près de toi… (Voix off)

 

Décolère-toi, mon frère,

Elle est née, je sais que c’est vrai !

Faut que tu gardes en toi, la foi…

 

Je sais, oui, je sais, le passé ne revient pas, me reste du rêve…

J’ai tiré un trait, oui, sur celles que j’ai aimées, un grand trait !

Regarde, je suis là, près de toi… (Voix off)

 

Décolère-toi, mon frère,

Elle est née, je sais que c’est vrai !

Faut que tu gardes en toi, la foi…

 

Peut-être qu’elle est là-bas, en attendant, ici, je crève !

Ma vie est un tableau abstrait sans attrait !

Regarde, je suis là, près de toi… (Voix off)

 

Trinquons, mon frère, à nos amours perdues et futures, même si mon cœur est en grève

Je vivrais bien avec elle, un extrait, même pour un forfait, si elle existait, si elle existait…

                                                                                                                                            

Décolère-toi, mon frère,

Elle est née, je sais que c’est vrai !

Faut que tu gardes, en toi, la foi…

 

Trinquons, mon frère, à nos amours perdues et futures, je vais attendre la relève,

Il faut bien que ce soit vrai et je f’rais bien un essai avec une fille qui me conviendrait

Regarde, je suis là, près de toi… (Voix off)

 

Mes forces, je les rassemblerais et avec elle, à mes bras, je marcherai à souhait…

Regarde, je suis là, près de toi… (Voix off)

 

14:59 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

18 août 2015

L'amour n'est pas celui que l'on croit ! - Texte à mettre en musique

Amour, chanson, texte, Cupidon,

Temps de lecture : 1 minute.

 

 

Je le sais bien moi que l’amour est sournois

Il pince le cœur, le maltraite et le fait battre comme un fou

Parfois, il engage Cupidon qui joue à faire le con

Il tire à l’aveuglette, et de son arbalète, touche qu’un seul cœur, à mettre au clou

À mettre au clou, car l’amour n’est pas celui que l’on croit

 

 

Je le sais bien moi que l’amour est sournois

Il joue avec moi et même avec toi, il a trop de bagou

Il prend notre âme et puis apporte l’abandon et la dépression

L’amour est un filou, il rend fou, je ne suis qu’un joujou

Q’un joujou, car l’amour n’est pas celui que l’on croit

 

 

Je le sais bien moi que l’amour est sournois

Il ment, prétend qu’il restera, c’est un voyou !

L’amour, ce n’est pas de l’abnégation, juste une abomination

Il est à mettre au trou sinon il nous mettra à genoux !

À genoux, car l’amour n’est pas celui que l’on croit

 

 

Je le sais bien moi que l’amour est sournois

Il rend les choses belles, et puis elles s’évaporent sans tabou

Me reste le cœur lourd sans compassion, rien que des complications

Je ne veux rien de lui : mon cœur est devenu caillou !

Juste un caillou, car l’amour n’est pas celui que l’on croit

 

 

Je le sais bien moi que l’amour est sournois

Mais je ne sais vivre sans, j’ai trop besoin de toi, de sauter à ton cou

J’ai besoin d’affection, pas d’affabulation, juste des effusions

L’amour est sournois, mais me fait vivre comme un fou, comme un fou.

Comme un fou, car l’amour n’est pas celui que l’on croit

11:37 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

13 août 2015

Stay with me - texte à mettre en musique

Rupture, amour, espoir, texte à mettre en musique

Illustration : Christian Schloe

Temps de lecture : 1 minute.

Texte inspiré d'une phrase issue d'une chanson du dernier album de Mika

 

 

Reste avec moi, ici,

Follow me

Pars de là-bas, de chez lui

Stay with me

 

Y’avait pas de soucis

Maintenant t’es à sa merci

J’te l’avais bien dit

Fallait pas déguerpir, fallait pas me fuir,

 

Reste avec moi, ici

Follow me

Pars de là-bas, de chez lui

Stay with me.

 

Je sais bien 

qu’j’suis un moins que rien

Que j’nourris mon destin

Dans trop de bouteilles de vin

 

Reste avec moi, ici

Follow me

Pars de là-bas, de chez lui

Stay with me

 

Mais c’est ta faute aussi

Puisque que tu l’as suivi

Et que tu t'es enfuie

Vrai, suis juste qu’un bandit

 

Reste avec moi, ici

Follow me

Pars de là-bas, de chez lui

Stay with me

 

Bientôt il fera nuit

J’ai plus d’amis

Rien que des ennemis

Suis seul avec mes ennuis

 

Reste avec moi, ici

Follow me

Pars de là-bas, de chez lui

Stay with me

 

J’voudrais tant que tout ça soit fini

Puisque t’es partie

J’vais noyer mes soucis

Dans l’alcool de l’oubli

 

Reste avec moi, ici

Follow me

Pars de là-bas, de chez lui

Stay with me

 

C’est la dernière fois

Que je bois, puisque t’es là-bas

Faut pas que je reste aux abois

Faut que je garde la foi

 

Reste avec moi, ici

Follow me

Pars de là-bas, de chez lui

Stay with me

 

La foi en moi, toi, tu ne m’aimes pas

Qu’importe si je ne suis plus le roi

Faut que je pense à moi

Oui, rien qu’à moi

 

Reste loin de moi, près de lui,

Puisque c’est fini

Reste là-bas, près de lui

Je me suis endurci, puisque c’est fini…

 

J’crois même que j’suis guéri

Je ne suis plus à ta merci…

Je me suis prémuni,

Depuis que je flirte avec l’oubli…

 

Reste loin de moi, près de lui,

Puisque c’est fini

Reste là-bas, près de lui

Je me suis endurci, puisque c’est fini…

 

 

17:00 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

Tout ce qu'elle veut ! - Texte à mettre en musique

Lune, voeux, étoile, amour,

Temps de lecture : moins d'une minute.

 

 

 

Et je lui ai dit : tout ce qu’elle veut !

Je partirai à la chasse aux étoiles filantes pour embellir sa chevelure

J’emprisonnerai le futur et le délivrerai dans notre présent

J’apprivoiserai la Lune pour qu’elle danse à ses pieds

 

Je lui ai raconté mes vœux,

Déposé devant elle, mon armature

Je ferai chanter, pour qu’elle s’endorme, le vent

Que mon amour ne sera jamais rassasié

 

Je lui ai dit que je changerai, pour la réchauffer,  l’eau en feu

Que mon cœur est vierge de toute éraflure

Que son visage y est omniprésent

Et surtout que je suis son meilleur allié…

 

Et depuis, j’ai engrangé beaucoup de vœux

Même que j’ai inventé pour elle beaucoup d’aventures

Et puis, un jour, j’ai vu mon avenir réellement

C’est une star de la Télé : je n’ai pas osé lui parler !

 

Je n’ai pas voulu pleurer

Parce qu’après chaque blessure

Survient, en son temps, l’espoir de l'émerveillement

Alors j’ai zappé et j’ai trouvé une nouvelle star de la Télé à aimer.

 

            Un jour, un jour, je lui dirai :

Que je partirai pour elle à la chasse aux étoiles filantes pour embellir sa chevelure,

Que j’emprisonnerai le futur et le délivrerai dans notre présent,

Que j’apprivoiserai la Lune pour qu’elle danse à ses pieds

 

            Oui, je lui raconterai :

Mes vœux,

Je déposerai devant elle, mon armure

Je ferai chanter, pour qu’elle s’endorme, le vent

Que mon amour ne sera jamais rassasié

            Oui, un jour, j’oserai…

 

13:37 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE* | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

01 août 2015

Récognition

mémoire, essai clinique, vaccin

 

 

 

 

Je m’appelle Aurore. Aurore Dubois. Je le sais très bien ! Je n’ai aucun doute à ce propos ! Pourtant, ce n’est pas la première chose dont je me suis souvenue. Non. Ma première pensée a été : « mais qu’est-ce que je fous, ici ? ». Moment d’effarement mélangé avec une certaine inquiétude. Je ne savais pas encore qu’elle se changerait en épouvante !

 

Il faut dire que je viens de m’éveiller, seule, couchée sur ce banc vert en métal dur et froid : je suis assurément au jardin des Hortensias bleus. Facile à découvrir et ce n’est pas mon intuition qui y est pour quelque chose ! Tout est bleu ici…

 

Comment suis-je arrivée dans cet endroit ? Je n’ai aucun souvenir précis en ce qui concerne mon arrivée ici ni ce qu’il s’y est passé les heures auparavant…

 

Étrangement, je suis seule. Pas même un sans-abri à l’horizon. Où sont-ils passés ? Faut dire que les lieux, s’ils sont agréables ne sont pas confortables ! Mon dos me le confirme ! Combien de temps ai-je dormi sur ce banc ?

 

À la clarté, il me semble que la matinée est déjà bien entamée. À vue de nez, il doit être aux alentours des onze heures, du moins si je me fie à mon instinct…

 

Pour le confirmer, je cherche mon Smartphone : j’ai dû le perdre car mes poches sont vides… Vide de « chez vide » ! Je n’ai rien ! Rien ! Pas même de portefeuille, de documents d’identité : rien. Que s’est-il donc passé ?

 

Pour certitude et par angoisse naissante, je fouille à nouveau mes poches en m’exhortant au calme. Ce qui en soit n’est pas facile et pour cause, j’ai la tremblote ! Finalement, je retrouve un billet de cent euros chiffonné dans la poche interne de ma veste en jeans. Bien trop grande, cette veste ! Je ne m’en souviens pas… Je sens qu’il y a quelque chose qui ne « colle pas ». Je n’ai jamais possédé un billet de cette valeur : j’en suis certaine… D’où vient-il ? Et surtout, QUI me l’a donné ? Une nouvelle crainte surgit : et si je l’avais volé ? Et si oui, à qui ? Et surtout pourquoi ?

 

Il fait étrangement calme dans ce jardin public. Une petite voix commence à se faire entendre : « fiche le camp TOUT DE SUITE ! »… Elle hurle dans ma tête : « IMMÉDIATEMENT ! ». Toujours écouter sa petite voix ! Je bondis sur mes pieds, je ne dois pas rester ici…

 

L’allée centrale du parc me paraît trop dangereuse : je pourrais être repérée ! Par qui, par quoi ? Je n’en sais rien. Me reste une certitude : je suis en danger !

 

La première urgence est de contacter mes proches et pour ça, je sais parfaitement comment m’y prendre en toute impunité !

 

En quittant à pas feutrés le parc public, je ne prête pas attention à la plaque qui figure sur la grille. J’aurais dû, cela m’aurait évité beaucoup de stress et d’angoisse pour rien… Mais voilà, c’est tout moi, pas patiente pour un sou !

 

Je connais le quartier comme ma poche, du moins, il me semble… En tout cas, je sais où aller et mes pas me conduisent sans réfléchir vers le premier Smart Café du coin !

 

Avec mon billet tout chiffonné, j’achète une heure de connexion, cela doit être suffisant. Le type lève un sourcil. Il vérifie l’authenticité du billet. Faut dire qu’un billet de cent euros ne court pas les rues. C’est un vrai ! Je pousse un soupir de soulagement intérieur. J’ai eu chaud ! Je prends place, me connecte et fouille de fond en comble la toile, mais je ne m’y retrouve pas ! Malgré mes tremblements, j’encode mon login et mot de passe sur Facebook mais sans raison, il me refoule ! Twitter me nie purement et simplement. Linkedln est plus poli : il m’invite à me connecter… Peine perdue ! Pourtant, je suis certaine de mon mot de passe et de mon login ! Le login est mon nom et prénom quant à mon mot de passe, c’est tout simplement « monmotdepasse » en minuscule ! Simple, efficace et complètement stupide ! Mais au moins, n’ai-je aucun doute quant à sa mémorisation !

 

Si je n’existe plus pour les réseaux sociaux, au moins, ai-je en toute logique toujours mes amis ! Je tape le prénom et nom de ma meilleure amie dans la barre de Google. Bingo : son visage souriant éclate sur l’écran 7’ ! Je sais qu’il se trouve une quantité de photos de nous deux sur Google, nos profils Facebook étant publics - encore une stupidité – il est si facile d’usurper une identité !

 

Sur cette réflexion inhabituelle de ma part, je clique sur son nom via la recherche « image » ! Oui, rien de plus simple ! Sauf … que je ne suis pas préparée à …ça ! Oui, je reconnais les photos, oui, c’est bien mon amie, et oui, je reconnais les lieux et les moments où elles ont été prises ! Sauf… oui sauf qu’à côté d’elle… ce n’est pas moi ! Mais alors pas du tout ! Qui est cette fille qui sourit à côté de MON amie ? Qui ?

 

Et puis, le doute…

Et si c’était moi ?

 

Une sueur froide glisse poisseusement sur mon corps. Je décide de couper la connexion, et de me rendre aux toilettes : juste un peu d’eau pour me rafraîchir mais surtout, oui, surtout, prier pour recevoir une réponse : pourvu qu’il s’y trouve un miroir !

 

Il y en a un. Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle ou non. Et puis, je m’approche. Je dois savoir !

 

Oui, je me reconnais ! Non, je ne suis pas la fille à côté de mon amie…

 

C’est à ce moment-là que j’entends un bruit de pas derrière moi. Je n’ai pas le temps de me retourner que je sens une piqure dans le cou. Je sombre.

 

***

 

Article de presse, le monde des scientifiques, 3 septembre 2015

« La clinique du Docteur Camermans vient de mettre au point un vaccin contre l’oubli. Il s’agit d’une avancée scientifique considérable. Des patients dont le cerveau avait des concentrations élevées de dépôts de bêta-amyloïde ont accepté de participer à cette expérience unique et de tester le vaccin. Des images subliminales leur étaient soumises pour créer un univers qu’ils ne pouvaient en aucun cas oublier. Une nouvelle personnalité créée de toutes pièces voyait le jour avec des souvenirs ancrés profondément dans leur subconscient. Ce vaccin pourrait aider les patients souffrant d’Alzheimer. Une commercialisation serait prévue dès 2017.

 

Pour renseignement : Jardin de la Clinique des Oubliés, rue des Hortensias Bleus, Probaria.»

 

Article de presse, Le Journal du peuple, 6 septembre 2015

« Alerte disparition : le vendredi 5 septembre 2015 vers 22h00, Sophia Meulens, une dame âgée de 31 ans, s’est échappée de la Clinique des Oubliés situé à Probaria. Sa disparition  n’a été remarquée que le lendemain pour une raison inconnue ce jour. Depuis, elle n'a plus donné signe de vie. Mme Meulens est originaire de Belgique. Elle mesure 1m65 et a les cheveux bruns et mi-longs. Au moment de sa disparition, elle portait un pantalon gris et un T-shirt blanc. Elle porte vraisemblablement une veste en jeans volée à un infirmier.

 

Madame Meulens nécessite un traitement médical important. Si vous la reconnaissez, veuillez contacter le service de police le plus proche ou contacter le numéro vert. Ne cherchez en aucun cas à prendre contact avec elle : ses réactions sont imprévisibles et peuvent être dangereuses ».

 

 

Clinique des oubliés, 6 septembre 2015, dans l’aile fermée, non accessible au public.

Je m’appelle Aurore. Aurore Dubois. Je le sais très bien ! Je n’ai aucun doute à ce propos ! Pourtant, ce n’est pas la première chose dont je me suis souvenue. Non. Ma première pensée a été : « mais qu’est-ce que je fous, ici ? ». Moment d’effarement mélangé avec une certaine inquiétude.

 

 

***

 

 

Les infirmières sont venues. Elles me disent que tout est normal, que je dois être patiente, je ne dois pas avoir peur. Un médecin est venu près de moi, il dit que bientôt, je m’appellerai Sophia et même que certaines personnes seront heureuses de me retrouver. Moi, je ne sais pas qui c’est cette Sophia. Tout ce que je sais c’est que j’ai peur. Très peur… Aidez-moi !

 

15:00 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

29 juillet 2015

Plus le complémentaire

lotto, loterie nationale, argent, gagnant, amour

 

 

 

Une centaine de fois. Au moins ! Et très, très, méthodologiquement. Un par un. Je dois réaliser : j’ai tous les numéros ! Plus le complémentaire !

 

Constat : mon cœur danse la Saint Guy et mes mains tremblent trop fort. Un verre de whisky but cul sec pour réguler mes artères : peine perdue ! Et en plus, Dieu sait que je déteste ce breuvage !

 

Je ne sais pas si je suis heureuse. Pas encore. Je suis sous le choc. Idiotement : je suis soulagée, Cyril, mon mari est absent pour quatre jours, cadeau de sa société pour ses bons et loyaux services et surtout ses excellents résultats. Tant mieux pour lui. Tant mieux pour moi !

 

Jamais, je ne joue. Sauf aujourd’hui ! Qu’est-ce qui m’a pris d’acheter ce Quick Pick à la librairie de l’aéroport ? L’attente ? Tromper l’ennui ? Un coup de tête ? Quelqu’un là-haut m’a-t-il soufflé l’idée ? Je ne sais pas.

 

40.468.528,00 euros. Quarante millions quatre cent soixante-huit mille cinq cent vingt-huit euros. Même le dire me semble difficile ! Aucune idée de ce que cela représente : c’est tout bonnement inimaginable !

 

J’ai la tête en feu, mal à l’estomac : cela m’apprendra à boire le pure malt de Cyril ! S’il savait !

 

Il me reste quatre jours pour me décider : vais-je encaisser mon lot ? Et surtout, que vais-je dire à Cyril ? Ah, je m’imagine les ricanements si cela se savait dans mon entourage ! Quelle idiote de se poser des questions si stupides ! Comme si on allait hésiter à devenir multimillionnaire ! Sûre que l’on me traiterait d’idiote !

 

J’ai besoin d’avoir les idées claires. Je m’assieds à la grande table de salle à manger, payée en douze mensualités. Faut dire qu’elle est belle ! Combien de table comme celle-ci puis-je m’offrir désormais ? La tentative de calcul me saoule littéralement. Je prends une grande feuille A3 et je dresse deux colonnes : une pour les « pour » et l’autre pour les « contre ».

 

Le « pour » se résume à : « ne plus se tracasser en fin de mois » suivi de « m’offrir l’impensable ».

 

C’est quoi l’impensable ?

 

Je décide d’être pragmatique et de commencer par la personne la plus importante à mes yeux du haut de mes presque cinquante-cinq ans : moi !

 

Je ne fais pas mon âge mais je ne peux éternellement faire illusion. Chaque jour, je vois mes ridules prendre de la profondeur : elles s’enhardissent et m’envahissent. Je me dis qu’un peu de botox ne me ferait pas de mal… Et puis, le visage de Cyril m’apparaît. Ces rides d’expression, je les ai créées au fil des années à ses côtés. Ma vie se dessine sur mon visage et il l’aime, ce visage. Je le connais bien, mon Cyril : il ne voudrait pas d’une femme au visage de carton. Exit le botox : je reste moi-même avec mon vécu qui me façonne telle que je suis vraiment.

 

Je suis coquette. J’aime tellement les beaux vêtements ! Les robes en soie, les habits de lin ou le cachemire… Souvent, je me contente de regarder. De m’imaginer dedans. Aujourd’hui, je pourrais acheter un magasin entier ! Une vente privée à mon unique usage. Je rêve… M’y vois. Mais… il est vrai que l’on ne peut porter qu’une robe à la fois… Serais-je plus heureuse à courir les magasins ? À amasser ? À hésiter devant un dressing à faire pâlir d’envie la plus grande star ? Oui. Non. Franchement, je me demande. À avoir ainsi tout à disposition, est-ce que je ne risque pas de me lasser ? Je me réjouis tant de la « bonne » affaire ou de la trouvaille qui me met en joie durant des jours… Et puis, je repense à ma robe lilas : la préférée de Cyril. Celle qui m’a valu de perdre ma culotte en dentelle…

 

Nous pourrions parcourir le monde sans restriction. Nous aimons voyager… Mais courir le monde à la recherche de quoi ? Nous nous sommes trouvés… J’ai peur de me lasser… Je me souviens de ce reportage sur les grands gagnants - comme moi désormais - le couple avait contemplé les plus beaux couchers de soleil du monde pour revenir chez eux, épuisés, complètement blasés à la recherche d’un nouveau sens de la vie. L’homme cherchait même un travail ! Non pas pour l’argent mais pour se sentir utile !

 

Et nous ? Et si nous nous perdions ?

 

Je regarde autour de moi : j’aime ma maison. Elle est conforme à ce que je suis, à ce que nous sommes : un couple uni. Cela n’a pas de prix !

 

Naturellement, je sais que Cyril aimerait avoir une annexe entièrement vitrée avec, sur un long pan de mur, une bibliothèque ronde en bois. Un rêve que nous imaginons les soirées d’hiver lorsqu’on joue à « si on était riche ». Aujourd’hui, plus besoin de faire semblant !

 

Oui, améliorer notre maison mais surtout ne pas déménager même pour une plus grande, plus « belle » ! Nous sommes deux, pas d’enfant à chérir. C’est comme ça. C’est la vie. Comme quoi, l’argent ne peut pas tout acheter…

 

Et puis, il y a aussi mon travail : être professeur de piano me comble de joie. J’aime entendre les progrès de mes élèves. Leur réussite est ma joie, ma raison d’être… Je ne peux et je ne veux pas m’en passer… Et Cyril ? Aimerait-il déposer les armes et parcourir le monde à mes côtés ?

 

Devenir riche, c’est risquer perdre ses amis. En avoir d’autres… Je ne veux pas les perdre, je ne veux pas changer de statut social. J’ai peur de l’hypocrisie, j’ai peur de devenir, non plus un être humain, mais un compte en banque indécemment fourni... En fait, j’ai gagné de « trop ». C’est bête. Jamais, je n’aurais pu imaginer dire qu’un jour, je serais scandaleusement riche. Comme quoi, cela n’arrive pas qu’aux autres…

 

Je regarde ma feuille. Elle est griffonnée de partout et certains mots sont entourés. Des mots clefs surtout un qui revient sans cesse… Ils représentent ma vie. À les voir, je prends conscience de ma richesse : désormais, tout me semble tellement évident !

 

Demain, oui demain, j’irai au bureau de la loterie nationale.

 

 

***

 

Je suis reçue avec égard, il faut dire que je « pèse » lourd. L’homme en face de moi, souriant et respectueux, me propose une coupe de champagne. Il ne fait pas les choses à moitié ! J’ai le cœur au bord des lèvres : j’accepte la coupe. L’alcool me le remettra peut-être en place.

 

Je l’écoute attentivement. Il m’explique le tout clairement, attend que j’assimile chaque point, chaque recommandation. J’ai droit à un accompagnement spécial : comptable, conseiller financier, notaire et même un psychologue me sont proposés « gratuitement ». Cela me fait rire : devenir riche permet d’avoir le gratuit partout et d’être encore plus riche ! L’argent attire l’argent, c’est bien connu…

 

J’accepte l’aide proposée : elle est indispensable pour réaliser ce que j’ai en tête. Miraculeusement, tout ce petit monde est libre. Je n’ai qu’à formuler mes desiderata : ils seront accomplis ! Je goûte un instant à ce moment béni : être celle qui décide, celle que le monde attend qu’elle pense, parle, dirige, propose… Ils sont pendus à mes lèvres, moi la petite prof de musique…

 

Hier soir, j’ai dressé une liste. À côté de chaque rubrique, j’ai ajouté un montant bien précis. Puis pour la première fois de ma vie, j’ai rédigé un testament. Idiotement, devenir riche, fait penser à la mort… C’est étrange. J’ai également ouvert deux comptes. Au cas où. Bizarre de de garder une « poire pour la soif » alors que je peux posséder le plus grand oasis du monde en plein désert !

 

Voilà. Tout est exécuté selon mes ordres. Sans regret et avec soulagement. Il paraît que je ne suis pas la seule à agir comme ça. Cela me rassure : il reste donc de l’humanité entre les billets de banque !

 

Ce soir, Cyril rentre. Un collègue le déposera chez nous. Il me tarde de le retrouver. J’ai préparé son repas préféré, mis le champagne au frais. Un énorme bouquet de fleurs trône sur la table de la salle à manger : il m’a été offert par la Loterie Nationale. Je n’en ai jamais reçu d’aussi beau et pourtant, Cyril me gâte !

 

Je suis allée chez le coiffeur et je porte ma robe lilas. J’ai pris le temps d’acheter une nouvelle culotte en dentelle. J’espère la perdre, ce soir…

 

 

 

Il est heureux de rentrer, mon Cyril. Impatient de me raconter son court séjour. Il me trouve belle et me le dit. De l’entendre, cela me réconforte. J’ai donc eu raison. À mon tour de lui parler, de lui annoncer la bonne nouvelle : nous avons gagné au Win for life, mille euros par mois, à vie…

21:21 Écrit par Rachel Colas | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

24 juillet 2015

La robe rouge

robe rouge, amour, deuil,

 

 

 

Croquis de Katie Rodger

 

 

 

 

 

 

Je ne sais pas par quoi commencer. Je ne suis pas habituée. À écrire. À dire. À exprimer…

Dois-je débuter par l’essentiel ou le futile ?

Est-ce important ?

Et si je n’étais qu’une étoile filante dans cette vie ? Ce serait déjà bien... Et puis, je me souviens : je suis ton étoile.

 

Je me trouve devant cette page gribouillée de quelques mots jetés en vrac. Pour tromper l’effarement. L’avenir, peut-être. À moins que le présent ? C’est compliqué. J’ai peur.

Par lâcheté, je me perds dans les fils de mon existence. Par amour pour toi, je les dénoue. Je dois tricoter le reste de ma vie et surtout, y ajouter le dernier point.

 

Je découvre que j’ai beaucoup à dire et peu en même temps. C’est l’ambivalence des êtres humains… C’est comique. C’est triste. Je ne peux rien y faire.

 

J’ai une certitude qui me grignote le ventre et une ritournelle qui me hante depuis ton départ :

 

« Je ne mettrai plus jamais ma robe rouge.

Celle que tu aimais. »

 

Et puis les trois mots qui suivent inexorablement : « Tu es parti » et le constat, terrible : je suis seule. Les pensées sont jetées brutalement sur le papier et la douleur me pénètre dans chaque pore de ma peau. J’ai mal.

C’est effrayant aussi : je vis encore !

Et toi, tu n’es pas là !

C’est pénible cette vie qui coule dans mes veines, tranquillement, par habitude. Ce sang qui circule allégrement dans mon corps… Ce sang, couleur robe. Ma préférée, celle que tu m’as offerte…

 

« Je ne mettrai plus jamais ma robe rouge.

Celle que tu aimais. Celle que nous aimions »

 

Cette lettre, je l’écris en un adieu à cette existence. Glisser les mots sur papier, c’est leur donner vie. J’offre la mienne, car désormais, sans toi, elle m’indiffère. Tu n’es plus là, tu m’as laissé ton dernier souffle, cadeau ultime…

 

Il me reste une mission suprême : brûler cette page noircie de ton absence, les mots partiront en cendres.

Comme moi.

Un jour.

Bientôt.

J’espère.

Il me tarde de te rejoindre.

 

« Je ne mettrai plus jamais ma robe rouge.

Je t’en fais la promesse ».

 

 

 

 

 

 

 

16:11 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

19 juillet 2015

J’étais là et tu ne le savais pas

chaise, océan, amour,

 

Écriture à partir d'une carte postale (illustration)

 

 

 

J’étais là et tu ne le savais pas.

Personne ne le savait d’ailleurs.

C’était un jour à rester.

Un jour, peut-être à s’envoler.

Je ne sais.

 

De loin, je t’observais.

Dans le crépuscule naissant, tu jouais avec la spirale du temps.

De loin, je ne savais que penser. Devais-je en être heureux ou m’inquiéter ?

Et cette manie que tu as : ranger les chaises l’une à côté de l’autre !

Des chaises à l’éclat métallique sous la bienveillance de l’astre nocturne.

De loin, cette symétrie m’attirait. À moins que ce ne soit toi ?

De loin, cette symétrie m’épouvantait. À moins que ce ne soit toi ?

 

Pour qui dressais-tu cette rangée parfaite de chaises ?

Pour un tribunal ? Pour un spectacle ?

Qui allait être condamné ? Qui allait être le héros du jour ?

Pour qui ? Pour quoi ?

 

J’étais là et tu ne le savais pas.

Personne ne le savait d’ailleurs.

C’était un jour à rester.

Un jour, peut-être à s’envoler.

Je ne sais.

 

Je t’ai vu t’asseoir sur la quatrième chaise en partant de la gauche.

Ce n’était pas celle du milieu, non.

Tu n’occupais pas une position symétrique.

À croire que tu voulais être différente.

Tu ES différente !

 

Je t’ai regardé longtemps, toi, perdue dans la contemplation de ce vaste océan.

Perdue et retrouvée.

Présente et absente.

 

J’ai attendu. Longtemps.

Tu es restée. Longtemps.

 

Des étoiles sont venues : elles nous regardaient, toi et moi.

Il me semblait même qu’elles souriaient...

 

Et puis, j’ai compris.

Je me suis levé et me suis assis à la cinquième chaise en partant de la gauche.

Sans rien dire, ma main a cherché la tienne.

Elle l’a trouvée.

Elle l’a gardée.

 

J’étais près de toi et jamais tu ne sauras ce moment béni où j’étais avec toi alors que tu ne le savais pas.

 

 

 

 

19:04 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

11 juillet 2015

Mon coeur qui te regarde - Texte à mettre en musique

coeur, tatoo

 Pour l'été, lorsque l'esprit danse...

 

 

 

Il a le cœur en pantoufle

Même que son esprit est en flanelle

Il lui dit des « je t’aime » à bout de souffle

Chut : leur amour est confidentiel !

 

            Chut, tais-toi : regarde-le ! Il la couve des yeux !

 

 

Elle a le cœur en compote

Même que cela la rend encore plus belle

Il lui dit qu’elle est rigolote

Clap clap : Leur amour  est existentiel…

 

            Clap, clap : regarde-la : elle sourit !

 

 

Ils ont le cœur en papillote

Même qu’ensemble, ils tremblent de joie

Dans le nid d’amour sans antidote

Boum boum : ces deux-là s’aiment comme toi et moi.

 

            Boum boum, mon cœur qui te regarde…

 

 

J’ai le cœur en feutrine

Gravé dans ma peau

Il bat à l’unisson

De ton cœur qui me fascine

 

            Boum, boum, mon cœur qui te regarde... qui te regarde.

 

12:03 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE*, ÉMOTIONS POÉTIQUES | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

10 juillet 2015

La mémoire du coeur

coeur, mémoire,

 

 

 

Je me suis éveillée dans le bruit de mon corps : la vie battait à mes oreilles. La chanson était douce. J’hésitais à rompre le charme : je savais que je devais ouvrir les yeux, prendre pied dans la réalité… Cependant, il me semblait que les laisser fermer me protégeait de quelque chose. De moi, peut-être ?

 

Quelques secondes se sont enfuies, peureuses, le temps de m’habituer à la vie. J’ai ouvert les yeux. Je me suis assise dans le lit, le cœur battant à la recherche d'un indice qui le remettrait à sa place et le dompte. Et puis, j’ai vu : ce petit carnet rouge sur la table de nuit et posé dessus, un feuillet de bloc-notes : des mots m’attendaient sagement. Si étrange que ce soit, je savais qu’ils m’étaient destinés :

« Bonjour ma chérie. Prends ton temps. Relis ton carnet si tu en éprouves le besoin. Je t’attends pour le petit déjeuner sur la terrasse. Je t’aime. ».

 

Mon cœur s’est remis en place tout doucement. Je me suis levée et mes pieds ont rencontré de jolies pantoufles. Mon corps savait ce que mon esprit découvrait. J’ai pris par automatisme mon carnet rouge. Je savais qu’il était le mien, d’ailleurs, celui qui avait tracé les mots d’amour me le confirmait…

 

En me levant, je l’ai rencontrée, elle. Cela m’a fait un choc ! Je l’ai vue et je me suis rencontrée, moi. J’avais le teint pâle, les cheveux en bataille et les lèvres trop pâles. Idiotement, je me suis plu. Je dirais même que cela m’a réconforté de me rencontrer : j’étais ce que je voyais ! J’ai poussé un long soupir de soulagement. Il me semblait que je m’aimais. C’était bon signe…

 

Je suis arrivée doucement dans la cuisine. Celle-ci donnait sur la terrasse. Il était là. Il m’attendait. Il me semblait reconnaître cette silhouette. De loin, j’ai vu une rose rouge posée sur une assiette. Elle désignait ma place. J’ai ressenti une bouffée d’amour : elle venait du plus profond de mon être. Une partie de moi se rappelait : j’aimais et j’étais aimée en retour ! C’était une certitude !

 

Avant de le rejoindre, j’ai ouvert le carnet à la première page. Une habitude salutaire devenue inéluctable : « Je dois avoir confiance. J’oublie chaque jour depuis l’accident. Je dois être patiente, la mémoire reviendra. Reste le plus important : je suis aimée. Il m’aime. Je l’aime. Me faire confiance. Profiter de ce jour.».

 

Et dans ce petit matin doux, j’ai su que c’était vrai.

 

Plus tard, en fin d’après-midi, dans le petit carnet, à la dernière page, je lirai : « j’ai de la chance d’oublier car chaque jour, je découvre que j’aime et que cet amour est partagé. Chaque jour, il m’apprivoise. Chaque jour, tout mon être se donne à lui : la mémoire du corps revient et mon esprit s’envole pour être en harmonie avec lui. Nous ne sommes plus qu’un. Chaque jour, je m’endors le cœur gonflé de reconnaissance pour ce cadeau ultime. Chaque jour. Je ne dois pas l’oublier ».

 

17:30 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

07 juillet 2015

Des bulles de bonheur

bonheur, idiot du village

 

 

 

 

De la fenêtre entrouverte de la classe, l’idiot du village a entendu la maîtresse d’école donner un devoir pour le lendemain : « qu’est-ce le bonheur ? ».

 

Il attend que la classe se termine : il aime voir les enfants s’égailler.

Lui, Il est trop grand : on ne veut plus de lui. Cela le rend triste.

Il a beaucoup à dire et peu l’écoute…

 

Nathan sort de l’école avec les pieds qui traînent : il n’aime pas les devoirs. Il préfère jouer.

L’idiot du village est là. Comme tous les jours.

Il a un peu peur de lui : il n’est pas comme les autres.

 

Pourtant, dans son esprit, germe une idée un peu folle :

L’idiot connaît-il le bonheur ?

De ses journées, il ne fait rien pourtant, il a toujours un sourire plaqué sur ses lèvres : est-ce ça le bonheur ?

 

Il s’approche de lui, la peur au ventre,

Et l’envie féroce de trouver réponse à son devoir

Brusquement, un peu gêné, il apostrophe l’autre, tout heureux, lui, d’être l’objet d’attention sans une once de méchanceté :

 

« C’est quoi le bonheur pour toi ? »

L’autre réfléchit quelques instants. Il faut dire qu’il y a déjà pensé…

Il aime bien, lui, faire les devoirs dans sa tête.

 

Il regarde l’écolier rougissant,

Puis les yeux sur un invisible,

Il raconte :

 

« Le bonheur ? Ce sont de petites bulles qui chatouillent le cœur,

l’âme qui vadrouille en toute candeur

Et le rire qui papillonne en couleur. »

 

 

Nathan écoute. Nathan réfléchit. Il trouve que c’est beau : les phrases chantent.

Et puis, lui aussi ressent des chatouillis lorsqu’il voit son amie Lisa…

Alors, cela doit être vrai…

 

Il ouvre le livre qu’il doit lire pour la semaine suivante.

Il jette à la va-vite, les mots sur la première page : il ne doit pas oublier.

Sûr que la maîtresse lui donnera de bons points…

 

 

Un jour, lorsqu'il sera adulte, il retrouvera ce roman et ses mots tracés d’une main enfantine

Il les relira. Il se souviendra de l’idiot du village.

Celui qui jouait avec des bulles de bonheur…

17:25 Écrit par Rachel Colas dans TEXTES EPHEMERES (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

02 juillet 2015

J'écris donc je suis

écriture, être écrivain, devenir, passion

 

  

 

Est-ce que tout le monde peut écrire ? Oui.

Est-ce que tout le monde a quelque chose à raconter ? Oui.

Cela dit. Comment procéder ? Pourquoi ? Qu’est-ce que cela apporte ? D’où vient l’inspiration ? Sommes-nous ce que nous écrivons ? Et surtout qui se cache derrière les écrits ?

C’est la réflexion d’un ami sur Facebook qui m’a donné l’envie d’écrire ceci. Je l’en remercie : il se reconnaîtra.

 

Cet article a le but de lever le voile sur ce qu’est un écrivain ou tout du moins une petite partie. Point de mystère, une écrivain est une personne comme les autres… ou presque. Naturellement, je ne suis pas la science infuse et c’est tant mieux : il me reste la curiosité de l’impalpable ! Ce n’est que mon humble expérience et si cela peut aider certains d’entre vous, j’en serai extrêmement heureuse !

 

Par quoi commencer ? C’est simple, il faut écrire le premier mot, ensuite la première phrase et le reste devrait couler de source…  

 

D’où vient l’inspiration ? De partout ! Pour moi, de préférence visuelle, par des images et aussi par la musique. La musique est extrêmement inspirante, un mot, un son, une intonation et tout s’emballe ! Pour réussir le défi du Nanowrimo, j’ai composé une playlist que j’ai écoutée en replay un mois durant… Elle me sort littéralement des oreilles ! Et si je réécoute un des morceaux, je suis immédiatement replongée à ce moment de création intense. J’ai fait ce que l’on appelle un « ancrage ». En ce moment, c’est Cabrel qui m’accompagne et qui dirige de sa voix grave la rythmique de mon clavier… Chacun son truc : déterminez le vôtre !

 

Quand écrire ?

N’importe quand. Le jour et même souvent la nuit ! Pas de chance pour l’être aimé à mes côtés qui est invariablement dérangé par mes allées venues !

 

Une idée arrive ? Je l’accueille avec respect et réjouissance ! Tellement de choses à inventer avec une « simple petite » idée ! Que devient-elle ? Soit je la garde précieusement dans un coin de ma tête pour plus tard, soit j'envisage sa réalité dans mon esprit. Si une image ne se forme par directement, comme une sorte de « vision », vous pouvez poser les questions traditionnelles du « qui », « que », « quoi », « comment », « quelles conséquences », etc. et pourquoi pas en prendre des notes, faire des schémas ?

Pour un roman, j’ai trouvé pour chaque personnage une photo, écrit le descriptif de leur caractère et créé une ligne du temps. Sans oublier de prendre note de toutes leurs caractéristiques qui se profilent au fil de l’histoire : il faut savoir que les personnages peuvent être hors contrôle de l’auteur… De la vigilance et beaucoup d’empathie pour eux ! (Parfois, ils n'en font qu'à leur tête !).

 

Comment arrivent les idées ?

Souvent les idées me viennent sous forme d’images, ou de film comme un court métrage et principalement en fin de soirée. Les idées fusionnent également lorsque je suis en voiture – et donc, je dois produire un effort de concentration et de mémorisation car les idées filent comme elles sont venues : en catimini !

Beaucoup plus aisé pour moi lorsqu’elles arrivent la nuit : au moins je peux me relever et noter des bribes voire même écrire l’entièreté du texte ! Pour le texte « Poudre aux yeux », en demi-sommeil, « entre deux eaux », j’ai assisté à la projection des publicités. Il ne me restait plus « qu’à » écrire le lendemain…

 

Écrire à la main ou dactylographier ? Au choix. Mes meilleurs textes, du moins, mes préférés, sont ceux écrits à la main. Cependant, je préfère mon clavier aux touches à moitié effacées ! C’est nettement plus rapide : les mots défilent à une vitesse hallucinante ! Cela engendre une sorte de tempo hypnotique qui rythme le corps du texte en accompagnement du fond sonore de la musique écoutée. À être plongé dans l’histoire, la musique n’est plus qu’un bruit de fond dont émergent certains mots. Souvent, ces mots reviennent à la pleine conscience et sont entendus à certains moments précis. Cela rebooste l’écriture, lui redonne un élan.

 

Comment je me sens lorsque j'écris ?

Merveilleusement bien !

C’est « littéralement » un orgasme littéraire ! Une formule redondante, certes, mais je n’ai pas d’autres mots pour expliquer ce sentiment ! En ce qui me concerne, cela équivaut à vivre dans un autre temps, un autre lieu, une autre dimension. C’est tout simplement exister dans la vie de quelqu’un que je crée, qui n’existe pas et qui finit par réellement vivre dans mon esprit, dans mon âme et même à y laisser une trace physique en moi ! À se demander si ce personnage ne finit pas par exister quelque part… Voyez… déjà mon imagination s’enflamme à cette idée d’un être existant grâce à moi et peut-être, malgré moi…

L’imagination est libre. Sans bride. Elle est inépuisable !

 

Une évidence, un besoin : vivre dans l’histoire que j’invente ! En écrivant, je VOIS ce qu’il se passe autour du personnage, je RESSENS ce qu’il vit. Si son cœur bat plus fort, je le ressens physiquement, mon propre cœur bat plus vite ! Je ressens toutes ses émotions les plus intimes sans frontière ! C’est assez impressionnant et je ne m’en lasse pas !

 

Écrire pour moi, c’est être la main qui court sur le clavier, le personnage qui vit et ressent ses émotions et également, cerise sur le gâteau, le lecteur ! Trois en un !

Oui parfois, souvent, j’écris sans connaitre la fin de l’histoire… Je la découvre en même temps que j’écris ! Je suis lectrice, impatiente de connaître la fin !

Je suis en réalité au même moment trois personnes différentes ! Je ne peux définir cet état, je dirais simplement qu’il est extatique… C’est de l’endomorphine en concentré !

J’appelle cet état mon écriture « semi-automatique » car je suis consciente du présent et qu’il m’est possible de sortir de cet état si quelqu’un ou quelque chose m’interrompt dans mon travail. J’ai appris au fil des années à « bloquer » l’inspiration le temps de répondre à l’intervention extérieure et la reprendre sans en perdre le fil. Cette technique, je l’ai acquise lors de ma formation en PNL à Paris. (Programmation NeuroLinguistique).

 

La seule contrariété est d’abandonner un texte en cours d’écriture – même le temps de dîner – le besoin ardent de coucher les mots sur papier est tellement substantiel que c’en est parfois un déchirement de devoir s’interrompre… mais il faut bien vivre ! C’est comme si l’histoire décidait de s’octroyer des temps de pause…

 

Est-ce qu’un écrivain exprime ce qu’il ressent ?

Oui et non.

En écrivant, je fais appel à des émotions connues et vécues : la joie, la colère, la tristesse, la sérénité, le bonheur, la nostalgie, etc. Cela aide à décrire l’émotion du personnage, de la ressentir et de prévoir la réaction de celui-ci.

 

Mais et c’est un grand « mais » ! Un exemple : ce n’est pas parce que je parle de « regrets » que j’en ressens ! Si un poème nostalgique est écrit en quelques minutes au bord de ma table de cuisine, cela ne veut pas dire obligatoirement que je suis triste ! Si je parle d’un homme, ce n’est pas pour autant que je pense à quelqu’un d’autre que mon mari ! Ce n’est pas parce que j’écris en tant que meurtrière que j’ai commis un meurtre ! Bref, vous avez compris ! Ce que j’écris n’est PAS la réalité sauf si c'est explicite comme maintenant !

 

Ce n’est pas pour rien que la formule consacrée « Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence » se trouve en première page de nombreux romans… Heureusement, imaginez la vie de Stephen King ! Il faut dire que cela s’appelle de la « fiction » !

 

Donc, j’IMAGINE et je VIS ce que le personnage ressent. Je peux également ressentir des émotions inconnues car je les INVENTE ! C’est en sorte une projection. C’est là la puissance de la transposition des mots sur un monde irréel qui devient viable car j'y dépose des sentiments, des ressentis…

 

Ce que je ressens lorsque le texte est terminé ? Un soulagement. Écrire procure tellement de bien-être que terminer un texte peut être vécu comme une sorte de déchirement mélangé à de la joie. Étant maman, je peux me permettre d’y voir une analogie avec un accouchement en bien moins douloureux physiquement parlant (Heureusement d’ailleurs sinon peu de personne écrirait !). C’est toujours un réel plaisir, une fierté teintée de nostalgie, d’écrire le mot « FIN » en tout cas pour un roman ou un livre.

 

D’ailleurs ce mot, je ne l’écris jamais à la va-vite. J’y mets un certain cérémonial : je prends le temps, je l’inscris en gras, en lettre majuscule et je contemple ce mot quelques minutes avant la sauvegarde vitale du texte.

 

Faut-il écrire tous les jours ?

Certains disent qu’il faut une discipline et je pense que oui. Pour ma part, ayant un job autre que l’écriture, je ne peux m’y consacrer la journée par contre, les idées viennent n’importe quand : elles sont reléguées dans mon esprit ou notées lorsque c’est possible. Je les note dans mon cahier que je trimballe partout et les reprends lorsque je rentre… Naturellement, je privilégie la soirée – parfois la nuit – et le weekend. Et cela dépend de l’inspiration. J’ai aussi la chance d’écrire vite : parfois des textes à mettre en musique en dix minutes, une courte nouvelle en une demi-heure. Qu’importe, les mots sont déposés, je peux passer à autre chose, une autre nouvelle, une autre idée…

 

La reconnaissance ?

La reconnaissance est importante. Un texte ne vaut rien s’il n’est pas lu. L’écrivain existe parce que les lecteurs sont là. Sans les lecteurs, nous ne sommes rien. L’important est de figer un instant, d’y mettre des mots, des envies, des souhaits, des peurs, des joies, de la colère qu’importe, écrire est vital. Ecrire, c’est crier en silence entre les lignes. Aux lecteurs de découvrir, des comprendre les messages… Et puis, les idées voyagent, façonnent les êtres.

 

Voilà, pour moi, c’est ça écrire…

 

18:11 Écrit par Rachel Colas dans *MES FANTAISIES* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

30 juin 2015

Dégustation d'un macaron au citron et au marron expérimentée par un polisson

macaron, citron, marron, gourmandise, erotique

 

Suite à un défi littéraire : évocation d'une gourmandise

 

 

 

Mise en scène : salon de la Marquise de la Bonbonnière.

La Marquise est couchée nonchalamment sur sa dormeuse. À ses côtés, un plateau en argent : des douceurs sont délicatement disposées sur une assiette en porcelaine.

En face, se tient son favori qui la couve des yeux.

 

Gros plan sur l’amoureux. Il hume. Il ouvre la conversation avant de se plonger très loin dans des pensées défendues :

 

 

Quelle est cette chose odorante qui fleure bon dans ce salon ?

« Des macarons au citron et au marron »

Ronronne ma bien-aimée, mon joli chaton…

En total abandon devant cette gourmandise, ces ronds bonbons,

Une friandise sans concession.

Je sens monter l’excitation…

 

En toute confession, sans contrefaçon,

Devant cette parfaite cuisson, cadeau de Cupidon

Elle reste sans réaction et même d’une parfaite discrétion :

Sa fine main part dans la direction

Opposée de son beau regard couleur chaudron

Pour se saisir du plus gros macaron !

 

Par définition, le vol de macarons, un rien démon

Rime avec déraison et convoitise sans nom

Et pourtant, mieux vaut l’effraction que la déception !

C’est l’expression d’une fascination

Et la fragilisation d’un esprit fripon

Qui ne vit que des frissons de la passion.

 

Je ne suis point felon : à ses sucreries, je lui donne mon pardon

Et sans sermon, j’avoue, je mors à l’hameçon.

À l’horizon, reste un malheureux macaron en mal de dégustation

Elle hésite, la gourmande, à prendre sa convoitise au citron

Je connais la leçon, moi son mignon,

C’est ma mission, je le lui offre sans obligation

C’est son obsession, elle est ma passion.

 

Je garde cette option, tel un paillasson

mais un paillasson qui avec raison connaît sa perdition à la perfection

Puisque avec sa permission, je joue le polisson !

Elle le déguste devant moi avec délectation

Je m’imagine être le macaron : je suis en pâmoison

Devant cette lente pénétration.

Ca y est : je suis en perdition…

 

Je sais avec raison, que m’attend la réanimation

Qui a la réflexion, est presque de la capitulation !

Qu’importe, j’ai à tenir ma réputation !

Je prône la réconciliation sans façon…

Ceci n’est point une fiction : les macarons au citron et au marron

Sont des merveilles de sensations

À qui l’avale, à qui aime à l’unisson…

 

Ce n’est donc point un mensonge de trop

Que de dire du macaron au citron et au marron

Qu’il est sans conteste la promesse d’une excitation et d’une érection !

Ceci n’engage que moi, le polisson,

Qui joue avec la gourmandise comme d’une consommation sans modération.

Qui veut, peut. De l’imagination et de la perfection  

A qui se perd dans les gâteries, se laisse déguster en toutes occasions.

Cela dit : donner à votre aimée, des macarons. Au citron et au marron.

 

 

 

18:00 Écrit par Rachel Colas dans ÉMOTIONS POÉTIQUES, Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

29 juin 2015

(Dé)connexion - Texte à mettre en musique

relax, déconnextion, pause

 

 

 

 

Y a celui qui veut nous éblouir

Des voyages, à nous étourdir

Des barbecues, des amis à n'en plus finir

Il raconte de tels délires, faut pas l’contredire

Faut dire, y pas d’âge pour faire semblant, le monde soupire, on garde le sourire

 

Un jour, une semaine, un mois, et puis tout le temps, véritable secte

Je me connecte, tu te connectes, il ou elle se connecte

Nous nous connectons, nous nous perdons

Déconnexion

 

Y a celle abonnée à la maltraitance et aux chiens errants

Qui partage à tout bout’champs

Des horreurs à vomir commises par de sales gens

Une telle souffrance, c’est effrayant

Le monde ferme les yeux, on se sent impuissant

 

Un jour, une semaine, un mois, et puis tout le temps, véritable secte

Je me connecte, tu te connectes, il ou elle se connecte

Nous nous connectons, nous nous perdons

Déconnexion

 

Y a celui qui dit bonjour le matin, déguste son premier café

« Bonne après-midi, les copains, trois statuts par jour, c’est pas compliqué »

Il pense à dire bonsoir, avant de s’endormir le soir, devant sa télé

Demain, sûr qu’il sera le premier sur FB.

Le monde n’a plus rien à raconter, on est épuisé

 

Un jour, une semaine, un mois, et puis tout le temps, véritable secte

Je me connecte, tu te connectes, il ou elle se connecte

Nous nous connectons, nous nous perdons

Déconnexion

 

Et que dire de celui, entre deux statuts, caché

Tel un zombie, derrière son clavier, espion assidu

Qui vole, récolte des instants suspendus

Tous les jours de la semaine, pas de vécu pour l’intrus

Le monde a de la peine, le monde ne veut pas de chaînes, on a rompu

 

Un jour, une semaine, un mois, et puis tout le temps, véritable secte

Je me connecte, tu te connectes, il ou elle se connecte

Nous nous connectons, nous nous perdons

Déconnexion

 

Et surtout, y a ceux qu’on aime, toi et eux

Qu’on veut garder, ça nous émeut

Pour s’amuser, au mieux, être au milieu d’eux

Alors on reste, par jeu et même pour un ou deux

Le monde a envie d’aimer, on est heureux.

 

Un jour, une semaine, un mois, et puis tout le temps, je n'joue plus dans la pièce

Je me déconnecte, tu te déconnectes, il ou elle se déconnecte

Nous nous déconnectons, nous nous aimons

Réalité, reconnexion

 
 

 

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18:44 Écrit par Rachel Colas dans *TEXTES A METTRE EN MUSIQUE* | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

27 juin 2015

Gourmandise

gourmandise, chocolat

Défi littéraire : écrire sur un art...

Parce que la cuisine est un art, et la gourmandise, l’ingrédient principal...



Pour ce défi, le lien : 

 

 

Madame de Sévigné est convaincue, sans surprise

D’aucuns ne rivalisent à cette convoitise, à jamais sous son emprise

« Il vous flatte pour un temps, et puis, il vous allume

Tout d’un coup une fièvre continue* légère comme une plume »

 

Marquise exquise, insoumise au seuil de la gourmandise

Entre gaillardise et flemmardise, elle préfère les friandises.

Rendez-vous dans la gentilhommière, arrivée la première

Patientant dans la lumière, à la lisière de l’adultère

 

Elle a mis ses conditions, campé sur ses positions

Point de bonbons, de boudoirs ou autres aberrations

Elle rêve de moussoir et de chocolatière

Raison butoir pour enlever sa jarretière

 

La morale de cette singulière histoire

Est qu’un prétendant ne peut concevoir

Une passion privée de chocolat

Sous peine de passer pour un goujat indélicat.

 

Mode d’emploi : déguster le chocolat, en premier plat

En dessert, terminer par de chauds ébats.

 

 

(*) La marquise de Sévigné dit du chocolat, dans ses Lettres, qu’« il vous flatte pour un temps, et puis il vous allume tout d'un coup une fièvre continue ».

Pierre Hermé, Le grand livre du chocolat : 380 recettes, Vevey, Mondo,‎ 2007, 367 p.

 

11:06 Écrit par Rachel Colas dans ÉMOTIONS POÉTIQUES | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

20 juin 2015

Jeunesse

sagesse, jeunesse, vieillesse

 

 

 

Point de finesse

Pour cette belle diablesse

Juste des caresses avec rudesse

Cette scélératesse est mon ivresse.

 

 

Sans confesse,

J’admets avec allégresse mes faiblesses,

Elle me fait la promesse

D’être ma vengeresse.

 

 

Sur ses fesses, des caresses en souplesse

Point de maladresse ni d’indélicatesse

De la sveltesse et de la hardiesse

Elle est ma kermesse, ma liesse

 

 

Sans paresse, sans politesse

En bribes, elle me revient sans cesse

En pécheresse

Cette bougresse, ma belle jeunesse.

 

 

C’est avec tristesse, que cette traîtresse

Sans délicatesse et sans noblesse

Est partie me laissant avec rudesse

la sagesse de la vieillesse

 

13:00 Écrit par Rachel Colas dans ÉMOTIONS POÉTIQUES, Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |

18 juin 2015

Vérité

vérité, vie, mort

 

 

 

La vraie histoire des morts

C’est le souvenir des vivants

 

18:00 Écrit par Rachel Colas dans ÉMOTIONS POÉTIQUES | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook | | | | Pin it! |